Le Roi préside la seconde causerie religieuse du mois sacré de Ramadan

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Le Roi préside la seconde causerie religieuse du mois sacré de RamadanLe roi Mohammed VI préside la deuxième causerie religieuse de Ramadan à Rabat

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Le roi Mohammed VI, accompagné du prince héritier Moulay El Hassan, du prince Moulay Rachid et du prince Moulay Ismail, a présidé, lundi au palais royal à Rabat, la deuxième causerie religieuse du mois sacré de Ramadan 1445 H.

Cette causerie a été animée par le vice-président de l’université Islamique Darul Huda en Inde, Bahaudheen Muhammed Nadwi, sous le thème « L’importance de la prédication religieuse et la place des prédicateurs« .

Muhammed Nadwi a d’emblée souligné qu’il est de l’équité de la clémence du Tout-Puissant de n’avoir pas laissé les Hommes livrés à eux-mêmes, mais leur a envoyé des messagers et des prophètes pour les appeler à Dieu. De même, les érudits et les oulémas ont été investis de cette même mission de la Da’wa pour inviter les gens à l’unicité de Dieu, au dévouement et à l’amour du bien pour autrui.

Le conférencier a, à ce propos, abordé quatre axes : la Da’wa avant l’avènement de l’Islam, la Da’wa à l’Islam comme l’a fait le prophète, la Da’wa dans l’histoire des musulmans et la Da’wa dans le contexte contemporain.

Muhammed Nadwi a relevé que le Très-Haut a envoyé aux êtres humains des prophètes et des messagers, précisant que le Saint Coran en a cité vingt-cinq, tous envoyés à leurs peuples dans l’espace situé dans la Péninsule arabique et Al Sham durant la période allant de Noé à l’avènement de l’Islam en passant par Ibrahim, Moïse jusqu’à Jésus, notant qu’entre un prophète et un autre, l’on passe par un moment d’indolence ce qui requiert l’avènement d’un nouveau messager.

Il a fait observer que l’objet de la prédication des prophètes et des messagers demeure la croyance en Dieu, Le Créateur, car l’adoration de Dieu Le Suffisant par Soi, donne du sens à la vie avec pour finalité le bien-être de l’Homme, ajoutant que la problématique majeure rencontrée par les prédicateurs et les messagers a été de convaincre de l’unicité divine.

Le conférencier a noté, à cet égard, que la description coranique révèle bien des éléments communs aux prédications de l’ensemble des prophètes, à savoir que le Prophète appelle à Dieu, L’unique, prodigue conseils et argumente par la preuve et la force de la persuasion, loin de toute forme de contrainte.

L’appel à Dieu, a-t-il expliqué, vise à guider les êtres humains vers la voie de la modération et, partant, à redresser la vie d’Ici-bas par l’au-delà. La prédication du Prophète Mohammed a commencé par l’insistance sur le droit de faire face à la persécution, chose qui a conduit le Prophète à la Hijra et au recours aux armes pour défendre la Da’wa, puisqu’il ne s’agit guère d’un projet personnel, mais d’une mission divine dictée par le Tout-Puissant.

Il a ajouté que la perfection de la Da’wa émane du fait qu’elle s’articule autour de l’éthique selon la forme et le fond, notant que le résultat de cette exemplarité éthique est la naissance d’un nouveau modèle de société, devenu une référence dans la vie humaine.

Il a par la suite souligné que le grand défi consiste en la compréhension saine de la prédication dans les divers domaines couverts par la religion, notant que l’implémentation historique de la Da’wa du prophète Mohammed montre que cette religion et l’objet de cet appel à Dieu englobent l’ensemble des domaines de la vie des individus, des collectivités et de la Oumma.

 

Lire aussi : Le Roi préside la première causerie religieuse du mois sacré de Ramadan

 

Dès lors que cette universalité est communément perçue par le citoyen lambda comme étant à la fois la politique et l’Etat, l’appel à Dieu revêt de ce point de vue une dimension universelle, tant la corrélation est étroite entre les possibilités de délivrance individuelle et celle collective, a-t-il relevé, soulignant que la politique adéquate demeure le gage même d’une pratique religieuse saine aux niveaux tant individuel et collectif.

Abordant la prédication au fil de l’histoire musulmane après l’époque du Prophète, Muhammed Nadwi a énuméré quatre aspects. Il s’agit d’abord des conquêtes islamiques, au sujet desquelles se pose la problématique relative au recours à la force pour la diffusion de l’Islam, alors que le principe fondamental est qu »il ne peut y a pas de contrainte dans la religion« .

A cet égard, il a expliqué que la recherche historique rend justice à l’Islam en montrant que les peuples convertis à la religion islamique ont majoritairement vu dans ces conquêtes un processus d’émancipation plutôt qu’une invasion étrangère.

Le deuxième aspect, a-t-il dit, se rapporte au rôle du soufisme dans la prédication en tant qu’acte fondé sur l’unicité d’Allah et les bonnes moralités, tandis que le troisième a trait aux apports des oulémas en ce sens qu’ils ont, par leur legs intellectuel et jurisprudentiel, servi avec dévouement la cause de la Da’wa.

Le quatrième aspect, a poursuivi l’orateur, concerne la propagation pacifique de l’Islam dans les contrées les plus lointaines du monde islamique, grâce à des prédicateurs reconnus, qu’ils soient des oulémas ou des figures de soufisme, ou encore des commerçants et des voyageurs.

Le conférencier a, en outre, évoqué la question de l’appel à Dieu dans le contexte contemporain, en expliquant leurs types, précisant que la prédication est accomplie aujourd’hui dans des contextes différents.

Il a relevé que les adeptes d’une même religion se sont divisés en des sectes sous forme de groupes confessionnels et rituels à tel point que cette division n’est pas prise dans son acception positive, renvoyant à la différence partielle qui est louable dans l’Ijtihad, mais la plupart du temps comme un antagonisme entre le vrai et le faux.

Muhammed Nadwi a indiqué que l’évolution de l’histoire a fait que dans certains pays, les musulmans sont devenus une minorité là où les adeptes d’une autre religion sont majoritaires, ce qui rend la coexistence une question jalonnée de risques, du fait du sentiment d’impuissance chez la minorité et de l’hégémonie de la part de la majorité.

Il existe des contextes dans lesquels la politique tente d’utiliser la prédication religieuse et d’autres dans lesquels cette dernière se confond avec un courant politique, tandis que dans d’autres cas, certains prédicateurs tentent d’imposer leur vision émanant de leur conviction que la correction de la religion devrait être obtenue par l’accession au pouvoir politique, a-t-il ajouté.

Dans ces différents contextes, les prédicateurs sont de différents types : des individus, des communautés, des associations, des institutions et des Etats, a-t-il fait savoir, ajoutant que puisque la religion est par principe une source de bien pour l’homme, la prédication émanant de toutes ces parties est par essence une initiative bienveillante, utile et nécessaire, à condition qu’elle soit exempte de visées sous-jacentes.

Il a passé en revue les moyens de prédication contemporaine aussi bien ceux qualifiés de traditionnels (prédication orale collective) ou modernes à travers l’utilisation des supports électroniques pour garantir leur diffusion à grande échelle.

Évoquant les incitations et les entraves à la Da’wa, le conférencier a soulevé la nécessité de la collaboration entre les adeptes des différentes religions pour convaincre les irréligieux du bien-fondé de l’attachement à la religion pour la préservation des valeurs humaines communes, au lieu de la compétition et l’enrôlement de la part de certaines confessions au détriment des autres, ainsi que l’impératif d’un consensus entre les musulmans pour lutter contre l’extrémisme et le takfirisme et du respect de la différence en jurisprudence entre les divers rites, tel que cela était observé par les aïeuls de la Oumma.

Il a souligné l’importance d’être convaincu que la prédication individuelle et collective ne doit pas être instrumentalisée à des fins non religieuses visant à semer la confusion entre les gens au nom de la religion et que la prédication requise à chaque époque, notamment celle actuelle, doit être fondée sur l’exemple et le modèle sur le plan civilisationnel.

Au terme de cette causerie, le Roi a été salué par Cheikh Moustapha Sonta, président de la section de la fondation Mohammed VI des oulémas africains et Khalife général des Tidjanes en Côte d’Ivoire, Abdelhakim Mohamed El Aniss, chercheur en chef et membre de la grande instance des oulémas au département des affaires islamiques à Dubaï (Emirats Arabes Unis), Abd Al-Fattah Bin Salih Qadish Al-Yafei, superviseur général du centre Khairate au Yémen, Abou Bakr Zoubeir Mbouana, président de la section de la fondation Mohammed VI des oulémas africains en Tanzanie, Mufti de la République et président du conseil supérieur tanzanien des affaires islamiques, et Ahmed Nour Mohamed Lahlou, membre de la section de la fondation Mohammed VI des oulémad africains au Tchad et Mufti général de la République.

Le Souverain a été également salué par Akram Nadwi, directeur et l’un des fondateurs de l’Institut Al Salam à Oxford en Grande-Bretagne, Salim Alwan, secrétaire général de Dar Al-Fatwa en Australie, Omarou Camara Abou Bakr, président de la section de la fondation Mohammed VI des oulémas africains au Liberia et président du Conseil national musulman, Madhar Mohamed Al Hamoui, membre du Conseil islamique supérieur au Liban, Muhammad Al-Amine Touray, président de la section de la fondation Mohammed VI des oulémas Africains en Gambie, Salah Nday, président de la section de la fondation Mohammed VI des oulémas africains en Centrafrique et Cheikh Mamadou Abudo Bachi, président de la section de la fondation Mohammed VI des Ouléma Africains au Togo.

A la fin de cette deuxième causerie religieuse du mois de Ramadan, le ministre des Habous et des Affaires islamiques a présenté au roi Mohammed VI un fac-simile du manuscrit « Dalail Al Khayrate » de Cheikh Mohamed Ben Slimane Al-Jazouli (857H/1453 G), sur une calligraphie de Mohamed Ben Al Kacem Al Qandoussi Al Fassi (mort en 1278 H/1861 G à Fès).

Ce manuscrit, dont la copie originale se trouve à la bibliothèque nationale du Maroc sous le numéro 634 G, se distingue par la qualité singulière de sa calligraphie et de ses enluminures.

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