Barrages : des réserves d’eau nettement renforcées, malgré la canicule
Barrage Youssef Ben Tachfine, dans la région de Souss-Massa © DR
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Selon les données actualisées de la Direction générale de la recherche et de la planification de l’eau, relevant du ministère de l’Équipement et de l’Eau, le taux national de remplissage atteint 67,15%, contre 33,51% à la même période en 2025. Le volume actuellement stocké s’élève à environ 11,43 milliards de mètres cubes, sur une capacité normale de 17,02 milliards de mètres cubes.
Une amélioration qui s’inscrit dans la durée
La remontée des réserves ne constitue pas un phénomène ponctuel. Elle s’inscrit dans une dynamique amorcée durant l’hiver et consolidée au printemps 2026, lorsque plusieurs épisodes de précipitations ont permis de renforcer les apports aux principaux bassins hydrauliques.
Le site institutionnel Maadialna, spécialisé dans l’information sur l’eau et la préservation des ressources hydriques, avait déjà relevé au printemps une amélioration significative des niveaux de remplissage. À fin avril, les taux observés en 2026 se situaient entre 42% et 74%, contre des niveaux nettement plus faibles au cours des années précédentes.
Cette progression intervient après une longue période de déficit hydrique. Entre 2022 et 2024, les niveaux de remplissage des barrages avaient atteint des seuils particulièrement bas. L’année 2024, notamment, avait enregistré un minimum de 23% et un maximum de 33%, selon les données publiées par Maadialna.
Le Nord et le Centre en tête
L’amélioration des réserves n’est toutefois pas uniforme sur l’ensemble du territoire. Les bassins du Nord et du Centre concentrent actuellement les niveaux de remplissage les plus élevés. Quatre grands bassins dépassent ainsi le seuil de 78%. Le Sebou arrive en tête avec 80,14%, suivi du Loukkos à 79,18%, du Tensift à 78,85% et du Bouregreg à 78,84%.
Cette situation prolonge les tendances observées au cours des mois précédents. Le bassin du Sebou, particulièrement important pour l’agriculture, l’industrie et l’alimentation en eau, avait déjà atteint un taux de remplissage de 66,1% dès janvier 2026, avec un stock de 3,6 milliards de mètres cubes dans ses onze grands barrages.
Dans le Nord, les précipitations avaient également permis une nette progression des réserves. Les barrages de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima avaient notamment enregistré un stock de près de 1,1 milliard de mètres cubes, avec plusieurs ouvrages affichant des taux de remplissage supérieurs à 90%.
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Oum Er-Rbia réalise le redressement le plus spectaculaire
L’une des évolutions les plus significatives concerne le bassin d’Oum Er-Rbia, longtemps fragilisé par le déficit pluviométrique. Son taux de remplissage est passé de 10,07% en 2025 à 59,16% en 2026. Cette progression spectaculaire s’explique notamment par l’amélioration des apports au niveau des principaux ouvrages du bassin, dont le barrage Bin El Ouidane.
Les données de Maadialna montrent également que les précipitations enregistrées entre septembre 2025 et juillet 2026 dans le bassin d’Oum Er-Rbia ont atteint environ 586 millimètres, soit un excédent de 42% par rapport à une année normale. Les apports aux grands barrages du bassin ont atteint 3,543 milliards de mètres cubes sur cette période.
Le barrage Al Massira illustre cette amélioration. Son stock était tombé à seulement 105 millions de mètres cubes, soit 4% de remplissage, à la même période de l’année précédente. Il disposait fin juillet 2026 d’environ 1,089 milliard de mètres cubes, correspondant à un taux de remplissage de 41,1%.
Une meilleure gestion des ressources
La remontée des réserves s’explique aussi par une gestion plus intégrée des ressources. Les transferts d’eau entre barrages et entre bassins permettent désormais de mieux répartir les volumes disponibles et de soutenir les zones les plus déficitaires.
Dans le bassin d’Oum Er-Rbia, par exemple, près de 690 millions de mètres cubes avaient été transférés vers le barrage Al Massira depuis les ouvrages situés en amont entre septembre 2025 et juillet 2026. Cette opération vise notamment à équilibrer les ressources entre l’amont et l’aval du bassin.
Lire aussi : Les barrages affichent un taux de remplissage historique de 75,55%
Le projet de transfert d’eau entre Sebou et Bouregreg participe également à cette stratégie. Maadialna rapportait début septembre que ce dispositif avait contribué à renforcer les ressources disponibles au niveau du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah.
Le Sud et l’Est restent sous pression
Malgré l’amélioration nationale, la situation demeure beaucoup plus fragile dans certaines régions. Les bassins méridionaux et orientaux continuent d’afficher des taux inférieurs à la moyenne nationale. Le bassin de Drâa-Oued Noun se situe ainsi à 32,33%, tandis que celui de Ziz-Guir-Ghris recule à 39,28%, contre 47,22% un an auparavant.
Cette disparité rappelle que l’amélioration des réserves nationales ne signifie pas que la crise hydrique est définitivement résolue. Dans plusieurs territoires arides, les faibles précipitations, les températures élevées et la forte pression exercée par les besoins agricoles et domestiques continuent de peser sur les ressources disponibles.
Le cas de la région de l’Oriental illustre également cette réalité. Les réserves du bassin de Moulouya avaient fortement progressé au cours de l’hiver, notamment grâce aux précipitations. Le barrage Mohammed V avait alors atteint 86% de remplissage, tandis que les autorités avaient engagé des mesures de gestion préventive afin de maintenir une capacité disponible pour d’éventuels nouveaux apports.
Avec plus de 11 milliards de mètres cubes stockés et un taux national dépassant 67%, le Maroc dispose aujourd’hui d’une marge hydrique nettement plus confortable qu’en 2025. La progression constitue un signal positif pour l’alimentation en eau potable, l’irrigation et certains usages économiques.
Elle ne doit toutefois pas conduire à relâcher les efforts d’économie d’eau. Les disparités entre bassins, les effets persistants du changement climatique et l’irrégularité des précipitations imposent de maintenir une gestion rigoureuse des réserves.
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