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Anass Hajoui Publié le 10/09/26 à 10:37
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Jamais au bon moment

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Casablanca retrouve à peine son rythme de rentrée que certains de ses grands axes retrouvent, eux, les travaux. Cette année, le boulevard Al Massira est notamment concerné par un chantier de la SRM Casablanca-Settat. Circulation ralentie, voies encombrées, accès aux commerces compliqués : à une période où écoles, bureaux et activités économiques redémarrent simultanément, quelques centaines de mètres peuvent rapidement transformer un trajet quotidien en parcours d’obstacles.

Les travaux sont nécessaires, on ne dit pas le contraire. Une métropole comme Casablanca ne peut pas entretenir ses réseaux sans ouvrir ses chaussées, remplacer ses équipements et accepter temporairement certaines perturbations. La question n’est donc pas de savoir s’il faut réaliser ces travaux, mais pourquoi certains d’entre eux doivent l’être précisément au moment où leur impact est potentiellement le plus important. D’autant que le constat revient à chaque rentrée depuis plusieurs années : septembre arrive, la circulation retrouve son intensité et des chantiers apparaissent sur des axes particulièrement fréquentés… et ce, à la veille des pluies.

Pourquoi septembre ? Pourquoi pas davantage de travaux lourds pendant juillet et août, lorsque Casablanca connaît traditionnellement une circulation moins intense ? Prenons l’exemple de nos voisins égyptiens ou turcs qui opèrent les travaux de nuit afin de n’impacter aucun citoyen. Pourquoi ne pas faire de même ?

Il existe peut-être des contraintes techniques, administratives ou contractuelles qui imposent certains calendriers. Mais lorsqu’une décision affecte quotidiennement des millions de citoyens, son calendrier devrait lui aussi faire partie de l’explication.

Car un chantier ne coûte pas uniquement ce qui figure sur son marché. Il existe aussi un coût que personne ne facture : celui du temps perdu. Une demi-heure supplémentaire dans les embouteillages, répétée par des milliers d’automobilistes, finit par représenter des milliers d’heures improductives. Pour les commerces situés sur un axe en travaux, l’équation est encore plus concrète. Une accessibilité dégradée peut signifier moins de passage, moins de clients et donc moins de chiffre d’affaires. Le chantier améliore peut-être la ville de demain, mais certains en paient immédiatement le prix aujourd’hui.

Dans l’entreprise, cette notion paraît pourtant évidente. Une maintenance nécessaire se programme, lorsque cela est possible, au moment où elle perturbera le moins l’activité. Un site marchand évite de planifier une intervention pendant son pic de commandes. Une usine profite d’une baisse de production pour entretenir ses équipements. Les cafés profitent du mois de Ramadan pour refaire leur décoration. La qualité d’une décision ne dépend pas uniquement de sa pertinence, elle dépend aussi du moment choisi pour l’exécuter.

Une ville devrait pouvoir appliquer la même logique. Le citoyen peut comprendre les travaux, les déviations et même plusieurs semaines de désagréments lorsqu’ils sont nécessaires. Ce qui devient plus difficile à comprendre, c’est leur répétition au moment précis où la ville recommence à fonctionner à plein régime.

La SRM Casablanca-Settat a évidemment la responsabilité d’entretenir et de moderniser les réseaux de la métropole. Mais cette responsabilité devrait aussi intégrer autant que possible le rythme de ceux qui vivent et travaillent autour de ses chantiers.

Bien gérer une ville, ce n’est pas seulement réaliser les travaux nécessaires, c’est aussi choisir le moment où ils coûteront le moins à ceux pour qui on les réalise.

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