Pourquoi l’école marocaine peine-t-elle à garantir l’égalité des chances ?
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Le Maroc doit désormais aller au-delà de la généralisation de l’accès à l’école pour garantir des apprentissages de qualité et améliorer les perspectives professionnelles des jeunes. C’est l’un des principaux constats de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (ESCWA), dans une note d’analyse publiée en octobre 2026 et intitulée From education to employment: improving education quality, expanding access and advancing digitalization in Morocco.
Le document revient sur les progrès enregistrés par le Royaume au cours des dernières décennies, notamment dans l’accès à l’enseignement primaire et préscolaire ainsi que dans la réduction de l’analphabétisme. Il souligne toutefois la persistance de difficultés structurelles qui limitent la capacité du système éducatif à garantir une formation équitable et inclusive. Pour l’ESCWA, l’enjeu consiste désormais à placer la qualité des apprentissages au cœur des réformes, tout en renforçant les liens entre éducation, développement économique, politiques sociales et transformation numérique.
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L’accès à l’éducation ne suffit plus
Au cours des dernières décennies, le Maroc a engagé plusieurs réformes et mobilisé des investissements publics pour élargir l’accès à l’éducation. Ces efforts ont contribué à rapprocher le pays de la généralisation de l’enseignement primaire et préscolaire, tout en favorisant le recul de l’analphabétisme.
Ces avancées constituent des acquis importants pour le développement du système éducatif. Toutefois, l’élargissement de la scolarisation ne garantit pas, à lui seul, que tous les élèves bénéficient d’un enseignement de qualité ni qu’ils acquièrent les compétences nécessaires à la poursuite de leurs études et à leur insertion professionnelle.
Dans sa note, l’ESCWA estime ainsi que le principal défi du Maroc ne se limite plus à permettre aux élèves d’accéder à l’école. Il consiste également à transformer cet accès en apprentissages effectifs, susceptibles de favoriser le développement des compétences, l’accès à un emploi décent et l’amélioration des conditions de vie.
Cette évolution suppose de revoir les priorités de l’action publique. Au-delà des taux de scolarisation, la qualité de l’enseignement et les résultats des élèves doivent occuper une place centrale dans l’évaluation des politiques éducatives.
La feuille de route 2022-2026, un cadre à consolider
La réforme du secteur éducatif s’appuie notamment sur la feuille de route 2022-2026, qui fixe plusieurs priorités pour améliorer les performances du système. Celle-ci met l’accent sur le renforcement des apprentissages fondamentaux, l’amélioration de la gouvernance éducative ainsi que la promotion de l’équité, de l’inclusion et de l’égalité des chances.
Pour l’ESCWA, la concrétisation de ces objectifs nécessite d’accélérer la mise en œuvre des réformes engagées. L’adoption d’orientations stratégiques ne suffit pas si leur application ne permet pas d’améliorer concrètement les conditions d’apprentissage et les perspectives des élèves.
Le document insiste également sur la nécessité de renforcer la cohérence entre les différentes politiques publiques. Les mesures éducatives doivent ainsi être mieux articulées avec les interventions sociales, économiques et numériques afin de répondre aux difficultés qui affectent les parcours scolaires.
Cette coordination apparaît essentielle pour éviter que les réformes ne soient conduites de manière isolée. L’amélioration durable du système suppose une approche intégrée, dans laquelle les objectifs éducatifs s’inscrivent dans une stratégie plus large de développement humain.
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Les inégalités sociales au cœur des difficultés scolaires
La qualité de l’éducation ne peut être dissociée de l’environnement socioéconomique dans lequel évoluent les élèves. Dans son analyse, l’ESCWA souligne que les inégalités éducatives au Maroc sont étroitement liées aux disparités sociales et économiques.
Cette relation implique que l’amélioration des performances scolaires ne repose pas uniquement sur des mesures prises au sein des établissements. Elle nécessite également de tenir compte des obstacles sociaux susceptibles de limiter les possibilités d’apprentissage et de compromettre l’égalité des chances.
La note préconise ainsi une approche fondée sur la justice sociale et une conception multidimensionnelle de l’équité. L’objectif est de passer d’une politique principalement axée sur l’élargissement de l’accès à l’école à une stratégie plus inclusive, qui place la qualité des apprentissages et la réduction des inégalités au centre de la réforme.
Dans cette perspective, l’inclusion ne se limite pas à la présence des élèves dans les établissements scolaires. Elle implique également de leur permettre d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires à leur développement, indépendamment des contraintes socioéconomiques auxquelles ils peuvent être confrontés.
De l’éducation à l’emploi, renforcer les compétences
Le lien entre l’éducation et l’emploi constitue un autre axe central de l’analyse. Pour l’ESCWA, le système éducatif doit davantage contribuer au développement des compétences, à l’accès à des emplois décents et à la mobilité sociale.
L’enjeu dépasse donc la réussite scolaire au sens strict. La formation doit également permettre aux jeunes de disposer des connaissances nécessaires pour poursuivre leur parcours et saisir des opportunités professionnelles.
Cette ambition nécessite de considérer l’éducation comme un levier de développement humain durable. En améliorant les apprentissages et en renforçant l’équité, le système éducatif peut contribuer à élargir les perspectives des individus et à favoriser leur progression sociale.
Toutefois, les objectifs éducatifs ne peuvent être pleinement atteints sans une meilleure intégration des politiques publiques. L’ESCWA souligne ainsi l’importance de renforcer les liens entre les stratégies éducatives, économiques et sociales afin que les réformes contribuent plus efficacement à l’amélioration du bien-être et des possibilités d’insertion professionnelle.
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La transformation numérique, un enjeu transversal
La numérisation figure également parmi les dimensions mises en avant dans la note. Son développement doit s’inscrire dans une démarche globale visant à renforcer la qualité de l’éducation et à soutenir les objectifs d’inclusion.
L’ESCWA insiste sur l’importance d’une meilleure intégration des politiques numériques aux autres composantes de la réforme éducative. La transformation numérique ne doit donc pas être envisagée indépendamment des enjeux liés aux apprentissages, à la gouvernance et à l’égalité des chances.
Cette approche suppose de coordonner les interventions dans les différents secteurs concernés. Les politiques numériques, éducatives, sociales et économiques doivent converger vers des objectifs communs afin de soutenir les progrès du système et de renforcer sa capacité à répondre aux besoins des apprenants.
Le document ne présente toutefois pas, dans les éléments disponibles, de mesures techniques détaillées ni d’indicateurs chiffrés permettant d’évaluer précisément les effets attendus de cette transformation.
Accélérer les réformes pour ne laisser personne de côté
En conclusion, l’ESCWA appelle à intensifier les efforts visant à construire un système éducatif marocain plus performant, équitable et inclusif. La priorité consiste à transformer les progrès réalisés en matière de scolarisation en améliorations tangibles de la qualité des apprentissages et des perspectives offertes aux élèves.
La réussite de cette transformation dépend notamment de l’accélération de la feuille de route 2022-2026 et d’une meilleure articulation entre les politiques éducatives, sociales, économiques et numériques.
À travers cette approche, l’éducation est appelée à jouer un rôle plus important dans le développement humain durable, l’accès à l’emploi et la mobilité sociale. Pour le Maroc, le défi consiste désormais à garantir que les avancées du système bénéficient à tous les apprenants, conformément au principe de ne laisser personne de côté.
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