Responsables du CCME, quel est votre bilan ? Réponse à Abdellah Boussouf, SG du Conseil 5/5

Dans ce dernier volet d’une tribune en cinq parties répondant aux déclarations dans « Le Matin » de Abdellah Boussouf, secrétaire général du CCME, le Professeur Abdelkrim Belguendouz, chercheur en migration, conclut son analyse en appelant à un véritable bilan public de l’action du Conseil. Revendiquant un droit d’inventaire et la prise en compte de l’effectivité des droits politiques des citoyens MRE par rapport au Maroc, l’auteur plaide pour un examen critique de ces 18 années de fonctionnement. Le but est d’éclairer les réformes d’envergure à venir et de redéfinir le rôle de cette institution, dans le cadre d’une véritable stratégie nationale globale, cohérente et intégrée en direction de la communauté marocaine établie à l’étranger, à élaborer et à mettre en œuvre par la prochaine Fondation Mohammedia.

A A A A A

Tribune

Professeur Abdelkrim Belguendouz

Chercheur en migration

Temps de lecture : Publié le 20/03/2026 à 9:58
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Responsables du CCME, quel est votre bilan ? Réponse à Abdellah Boussouf, SG du Conseil

Article 1

Article 2

Article 3

Article 4

29 – Pour un CCME élu

A ce propos, on voit mal pourquoi dans le nouveau site du CCME, les discours royaux du 6 novembre 2005, 6 novembre 2006 et 6 novembre 2007, ne sont plus reproduits dans la rubrique «Textes fondateurs » (du Conseil).Ces discours sont de la plus haute importance pour la conception des politiques publiques relatives aux Marocains résidant à l’étranger, et plus spécifiquement pour la vision de l’Etat concernant la place, le rôle et le statut du CCME en construction. Ils montrent que pour le Roi Mohammed VI, le dossier stratégique des citoyens MRE, vient juste après la priorité nationale consacrée à l’intégrité territoriale du Maroc, objets de la première partie de ces discours, comme c’est d’ailleurs le cas du discours royal du 6 novembre 2024, annonciateur d’une réforme d’envergure touchant le champ institutionnel MRE, dont celui de la refonte structurelle du CCME et la création de la Fondation Mohammedia des Marocains résidant à l’étranger.
Les développements précédents sur la participation et représentation politique des citoyens MRE par rapport au Maroc pourraient expliquer (et nullement justifier) cette décision de faire dispaître de fait du site du CCME le discours royal du 6 novembre 2005 ) (déja cité), qui met en avant les arguments officiels d’ordre juridique et politique légitimant et fondant cette représentation parlementaire des citoyens MRE, à partir de circonscriptions électorales législatives de l’étranger. En occultant désormais ce discours à la Nation, la conséquence pratique est de priver les citoyens marocains de l’extérieur et ceux de l’intérieur, surtout les nouvelles générations, de prendre connaissance de ces textes fondateurs qui vont à l’encontre de la pratique d’exclusion menée par les responsables du Conseil . Dans une optique également démocratique, le Roi Mohamed VI expliquait ainsi sa quatrième décision en faveur de la Jaliya, en fournissant  sa conception sur la nature et les modalités de composition de ce Conseil qui  doit être « constitué de façon démocratique et transparente, et bénéficiant de toutes les garanties de crédibilité, d’efficience et de représentativité authentique »
Dans le discours à la Nation du 6 novembre 2006, le Souverain préconise que «le nouveau Conseil (…) se doit d’allier dans sa composition, les exigences de compétence, de représentativité, d’efficacité et de crédibilité ». Cette notion capitale de représentativité est clairement explicitée un an plus tard, impliquant la méthodologie démocratique.
En effet, en ce qui concerne le discours royal du 6 novembre 2007,  on avancera l’hypothèse suivante, liée à la conception qui est développée par le Souverain pour la prochaine configuration  du CCME, à savoir que les membres représentant les citoyens MRE soient élus et non pas nommés, pour au moins deux raisons fondamentales :
 « D’abord, Notre conviction que la représentativité authentique procède, en fait, de l’élection (…) ». « Le deuxième fondement induit la nécessité d’écarter la désignation directe, et ce, pour des raisons de principe. Car c’est d’une instance représentative qu’il s’agit, et non d’une fonction administrative ou d’un poste politique. Par conséquent, l’élection reste nécessaire et souhaitable comme point de départ et comme objectif pour la mise en place de cette institution ».
Comment ne pas souscrire à cette démarche démocratique de la plus haute autorité du pays !? L’élection nous paraît en effet réaliste et faisable, la plus pertinente, la plus juste, la plus démocratique et la plus représentative.
Si au contraire, c’est la nomination qui prime comme modalité de désignation, et si le désir d’être membre du Conseil est tout à fait légitime, sur quels critères objectifs vont-ils (elles) l’être et par qui ? Va-t-on choisir ceux qui se manifestent  en terme de « com », voire même ceux qui crient  très fort, ou bien ceux qui sont tranquilles, ne font pas de vagues, sont «responsables» ?
Comment choisir objectivement dans une communauté qui regorge d’acteurs dynamiques, au féminin et au masculin de talents et de compétences à tous les niveaux, de jeunes, d’intellectuels et universitaires chevronnés, d’acteurs sociaux, de créateurs, de sportifs, sans entraîner de clientélisme, de favoritisme ou ou au contraire de l’ostracisme ou bien de l’oubli, des injustices, frustrations, voire des protestations et des oppositions, comme ce fut le cas lors de la première mouture du conseil en 2007 !?  Il s’agit par conséquent de ne pas répéter ici toujours les mêmes erreurs. Il ne faudrait pas céder à la tendance qu’ont certains responsables à manquer de mémoire pour ne pas se remettre leurs pratiques en cause. Par conséquent,  les leçons devraient absolument être tirées.
Partant des objections formulées par les « anti-participationnistes »,  essentiellement dans les milieux proches du Conseil qui s’opposent à cette élection des membres MRE du CCME, clarifions un point à ce niveau à travers trois éléments:
– l’élection  du CCME dans sa partie relative à sa composition MRE, ne peut être rejetée du simple fait  que les membres de toutes les autres institutions nationales de bonne gouvernance sont nommés, et qu’il ne saurait y avoir d’exception, ou de «discrimination ». La spécificité du CCME peut l’autoriser ;
–l’élection ici, n’est en  rien contradictoire avec le caractère consultatif de l’institution . On peut être un conseil consultatif, alors que les membres ( délibérants ) sont élus . C’est le cas, à titre d’exemple, du Conseil  général des italiens à l’étranger, ou de l’Assemblée des Français de l’étranger…;
– en rapport avec le parlement élu, on ne peut arguer qu’il ne peut y avoir une double légitimité ou un argument de conflit de légitimité en raison de l’élection du CCME.

30 – Les discours royaux doivent garder toute leur place

Insistons pour dire qu’on ne doit pas oublier ces discours royaux, les considérer comme «dépassés » ou «caducs », à l’instar de l’ex numéro 3 du Conseil, Driss Ajbali, qui affirmait de manière méprisante dans l’hebdomadaire casablancais «Actuel » n°99 du 17 y 24 juin 2011, à la veille du référendum constitutionnel de 2011, que les  partisans de la représentation parlementaire des MRE «sont très peu nombreux » et «s’accrochent religieusement au discours royal du 6 novembre 2005 »(!!!)
Pour notre part, il faut garder aux discours royaux leur honorabilité et crédibilité, leur place dans le patrimoine politique national, la mémoire collective nationale …et le site du CCME, d’autant plus que les décisions prises le 6 novembre 2005 et les orientations stratégiques exprimées le 6 novembre 2007, proviennent d’une conviction démocratique intime profonde, qui s’était largement exprimée depuis le nouveau règne.
À notre sens, cette conception démocratique reste plus que jamais d’actualité en 2026. Il serait hautement souhaitable que les  concepteurs du nouveau CCME et les parlementaires qui délibèreront du projet de loi à activer, la prennent comme base de départ et non pas qu’ils continuent  à s’inscrire dans la démarche « évolutive », « graduelle » ou approche «progressive », devenue  en fait, depuis le 16 juin 2006, voilà déjà près de vingt ans, une démarche régressive .
Ceci permettrait en premier lieu d’avoir, s’agissant du CCME , une instance démocratique élue, et d’éviter les mouvements de fortes  contestations exprimées   en 2007 à l’occasion de la formation du Conseil en cours, et bien après, parmi la Jaliya. L’ approche démocratique ou démarche élective, permettrait en second lieu, moyennant la révision de l’article 63 de la Constitution, de constituer, à travers le CCME, un collège électoral MRE pour élire dans un second temps les citoyens MRE pour la Chambre des conseillers .
Précisons à ce stade, suite aux déclarations répétées du SG du Conseil, y compris l’intervention dans «Le Matin », qu’il n’y’a jamais eu d’avis consultatif du CCME pour l’instauration d’une représentation MRE à la Chambre des conseillers. Par contre, en 2011, plusieurs acteurs politiques et associatifs marocains prônaient  la représentation MRE à la seconde chambre. Il s’agit notamment du Parti de l’Istiqlal, du PAM, de l’USFP, du RNI, du Mouvement Populaire, de l’Union constitutionnelle  du parti Forces Citoyennes, des syndicats UMT et UGTM, de l’Organisation des jeunes du Parti de l’Istiqlal, d’Al Wassit pour la démocratie et les droits de l’Homme, de la Ligue des associations régionales . Mais selon des témoignages concordants,  les membres de la Commission Nationale de la révision de la Constitution, qui étaient proches du CCME ( dont le président de ce Conseil qui chapeautait aussi le CNDH), ont combattu cette option, en raison du fait qu’elle pouvait entraîner aussi l’élection du CCME…, option qui est totalement rejetée par les« anti-participationnistes ».

31 – Démarche  évolutive, incohérente et régressive

Généralement, on milite pour  la reconnaissance d’un certain nombre de droits et leur application  sur le terrain. On ne  « milite »  pas pour que des droits reconnus constitutionnellement, ne soient  pas concrétisés. A  ce stade, une différence d’approche fondamentale nous sépare de la vision du SG du Conseil développée régulièrement depuis fort longtemps ( et reprise le 19 février 2026 dans «Le Matin ») qui récuse, avec un argument «abracadabrant », le fait que la Constitution soit appliquée au même moment dans son intégralité.
Peut-on dire que cette «fatwa » fait preuve de sérieux et de crédibilité !?  Déjà, dans une intervention dans l’émission « Al Oâmk Al Maghribi » (février 2020), il récusait le fait d’avoir les droits constitutionnels de manière concomitante, et défendait au contraire l’idée selon  laquelle « les droits constitutionnels ne peuvent pas être exercés simultanément » (!!!) . Autrement dit, il devrait y avoir une opérationnalisation à la carte et choisir ce qu’il y a lieu d’appliquer, alors que les dispositions de la Constitution qui constitue la loi fondamentale du pays, forment  un tout indivisible et doivent être appliquées sans amputation . Il en est de même des droits reconnus qui sont à opérationnaliser dans leur plénitude .
Sinon, pourquoi ne pas supprimer la séparation des pouvoirs, voire même ne garder que les dispositions constitutionnelles relatives au pouvoir éxecutif et au pouvoir judiciaire et enlever tout ce qui est relatif au pouvoir législatif. Dans le même esprit, allons jusqu’a ne pas opérationnaliser l’article 163 de la Constitution concernant le CCME, à remettre aux calendes grecques l’application du droit à l’enseignement pour les enfants ou même à supprimer l’article 17 de la Constitution, au lieu de le lire de manière ouverte, et non pas d’en faire une interprétation restrictive et anti-démocratique…
Dans le récent «entretien », le numéro 2 du Conseil prône toujours  une démarche « étapiste », évolutive ou graduelle,  consistant d’abord à intégrer les citoyens MRE dans les institutions consultatives, puis à la Chambre des conseillers, la députation ne pouvant être envisagée qu’en dernier ressort, «dans la durée ». Ou bien que les citoyens marocains établis à l’étranger ne sont pas encore mûrs pour la participation et la représentation politiques par rapport au Maroc, comme ont tenté de le faire accréditer depuis fort longtemps,  les adversaires acharnés de cette implication citoyenne.
En effet, à travers une interprétation saine  de la Constitution rénovée de 2011, l’opérationnalisation de son article 17 (droit à la députation des citoyens MRE qui est déjà inscrit dans le marbre), n’est en rien tributaire de l’opérationnalisation à priori de l’article 18 de la constitution, relatif à la démocratie participative des MRE, par le biais de leur participation aux institutions de bonne gouvernance créées  par la Constitution  ou par la loi.
De même, la présence de MRE à la Chambre des représentants, n’est nullement conditionnée par la participation préalable dans le temps, de ces derniers  à la Chambre des Conseillers . De surcroît,  cette dernière forme de représentation n’est nullement par ailleurs prévue  par la Constitution, dans la mesure où l’article 63  n’a nullement envisagé l’existence d’un collège MRE, entrant dans la composition de la deuxième chambre.

32 – Prioriser également la dimension politique et démocratique

La prise en compte de la dimension politique et démocratique du dossier des citoyens MRE, paraît incontournable. Il s’agit de ne plus maintenir une injustice insupportable, une blessure démocratique profonde et de faire souffrir les citoyens MRE d’un politiquement correct étouffant, en les soustrayant de l’usage de leurs droits civiques et politiques pleins et entiers par rapport au Maroc, voire même en dénigrant ces doits avec humiliation. Les citoyens ne réclament pas un traitement spécial, une «discrimination positive », une « faveur ». Ils revendiquent  une affiliation et une appartenance de droit à leur pays d’origine, le Maroc, une volonté sans faille de participer activement à sa marche et à son développement non seulement économique, social, culturel,  mais aussi politique et démocratique.
Ce faisant, on n’adopte pas dans les présentes réflexions, une démarche disproportionnée, voire démesurée ou excessive . On ne survalorise pas cette dimension politique et démocratique, en lui accordant « trop d’ampleur », comme le disent souvent les responsables du Conseil (en particulier son président, Driss El Yazami) et alors qu’il  n’est pas démontré, selon eux,  que la participation politique soit la priorité de tous les MRE .
Tout comme on ne néglige nullement  les autres dimensions ( cultuelle, culturelle, éducative, sociale, économique, professionnelle etc), mais on valorise tout simplement l’aspect politique et démocratique, au même titre que les autres dimensions, sans marginalisation ni ostracisme à l’encontre  des droits politiques de la Jaliya . A notre sens, cette démarche ne peut que s’inscrire dans le cadre de la vision stratégique de la réforme d’envergure du champ institutionnel MRE, développée par le Souverain, à travers notamment la décision de mettre en place une nouvelle institution de gouvernance migratoire, à savoir la Fondation Mohammedia des Marocains résidant à l’étranger.
Pour sa pleine réussite, ce projet nécessite l’apport collectif des Marocains de l’extérieur et des Marocains de l’interieur. C’est une inflexion institutionnelle et politique majeure, avec la conception ouverte sur l’avenir qu’il en donne . Celle de renforcer à travers une approche globale, cohérente, intégrée et efficiente, les liens fondamentaux d’attachement et d’appartenance des citoyens marocains établis à l’étranger, quelle que soit leur génération, à leur patrie, le Maroc, indépendamment de leur statut de citoyens également dans les pays de vie, comme le conçoit de manière avancée, l’article 16 de la Constitution rénovée de 2011.

33 – Un recadrage à exécuter sur le terrain

Sur ce point, relevons le début de changement de l’approche aussi bien du secrétaire général  que du président du CCME, s’agissant du statut des nouvelles générations de Marocains établis à l’étranger par rapport au Maroc. Pendant une très longue période, dans une approche d’exclusion, ils ont pratiquement «milité » impunément avec force pour la non implication dans la vie politique nationale de ces jeunes . Pour eux, ces jeunes doivent être totalement loin de tout lien politique et citoyen avec le Maroc,  considérant ceci comme une « entrave », une  barrière et un grand handicap, un « brouillage » et « parasitage » de leur intégration dans les pays d’immigration.
Or le discours royal  du 20 août 2022  a mis les points sur les «i », en procédant à un véritable recadrage et en appelant à une véritable mise à niveau politique, considérant ces jeunes comme faisant partie intégrante  de la nation marocaine et participant eux-mêmes, au même titre que les autres générations, à la défense en particulier de l’intégrité territoriale du Maroc et de l’unité de son peuple .
A ces responsables institutionnels, qui doivent encore tirer plus d’enseignements de ce recadrage solennel, il leur reste également à considérer les citoyens MRE, avec leurs droits politiques effectifs, comme constituant dans une approche unitaire LA communauté marocaine à l’étranger  (au singulier )et non pas LES communautés marocaines à l’étranger comme l’a fait encore le SG du Conseil en parlant de «NOS communautés à l’étranger » dans son dernier entretien paru dans « Le Matin » du 19 février 2026 . A notre sens, cette appellation au pluriel a un objectif idéologique . En mettant en avant des  perceptions contradictoires et l’absence de vision unitaire, qui débouchent  sur «l’absence de consensus », elle est destinée  surtout à contrer la légitimité des droits politiques par rapport au Maroc des citoyens MRE, alors que ceci est déjà un acquis constitutionnel.
Bien entendu, avec la communauté marocaine établie hors des frontières nationales, on est face à une diversité de situations et de profils à travers le monde, avec différentes caractéristiques, particularités  et spécificités . En effet, le monde de la communauté constitue une réalité très vaste, composite, dynamique, vivante et multidimensionnelle, au carrefour de divers domaines sensibles, aussi importants les uns  que les autres. Cependant, ce qui unit les citoyens MRE, c’est l’appartenance à la Nation marocaine ,le fait qu’ils constituent le prolongement de la Nation marocaine et sont le Maroc au-delà des frontières, avec tout ce que cela implique comme devoirs et obligations, mais aussi comme droits multidimensionnels les concernant, à faire prévaloir auprès de toutes les institutions et instances concernées et de la société marocaine dans son ensemble.
 Nous préférons ainsi utiliser des termes et concepts qui unissent, rassemblent, fédèrent  et non pas qui divisent. Relevons avec satisfaction, le fait que le nouveau CCME sera toujours le Conseil de LA communauté marocaine à l’étranger , comme ceci  figure  dans la Constitution et la nouvelle institution projetée sera la Fondation Mohammedia des MAROCAINS RÉSIDANT À L’ÉTRANGER, et non pas celle des Européens, des Canadiens …, ou des étrangers D’ORIGINE MAROCAINE !!!  L’enjeu n’est pas verbal. Ce n’est pas un jeu de vocabulaire ou une simple question de terminologie . L’enjeu est national, sociétal , politique, culturel et stratégique. C’est ce qui doit donner du sens aux politiques publiques et aux actions des institutions œuvrant en direction des citoyens marocains établis hors des frontières nationales, qui doivent agir dans le cadre d’une cohérence d’Etat.
Les propos  lancés dernièrement de manière méprisante et dédaigneuse par un membre du  gouvernement marocain à l’encontre de citoyens MRE qui veulent investir au Maroc et s’y investir, mais trouvent beaucoup de problèmes  et peu d’aide, est une attitude inacceptable ! Après le «Ici  vous  êtes chez vous, amrahba bikoum fabladkoum » (bienvenue dans le pays à vous), le temps ne doit pas être au rejet condescendant des citoyens MRE, notamment les cadres et les compétences  qui optent pour le retour au Maroc .  Le «Restez chez-vous ! », voire l’humiliant « B’zaate » (!!!) qui fracture le lien avec les citoyens MRE, est insupportable (!!!). Il manque de respect et de considération pour une partie des citoyens marocains, et contredit totalement la philosophie de l’Etat, qui reconnaît le rôle central et accorde toute sa place à la communauté marocaine établie à l’étranger dans le projet national.
Pour se faire pardonner, il devrait en Conseil de gouvernement , amener ses pairs et le chef du gouvernement lui même, à faire inscrire à son ordre du jour et à faire adopter le point suivant  « Marhaba pour les droits politiques des citoyens MRE » (! mettre en pratique ce qui ne doit pas rester comme un simple slogan. Ce faisant , il renouera et fera renouer en particulier sa formation politique , le Parti de l’Istiqlal, avec ses positions avancées pendant très longtemps, en termes de ferme appui aux droits multidimensionnels de la Jaliya, y compris au plan politique et démocratique par rapport au Maroc. Il est toujours temps de mettre à niveau la  nouvelle loi organique relative à la Chambre des Représentants. Poursuivre dans le statuquo, en ignorant la forte demande citoyenne et démocratique de nos compatriotes établis à l’étranger, c’est contribuer , contrairement à la cohérence d’Etat,
à faire distendre les liens d’appartenance et d’attachement en particulier des jeunes Marocains établis à l’étranger, avec leur Patrie, le Maroc.
Comme « dernier mot » pour revenir  à la discussion  du contenu de la contribution  du SG du CCME publiée par  « Le Matin » du 19 février 2026, nous renvoyons au discours du Trône 2017, dans lequel le Souverain établissait notamment le constat suivant dans certaines circonstances : « ce qui est surprenant, c’est que, parmi les responsables qui ont échoué dans leur mission, il y’est certains qui pensent mériter  une promotion ! ».
                                                                                       F I N
                                                                      Rabat, le 13 mars 2026

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