Tunisie : Kais Saïed remporte les présidentielles

Avatar de Nora Jaafar

Temps de lecture :

Tunisie : le président Kaïs Saïed est appelé à la démission après le fiasco des législativesKaïs Saïed, président de la Tunisie © DR

A
A
A
A
A

Avant les résultats officiels, les sondages publiés lundi par Emrhod Consulting ont révélé la victoire du juriste conservateur indépendant Kais Saïed aux élections présidentielles en Tunisie, avec 72,53 % des voix. Tandis que Nabil Karoui, magnat de la télévision, n’a récolté que 27,47 % des votes. Le taux de participation aurait été supérieur à 50 %.

La stratégie du professeur de droit constitutionnel, âgé de 61 ans, de se présenter comme un candidat indépendant et intègre a porté ses fruits, indique le quotidien tunisien Al Chourouq. Il a parlé de la lutte contre la corruption et de la réévaluation du rôle social de l’État pendant la campagne électorale. Nabil Karoui a en revanche payé le prix des accusations de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale qui l’ont retenu sous verrous pendant sept semaines jusqu’à sa libération quatre jours seulement avant le second tour, l’empêchant ainsi de mener à bien sacampagne électorale.

Selon la même source, bien que son arrestation ait soulevé de nombreuses interrogations quant à l’indépendance de la magistrature et à l’exploitation politique du pouvoir judiciaire, les électeurs ont estimé que la réputation du magnat des médias a été entachée et ont choisi un homme qu’ils considèrent honnête et loin des politiques traditionnelles. Malgré son expérience de communicant, d’homme d’affaires et de philanthrope, Karoui, qui a promis qu’une fois élu il lancera un programme pour éliminer la pauvreté en trois ans, n’a pas réussi à convaincre les Tunisiens. Cependant, son parti, Qalb Tounes, a obtenu un bon résultat aux élections législatives, arrivant en deuxième position, devenant ainsi le premier parti d’opposition et acteur majeur du gouvernement tunisien.

Un long processus démocratique

La Tunisie avait frôlé le chaos dans les années qui ont suivi sa révolution, lorsque les forces islamistes et laïques se battaient pour le contrôle du pays. Sa transition s’est avérée hautement risquée en 2013 après l’assassinat de plusieurs dirigeants de gauche, prétendument par des extrémistes islamiques, aggravant ainsi la polarisation entre les factions politiques du pays, souligne le journalAssabah de Tunis.

Pourtant, la situation dans le pays s’est considérablement calmée depuis, en grande partie grâce aux efforts des groupes de la société civile (qui ont reçu le prix Nobel de la paix en 2015) et des anciens politiques qui ont conclu un accord improbable de partage du pouvoir en 2016. Cet accord a apporté la stabilité, mais il a également bloqué les réformes qui auraient pu contribuer à endiguer la corruption ou à alléger la bureaucratie excessive et sclérosée du pays, déplore la même source.

Saïed était considéré comme le favori et bénéficiaitdu soutien du parti islamiste Ennahda, qui a remportéle plus grand nombre de sièges au parlement, bien qu’il soit loin d’avoir obtenu une majorité. Le pouvoir présidentiel est également limité, et « les réformes importantes préconisées par Saïed nécessitent une majorité de deux tiers au parlement, ce qui sera difficile à obtenir », a déclaré Safwan Masri, professeur de politique du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord à l’Université Columbia, au quotidien The Guardian. « Il va être un leader isolé parce qu’il n’a pas de parti politique », poursuit Masri. « Il y a une chance qu’il puisse être un président insignifiant».

Dernier articles
Les articles les plus lu
Diplomatie africaine : de nouveaux soutiens à la position du Maroc sur le Sahara

Politique - La dynamique diplomatique du Maroc se renforce avec de nouvelles alliances en Afrique, révélées lors des rencontres à Rabat et Bamako.

Mouna Aghlal - 11 avril 2026
Réunion parlementaire : coordination renforcée et préparation de la session de printemps

Politque - La présidence des groupes de la majorité se réunit pour coordonner et préparer la session de printemps de la onzième législature.

Mouna Aghlal - 10 avril 2026
Emploi : le gouvernement fait le point sur les avancées de la feuille de route

Politique - Le chef du gouvernement fait le point sur les progrès réalisés lors de la réunion du 10 avril à Rabat.

Mouna Aghlal - 10 avril 2026
Mohamed Ould Errachid multiplie les rencontres avec les responsables de Sénats africains

Politique - Mohamed Ould Errachid renforce les liens avec les Sénats africains lors de rencontres bilatérales stratégiques.

Mouna Aghlal - 10 avril 2026
Talbi El Alami s’entretient avec le président du Sénat burundais à Rabat

Politique - Rachid Talbi El Alami discute des enjeux bilatéraux avec le président du Sénat burundais à Rabat.

Mouna Aghlal - 10 avril 2026
Chambre des conseillers : une session placée sous le signe du contrôle de l’action gouvernementale

Politique - La Chambre des conseillers veut placer la session d'avril sous le signe du contrôle de l'action gouvernementale.

El Mehdi El Azhary - 10 avril 2026
Voir plus
Enseignement supérieur : le gouvernement fait le point sur l’avancement de la réforme

Politique - Le gouvernement fait le point sur la réforme de l'enseignement supérieur et son impact sur la recherche scientifique.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Le CCG salue le soutien du Roi Mohammed VI et réaffirme son appui à la marocanité du Sahara

Politique - Le CCG réaffirme son appui à la marocanité du Sahara lors de la 8e réunion ministérielle conjointe.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Conseil de gouvernement : adoption de deux décrets sur la pêche continentale et les OPCVM

Politique - Le Conseil de gouvernement approuve des décrets sur la pêche continentale et les OPCVM pour une meilleure organisation sectorielle.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Sahara : 4 ans pour tout régler ?

Dossier - Le Maroc peut maintenant demander plus : sortir le dossier du Sahara de la quatrième commission de l'ONU, inscrire le Polisario comme organisation terroriste…

Sabrina El Faiz - 25 janvier 2025
Le roi Mohammed VI salué par le CCG pour son engagement envers la ville sainte

Politique - Le CCG salue l'engagement du roi Mohammed VI lors de la réunion ministérielle conjointe. Un moment fort pour le Maroc et la région.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
La médecine à distance, pour qui ? pour quoi ? combien ?

Politique – Comment la télémédecine transforme l’accès aux soins, notamment dans les zones rurales ou enclavées ?

Sabrina El Faiz - 12 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire