On ne joue pas avec le statut du Roi, la question nationale et la dignité patriotique des citoyens MRE ! Réplique à Driss Ajbali 2/5

Une polémique de surface gratuite, sans valeur ajoutée, aussi bien au plan analytique que factuel et sans recul critique, si ce n’est un déluge d’insultes, d’anathèmes et de propos outranciers, a été publiée récemment par Driss Ajbali, ex-numéro 3 du CCME (Conseil de la communauté marocaine à l’étranger) dans Quid.ma sous le titre : « Réponse à Mustapha Sehimi : avant le benchmark, solder le faux débat », à propos de la participation et de la représentation politiques des citoyens MRE par rapport au Maroc. Dans ce texte, le chroniqueur n’était dans son rôle nulle part, sauf celui d’agresseur aussi bien contre les ONG de la communauté MRE que contre l’auteur de ces lignes.

A A A A A

Tribune

Pr Abdelkrim Belguendouz

Universitaire à Rabat, chercheur en migration

Temps de lecture : Publié le 27/10/2026 à 11:42
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Article 1 : On ne joue pas avec le statut du Roi, la question nationale et la dignité patriotique des citoyens MRE ! Réplique à Driss Ajbali 

Insultes à la dignité patriotique des citoyens MRE et des chercheurs nationaux en migration

– « compère », « avocat pro bono » et complice de « fonds de commerce » (!!!) gérant des « associations lucratives sans but », sauf celui d’instrumentaliser la cause nationale du Sahara marocain à des fins mercantiles, avec un complice à Rabat, l’avocat qui joue le rôle de caution, de soutien, de porte-voix de ces O.N.G. antinationalistes. On ne sert pas la cause nationale numéro 1, on se sert d’elle. C’est par conséquent une « trahison », une accusation grave de collusion intellectuelle, de complicité contre les intérêts de la Nation, pour une vulgaire entreprise de captation de subventions. On est là dans une imputation de faits graves. Le chroniqueur de Quid.ma criminalise la critique de l’ineffectivité des droits politiques des citoyens MRE par rapport au Maroc en présentant toute opinion divergente, ou même toute critique constructive comme un acte de trahison morale ou une agression contre les intérêts du pays. Cela porte directement atteinte à l’honneur et à la considération morale des militants associatifs MRE qui sont pointés du doigt, comme menant des actions antinationales.

Une honte !

C’est une honte et une insulte très grave de dire que les O.N.G. de MRE qui défendent la cause du Sahara marocain, et ceux qui seraient en contact avec elles au Maroc le font pour des considérations lucratives et mercantiles. Dans cet esprit insupportable et hautement irresponsable, ce n’est pas le patriotisme sincère qui anime les citoyens MRE et les Marocains de l’intérieur, mais l’appât du gain, la soif d’argent. Quelle déconsidération et dévalorisation de la cause nationale ! Quel mépris et dédain pour l’action citoyenne et patriotique des citoyens MRE à travers le monde, en faveur de la marocanitė de nos provinces du Sud ! Et là, par ricochet, pratiquement toutes les ONG de la communauté MRE sont visées, même si elles ne sont pas nommément citées. Personne n’y échappe !!!

Or depuis des décennies, les citoyens MRE, toutes générations confondues, se mobilisent bénévolement très souvent sur leurs deniers personnels pour défendre l’intégrité territoriale du pays au sein de leur pays de résidence (manifestations, lobby auprès des élus locaux et parlementaires, conférences et débats…), parfois face à des pressions ou à des menaces locales. Traiter ces citoyens engagés de gérants de « fonds de commerce » revient à nier le patriotisme viscéral qui anime depuis toujours LA (et non pas les) communauté marocaine à l’étranger.

Pourtant, ancien représentant de la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger (avec son comité directeur « amicalisé ») au sein du CCDH, puis membre du CCDH, président de sa commission des relations extérieures, puis ex-numéro 3 du CCME, il ignore encore que l’attachement à la Mère-Patrie des citoyennes et des citoyens MRE, toutes générations confondues, n’est pas dicté par les subventions, mais par un sentiment profond d’attachement à la Nation marocaine que le Souverain, dans tous ses discours et actions, ne cesse de promouvoir, de saluer et d’encourager.

En jetant le discrédit et l’opprobre sur celles et ceux qui portent la parole du Maroc à l’international, la tribune de l’ex-numéro 3 du CCME affaiblit la position du pays aussi bien au plan interne qu’à l’échelle internationale. Si les citoyens MRE défenseurs de la cause nationale, ne sont que des opportunistes mercantiles, cela donne des armes et des munitions aux ennemis et aux adversaires du Royaume pour délégitimer toute action ou initiative marocaine. En dépeignant les voix patriotiques des citoyens MRE et de leurs collectifs comme des « fonds de commerce », le plaidoyer international du Maroc perd toute sa force organique. C’est un sabotage manifeste du front intérieur face à l’extérieur, un affaiblissement direct de la doctrine d’union sacrée voulue par le Souverain.

Opposition frontale avec la doctrine de l’Etat

En effet, ceci met en lumière la contradiction la plus lourde entre le discours de Driss Ajbali et la doctrine officielle de l’État. Dans ses discours à la Nation (en particulier ceux du 6 novembre 2005, 6 novembre 2006, 6 novembre 2007 et 20 août 2022), Sa Majesté le Roi Mohammed VI, place le dossier stratégique de la communauté marocaine résidant à l’étranger, juste après celui de l’intégrité territoriale du pays. Il salue le rôle d’avant-garde des citoyens MRE dans la défense du Sahara. Le Souverain qualifie régulièrement la communauté de « meilleurs ambassadeurs de la cause nationale ». L’éthique royale sanctuarise le patriotisme des citoyens MRE et érige ces derniers en partenaires stratégiques de la souveraineté du pays.

Ainsi, le discours à la Nation du 20 août 2022 est un témoignage fort de la considération et de l’estime portées par le Souverain, qui a salué notamment le « patriotisme des Marocains résidant à l’étranger, et leur engagement à défendre les symboles sacrés de la Nation ». À la même occasion, il a insisté sur un impératif de l’heure, celui du renforcement du front intérieur : « L’affaire de notre intégrité territoriale se trouve à une phase qui requiert la mobilisation de tous », c’est à dire y compris les MRE, qui font partie intégrante de la Nation marocaine, quelle que soit par ailleurs leur génération et l’évolution de leur statut juridique dans les pays de vie. Et d’ajouter concernant la détermination inébranlable des citoyens MRE à défendre les intérêts supérieurs du pays, en premier lieu son intégrité territoriale : « Loin d’être l’apanage des immigrés de première génération, les attaches humaines solidement tissées avec le Maroc et la fierté de lui appartenir constituent un patrimoine qui se transmet de père en fils. C’est avec enthousiasme que la troisième et la quatrième génération le revendiquent, d’ores et déjà à leur tour ».

Face à cela, il y a la régression technocratique. En réduisant ce patriotisme à un « fonds de commerce », la tribune de l’ex-numéro 3 du CCME prend le contre-pied exact de la sollicitude royale et de sa vision stratégique. C’est une insulte au pacte de confiance nationale, en jetant le soupçon du mercantile sur un élan patriotique sincère que les citoyens MRE considèrent comme un devoir de sang, d’identité et une obligation nationale.

C’est également un procès en règle contre la diplomatie parallèle, la diplomatie officielle ne pouvant réussir sans le soutien de la diplomatie parlementaire, associative, universitaire… et celle primordiale de la communauté marocaine résidant à l’étranger. Il y a là effectivement un sabotage de la sincérité diplomatique sur la scène internationale.

Calomnie caractérisée

Dès lors, associer de manière insidieuse et perfide le nom d’un chercheur patriote à Rabat à des pratiques mercantiles et le présenter comme le complice d’un détournement de la cause nationale du Sahara marocain à des fins personnelles n’a rien à voir avec le débat d’idées. C’est une tentative de meurtre patriotique visant à faire passer un chercheur en migration en un faux patriote, qui instrumentalise les intérêts supérieurs de la Nation à des fins pécuniaires. Elle touche au cœur même de la cohésion nationale et ne peut que susciter une indignation légitime. Sur le plan éthique, politique et juridique, cette accusation réunit tous les critères de la diffamation caractérisée pour des raisons fondamentales : atteinte caractérisée à l’honneur et à la considération de la personne ; calomnie, malhonnêteté et absence totale de preuves factuelles ; recherche à bannir socialement et politiquement l’universitaire chercheur du corps de la Nation ; instrumentalisation de la cause nationale à des fins de règlement de comptes.

La Charte ou ligne éditoriale de Quid ma, espace pluriel – l’auteur de ces lignes peut en témoigner – est hautement respectable : « Notre engagement n’est pas l’objectivité, elle est relative. Mais l’honnêteté (…) ».

On pourrait y ajouter de notre côté : « y compris pour ceux qui prétendent se singulariser d’une « verve pamphlétaire », alors qu’il s’agit d’insultes infamantes et diffamatoires, et instrumentalisent leur statut de chroniqueur pour abuser de la confiance de professionnels de média intègres, en tentant d’ « allumer la mèche » et de transformer l’espace en une caisse de raisonnance institutionnelle, ou en l’utilisant à des fins personnelles de positionnement pour la réforme prochaine du champ institutionnel MRE ».

La question qui se pose alors est la suivante : l’auteur de la tribune a-t-il été honnête ? Non ! N’a-t-il pas dépassé très largement les lignes rouges, celle du respect de la personne en tant que telle et de la dignité patriotique du chercheur en migration visée, ainsi que celles des ONG de MRE qui ont toujours défendu la cause nationale, là où elles sont, et quel que soit le statut de leurs membres ?

La sacralité du Sahara marocain ne saurait souffrir d’aucune déshonorante spéculation infamante

« Verve pamphlétaire » ou pas, des insultes sont des insultes ! L’excuse du pamphlet est scientifiquement et politiquement inacceptable. Réduire des décennies de recherche scientifique, d’engagement citoyen et de propositions académiques constructives dans le domaine migratoire à une opération d’enrichissement sur le dos de l’intégrité territoriale est un franchissement de lignes rouges. Ce procès en corruption est une tentative de liquidation symbolique et de mort sociale. Il en est de même pour les ONG de la communauté MRE. Ce n’est pas de la verve, c’est de la diffamation sordide. Le genre pamphlétaire est là pour masquer un règlement de compte. Cette accusation de monétisation de la question du Sahara marocain ou de trahison nationale est gravissime.

Ciment de l’unité et de la dignité patriotique

Le Sahara marocain est la cause nationale absolue, ciment de l’unité et de la dignité patriotique de chaque citoyen. Déclarer ouvertement et sans vergogne en nommant l’auteur de ces lignes, de l’utiliser à des fins marchandes et pécuniaires, n’est plus une simple critique. C’est une tentative de disqualification patriotique totale du chercheur, une atteinte intolérable à son honneur et à sa dignité. Cette accusation infamante ne passera pas !!! On ne peut valider ce discours et cette pratique qui discréditent la cause prioritaire numéro un, tout comme la diplomatie religieuse marocaine avait été scandaleusement malmenée début 2015 à l’APCE. Nous y reviendrons car visiblement, l’intéressé n’a pas tiré les leçons. En souhaitant que les responsables concernés le lui rappellent.

La sacralité du Sahara marocain ne saurait souffrir aucune déshonorante spéculation infamante !!! Le Sahara marocain n’est pas un sujet de satire ou de caricature. Le style prétendument pamphlétaire ne peut incriminer le patriotisme d’un citoyen. Par ailleurs, ces propos infamants agressent la communauté MRE dans son ensemble, et dans son unité patriotique, en insultant les intellectuels qui défendent sa pleine citoyenneté, alors que notre contradicteur a toujours combattu publiquement de manière insidieuse, de toutes ses forces et continue à le faire de manière scandaleuse, en instrumentalisant la cause nationale à des fins de positionnement personnel. Encouragé par certains sur d’autres plans, en particulier l’édition du livre avec le soutien du CCME, l’auteur s’est donné pour mission principale d’insulter et de disqualifier les revendications démocratiques les plus légitimes du dossier MRE et les chercheurs qui les portent au titre d’engagement citoyen. Cette forme de monnayer la « réhabilitation » est indigne, elle ne passera pas également !!!

Pilonner les universitaires

La chronique de l’ex numéro 3 du CCME, est destinée en fait à pilonner et flinguer des intellectuels indépendants. Sous le vernis de verve pamphlétaire, elle s’est donnée pour objectif réel de servir d’écran de fumée pour esquiver le débat technique juridique et politique sur l’article 17. En attaquant l’honneur patriotique de l’auteur de ces lignes, le chroniqueur évite soigneusement d’avoir à répondre sur le fond, notamment à la question suivante : pourquoi le CCME n’a-t-il jamais rendu l’avis consultatif sur les droits politiques des citoyens MRE, exigé par le Souverain et acté par le communiqué du Cabinet royal du 21 décembre 2007 ?

La question qui nous oppose en effet est celle des droits politiques des citoyens MRE par rapport au Maroc. Faut-il trouver la solution comme nous le pensons, en cherchant le moyen, la formule, le mécanisme adéquat, ou bien faut-il s’y opposer à tout prix, en cherchant le prétexte, ce qui est la position du chroniqueur !?

Son texte infamant est en fait une littérature de la légitimation technocratique, l’expression d’une arrogance technocratique qui fait feu de tout bois pour maintenir le statu quo concernant l’ineffectivité de l’article 17 de la Constitution. La finalité est purement restrictive pour bloquer le débat sur cet article. Il s’agit de préserver le statu quo et l’entre -soi bureaucratique, face aux revendications démocratiques de la Communauté MRE.

Par ailleurs, ce « fonds de commerce » n’est même pas intellectuel ou académique, même si là aussi, il serait condamnable. Pour le chroniqueur, il est également fondamentalement mercantile et financier en monnayant la cause migratoire. Selon lui, la revendication constante par l’auteur de ces lignes des droits politiques et leur appui intellectuellement de manière citoyenne, ne serait qu’un prétexte pour s’enrichir, avoir des contrats de recherche, bref faire des affaires, devenir affairiste de la question migratoire. Or le chercheur en question directement visé, a toujours publiquement combattu ce genre de pratiques.

Un de ses plaidoyers constant est d’avoir un Observatoire National des Migrations (sur les divers aspects et versants des migrations internationales pour le Maroc) qui soit dynamique, dont le financement serait public interne pour échapper à la tentative de mainmise étrangère sur les travaux de recherche qui sont parfois orientés, en instrumentalisant certains par des financements étrangers de conventions de recherche. À la faveur des prochaines restructurations, cet ONM serait à intégrer DANS la Fondation Mohammedia des Marocains résidant à l’étranger.

Par conséquent, prétendre que la revendication des droits constitutionnels des citoyens MRE se fait au détriment ou pour monnayer notre intégrité territoriale est un procédé indigne, lâche, politiquement irresponsable et inacceptable. C’est une tentative désespérée de mort sociale, visant à transformer des chercheurs patriotes en mercenaires de la cause nationale. Encore une fois et encore, associer cette recherche en matière de droits politiques des citoyens MRE par rapport au Maroc á de la recherche de profits financiers est une accusation infamante.

Le véritable affairisme n’est pas chez ceux qui produisent des livres, créent ou participent à des espaces de débat citoyen. Il est chez ceux qui abusent de la confiance de certains médias pour protéger leur propre statut face à la restructuration inéluctable du paysage institutionnel MRE. Plaider pour l’application effective et démocratique de l’article 17 de la constitution, comme nous l’avons fait sur lebrief.ma n’est pas un commerce : c’est un devoir National et un droit Constitutionnel. On n’attendra pas le visa de l’ex numéro 3 du CCME pour continuer et persévérer dans cet esprit, en cohérence avec la constance de notre engagement citoyen sincère.

L’arroseur arrosé : le miroir de sa propre condition

Maintenant, on peut dans la réalité concrète, être plutôt dans la situation inverse. On criminalise la critique pour préserver son propre mononopole institutionnel. Le véritable « fond de commerce » politique et financier serait détenu par certaines élites institutionnelles. Ce serait le statu quo et l’immobilisme qui seraient à l’origine d’un « fond de commerce » pour les anti participationnistes. En d’autres termes, certains acteurs feraient de la non effectivité des droits politiques des citoyens MRE par rapport au Maroc, leur gagne-pain ou plutôt leur gagne- caviar. Le blocage de ces droits est précisément ce qui permettrait à notre contradicteur et à ceux avec qui il fait ou ferait alliance, de maintenir ou d’avoir une rente institutionnelle. Le blocus démocratique ou verrouillage de l’article 17 serait réellement leur boutique pour disposer de ce gagne-caviar à travers trois instruments:

1- Des budgets massifs, sans aucun compte à rendre.

2- Le tourisme international de luxe qui offre le prétexte idéal pour un train de vie somptueux, (missions « d’observation » auprès des MRE, voyages en classe d’affaires, séjour dans des hôtels de luxe, organisation de réceptions mondaines etc).

3- La peur de perdre les privilèges du caviar, qui amènerait à tout faire pour le maintien du statu quo politique comme on le constate avec les dernières pratiques que nous analysons ici. Il  s’agit des offensives idéologiques en utilisant les moyens les plus vils et les insultes les plus sordides pour parvenir à leur fin :

– en harcelant et en diffamant le tissus associatif MRE militant et des voix indépendantes ;

– en ayant recours aux « armées électroniques » pour maintenir la domination de leur récit, co-edition et financement par le CCME lui-même, de livres à travers lesquels on pratique le black-out sur le Conseil lui-même. Aussi on capitalises sur le dossier migratoire en s’offrant une vitrine éditoriale aux frais du contribuable national.

Prochain article : 3/5 – On ne joue pas avec le statut du Roi, la question nationale et la dignité patriotique des citoyens MRE ! Réplique à Driss Ajbali.

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