De la traduction à la création littéraire en Amazigh : des experts réunis à Rabat
Langue amazighe © DR
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L’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) a organisé, mercredi à Rabat, une rencontre scientifique consacrée aux liens entre traduction et création littéraire en amazigh. Intitulée « De la traduction à la création littéraire en amazigh », cette conférence s’est tenue à l’occasion de la Journée mondiale de la traduction, célébrée chaque année le 30 septembre.
Organisée par le Centre de traduction, de documentation, d’édition et de communication de l’IRCAM, la rencontre s’inscrit dans le cadre des activités de l’Institut visant à promouvoir la culture amazighe et à accompagner les différentes initiatives liées aux journées nationales et internationales.
La traduction, un levier de création littéraire
Lors de cette rencontre, Salima El Koulali, chercheuse à l’IRCAM, a présenté une communication intitulée « Traduction et création littéraire : quelle relation ? ». Elle a notamment mis en avant l’importance historique de la traduction au Maroc, en lien avec la position géographique du Royaume et la diversité des influences culturelles qui ont marqué son histoire.
Selon la chercheuse, cette pluralité a favorisé l’émergence d’un environnement propice à la création, permettant à plusieurs auteurs et traducteurs de contribuer à l’enrichissement du patrimoine littéraire national, à travers des traductions mais également des œuvres originales.
Salima El Koulali a également souligné la place particulière occupée par le traducteur, qu’elle considère comme une « mémoire vivante ». À force de travailler sur les textes et de s’imprégner des univers de différents auteurs, celui-ci développe une expérience susceptible de nourrir par la suite sa propre création littéraire.
Le processus de traduction implique, selon elle, un travail de déconstruction puis de reconstruction du texte. Cette pratique permet ainsi au traducteur de développer une maîtrise plus approfondie de la langue et des procédés d’expression.
La chercheuse a par ailleurs insisté sur l’importance de la lecture dans le développement des capacités créatives de l’écrivain. La maîtrise des mots et le choix de la manière d’exprimer les émotions constituent, à ses yeux, des éléments essentiels dans le travail littéraire.
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La traduction offre justement au professionnel l’occasion d’enrichir son vocabulaire et d’élargir son répertoire linguistique. Ces acquis peuvent ensuite être mobilisés dans l’écriture personnelle et contribuer à la construction d’une voix littéraire propre.
La traduction comme « laboratoire » du récit amazigh
De son côté, le traducteur et romancier Rahou Mizian a partagé son expérience dans une communication intitulée : Du traducteur au romancier : la traduction comme laboratoire du récit amazigh.
Il a expliqué que la traduction ne se limite pas à une simple transposition de mots d’une langue à une autre. Elle consiste également à transférer un univers culturel et narratif dans un nouveau contexte. Une démarche qu’il décrit comme une forme d’« appropriation culturelle consciente ».
À travers cette pratique, le traducteur acquiert différents mécanismes et techniques d’écriture qu’il peut ensuite réinvestir dans ses propres productions. La traduction contribue ainsi à renforcer la fluidité des idées et à développer les capacités narratives nécessaires à la création littéraire.
Rahou Mizian a également relevé que les parcours entre traduction et création littéraire sont souvent étroitement liés, certains traducteurs devenant auteurs et certains écrivains s’adonnant à leur tour à la traduction.
Pour le romancier, la traduction représente ainsi un véritable « laboratoire » permettant d’expérimenter différentes techniques d’écriture. Elle offre également au traducteur la possibilité d’approfondir sa maîtrise de la langue et de construire progressivement un langage personnel, susceptible d’être ensuite mobilisé dans ses œuvres narratives.
La rencontre s’est déroulée en présence du secrétaire général de l’IRCAM, El Houssaïn El Moujahid, ainsi que de plusieurs chercheurs et spécialistes de la culture amazighe.
En marge des échanges scientifiques, une exposition a été organisée autour d’ouvrages consacrés à la traduction et de différentes publications traduites depuis ou vers l’amazigh. Cette initiative a permis de mettre en lumière la diversité des productions liées à la traduction et sa contribution au développement de la création littéraire amazighe.
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