Législatives 2026 : les femmes face au défi des circonscriptions locales
Législatives 2026 au Maroc © LeBrief
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Seules 33 femmes ont été investies comme têtes de listes locales sur les 305 circonscriptions que compte le Royaume. Une proportion qui illustre la persistance d’un déséquilibre entre les circonscriptions régionales, où des mécanismes ont été instaurés pour garantir une représentation minimale des femmes, et les circonscriptions locales, davantage soumises aux rapports de force territoriaux et aux réseaux politiques traditionnels.
Des profils aux parcours politiques variés
Les candidatures étudiées présentent des trajectoires différentes, allant de l’ancrage territorial à l’expertise juridique, en passant par l’engagement syndical, associatif ou la contestation interne aux formations politiques.
Parmi elles figure Khadija Arouhal, investie par le Parti du progrès et du socialisme (PPS) dans la circonscription locale de Tiznit. Originaire de Mirleft, elle a occupé plusieurs responsabilités au niveau régional et national, notamment comme troisième vice-présidente du Conseil régional de Souss-Massa et députée à la Chambre des représentants. Elle est également membre du Bureau politique du PPS et vice-présidente d’une commission permanente du Parlement panafricain consacrée au genre, à la famille, à la jeunesse et aux personnes handicapées.
Son discours électoral accorde une place particulière au désenclavement des zones rurales de l’Anti-Atlas, à la question de l’eau et au développement des centres périurbains. Sur le plan programmatique, elle défend notamment le renforcement des services publics de santé et d’éducation ainsi que l’application effective du caractère officiel de la langue amazighe.
À Khémisset, Bouchra El Ouardi représente un autre profil. Juriste spécialisée dans le contentieux administratif, elle est devenue, après les élections de 2021, la première femme à présider le Conseil provincial de Khémisset. Après son départ du Rassemblement national des indépendants (RNI) pour rejoindre le Parti authenticité et modernité (PAM), elle a été désignée tête de liste locale à Tiflet-Rommani.
Son programme met l’accent sur l’accès à l’eau potable, l’amélioration des infrastructures rurales, le soutien à l’activité agricole et la création de zones d’activités économiques. La candidate défend également une modernisation de la gouvernance locale, notamment à travers la numérisation des services provinciaux et un soutien accru aux groupements de femmes rurales.
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De Fès à Casablanca, des candidatures ancrées dans le terrain
À Fès-Nord, Rim Chabat, issue d’une famille connue dans la vie politique et syndicale de la ville, porte les couleurs du Mouvement populaire. Élue députée en 2021 sous la bannière du Front des forces démocratiques, elle a ensuite rejoint le Mouvement populaire, qui lui a confié la tête de liste locale dans cette circonscription.
Elle s’est notamment distinguée par un style parlementaire offensif et des prises de position centrées sur les services publics à Fès. Son programme prévoit une restructuration du transport urbain, une intégration de la ville au réseau de la LGV et la réhabilitation des quartiers dégradés. Elle défend également le soutien aux artisans de la médina et le renforcement de leur protection sociale.
À Casablanca, Hayat Baraka a été investie par le Parti de l’Istiqlal dans la circonscription de Ben M’sik. Cadre du parti, elle a joué un rôle dans la réconciliation des structures locales istiqlaliennes, dans un contexte marqué par des tensions internes. L’Istiqlal n’a retenu que deux femmes comme têtes de listes locales pour l’ensemble de l’échéance électorale.
Son programme cible notamment la résorption de l’habitat insalubre, le relogement des ménages précaires, le soutien aux mères cheffes de famille et l’insertion professionnelle des jeunes. Elle propose également une régularisation progressive de certaines activités commerciales informelles afin de stabiliser les revenus des petits commerçants.
Une gauche qui mise sur des candidatures féminines
La présence féminine ne se limite pas aux formations de la majorité. En effet, l’Alliance de gauche, réunissant la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et le Parti socialiste unifié (PSU) a placé cinq femmes à la tête de circonscriptions locales, ce qui la positionne au troisième rang national selon les données présentées, derrière le PAM et le PPS. Parmi les candidates figurent Nabila Mounib à Aïn Sebaâ, Fatima Tamni à Casablanca, Wafae Chtain à Salé Jadida, Fatima-Zahra Lajmahri à Ifrane et Hasnae Assraoui à Khénifra.
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À Salé Jadida, Wafae Chtain mène ainsi une campagne centrée sur les enjeux sociaux et les services publics. Elle s’appuie notamment sur les réseaux syndicaux et associatifs locaux et rejette le clientélisme électoral. Son programme prévoit notamment une gestion publique de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement, ainsi qu’une fiscalité plus progressive et un renforcement de l’accès aux soins et à l’éducation.
Des confrontations féminines sur fond d’alternance politique
Deux autres trajectoires illustrent la diversité du paysage. Amina Maelainine, ancienne figure du PJD, a progressivement pris ses distances avec l’aile orthodoxe de son parti, notamment autour des questions de libertés individuelles. Son parcours l’a conduite vers une recomposition politique et un rapprochement avec le PPS. Candidate à Aïn Chock, elle défend notamment la séparation entre pouvoir politique et intérêts économiques, ainsi qu’une réforme des institutions de contrôle et du Code de la famille.
À Agadir-Ida Outanane, la compétition oppose directement deux femmes issues de camps politiques différents. Zina Idahli, candidate du RNI, s’appuie sur son profil juridique et son expérience parlementaire. Elle défend la poursuite des programmes de l’État social, notamment l’AMO et les aides sociales directes, ainsi que le développement économique et la formation professionnelle.
Face à elle, Rajae Emissou, investie par l’USFP, porte un programme social-démocrate axé sur le pouvoir d’achat, l’encadrement des prix, la protection des ouvrières et l’investissement public dans les services sociaux des zones rurales.
À travers ces différents profils, les candidatures locales représentent une étape déterminante pour l’affirmation politique des femmes au Maroc. Contrairement aux mécanismes de représentation régionale, ces investitures les placent directement face aux électeurs dans des territoires disputés.
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