Tanger accueille les Régionales de l’investissement pour accélérer les projets des TPME
Panel de discussion organisé lors de la dernière étape des régionales de l'investissement de BP, le 9 juillet 2026, Tanger © LeBrief
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Pour Yassine Tazi, directeur général du CRI de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, le CRI joue aujourd’hui un rôle central dans la mise en œuvre de la Charte de l’investissement. Il agit à la fois sur un volet stratégique, planification territoriale et promotion de la région, et sur un volet opérationnel dédié à l’accompagnement des investisseurs. « Le CRI est un catalyseur du développement économique régional », a souligné Yassine Tazi.
Le responsable a insisté sur la nécessité de préparer une offre territoriale compétitive avant même d’aller chercher les investisseurs. Cette offre repose notamment sur les 5 F de l’investissement : foncier, fiscalité, financement, formalités administratives et formation.
Le CRI accompagne également les porteurs de projets depuis la phase d’idée jusqu’à la concrétisation et la pérennisation de leur activité, avec des services de conseil, de mise en relation avec les partenaires financiers et d’assistance à l’obtention des autorisations via des procédures entièrement digitalisées.
Yassine Tazi a aussi mis en avant les actions d’aftercare destinées aux entreprises déjà implantées dans la région afin de favoriser leur développement et leur réinvestissement.
Maroc PME mise sur l’accompagnement de proximité
Intervenant à son tour, Anouar Alaoui Ismaili, directeur général de Maroc PME, a rappelé que l’investissement ne se résume pas au financement. « Pour réussir un investissement, il ne suffit pas qu’il y ait de l’argent ; il faut surtout un acte d’accompagnement », a-t-il affirmé.
Maroc PME joue un double rôle dans le cadre de la Charte : appuyer techniquement les CRI et animer l’écosystème régional. L’agence a engagé une stratégie de territorialisation de ses actions dans les douze régions du Royaume et s’implante progressivement au sein des CRI.
Le dirigeant a présenté le Pacte TPME, lancé en avril 2026, comme la traduction opérationnelle des dispositifs d’accompagnement. Ce pacte comprend huit dispositifs regroupés autour de quatre familles : croissance, compétitivité, résilience et structuration.
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Parmi les programmes cités figurent notamment Scale Up, destiné à accompagner les entreprises à fort potentiel, le programme de décarbonation, qui aide les TPME à réduire leur empreinte carbone et leur consommation d’eau, le programme de restructuration, conçu pour soutenir les entreprises confrontées à des chocs économiques, ainsi que le programme de transmission, qui accompagne les entreprises familiales dans leur passage à la génération suivante.
Selon Anouar Alaoui Ismaili, ces dispositifs offrent aux TPME un accès à une expertise pointue et à des financements publics destinés à renforcer leur compétitivité et leur durée de vie.
Tamwilcom : 72.000 crédits garantis en 2025
La question du financement a été abordée par El Khettab Benzina, directeur général adjoint en charge du pôle métier à Tamwilcom. Il a rappelé que Tamwilcom, ex-CCG, ne finance pas directement les entreprises mais facilite l’accès au crédit grâce à des mécanismes de garantie déployés avec les banques, les sociétés de financement, les institutions de microfinance et les fonds d’investissement.
« Notre mandat est de faciliter et fluidifier l’accès au financement, en particulier pour les TPE, PME et startups », a expliqué El Khettab Benzina. Les chiffres avancés témoignent de l’ampleur du dispositif : plus de 72.000 crédits ont été accordés aux TPE en 2025 grâce aux garanties de Tamwilcom, pour un volume supérieur à 44 milliards de dirhams.
Le responsable a également présenté plusieurs mécanismes de cofinancement à taux bonifié. Il s’agit donc d’un dispositif pour l’entrepreneuriat féminin, un Green Invest, dédié aux projets de décarbonation, d’économie circulaire, de recyclage et de gestion de l’eau, et un mécanisme pour les Marocains du monde investissant dans des secteurs stratégiques. Ces outils, a-t-il précisé, sont désormais largement digitalisés et régionalisés, avec des centres d’affaires présents dans les différentes régions du Royaume.
L’industrie marocaine confirme sa montée en puissance
Du côté du ministère, Ayda Fathi, directrice des industries automobiles au ministère de l’Industrie et du Commerce, a dressé un bilan très positif de l’industrie nationale. Elle a indiqué que le secteur représente plus de 890 milliards de dirhams de chiffre d’affaires, 240 milliards de dirhams de valeur ajoutée et 400 milliards de dirhams d’exportations.
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En 2024, les investissements industriels ont dépassé 90 milliards de dirhams, tandis que les investissements directs étrangers dans l’industrie ont atteint 23 milliards de dirhams, soit 38% des IDE captés par le Maroc. Ayda Fathi a souligné que l’industrie emploie aujourd’hui 1,2 million de personnes et que plus de 50% de la valeur ajoutée industrielle proviennent de projets à moyenne et haute intensité technologique.
« Le Maroc est aujourd’hui la première puissance industrielle africaine dans l’automobile », a-t-elle rappelé. La responsable a mis en avant les succès des filières automobile, aéronautique, chimie, parachimie et dispositifs médicaux, tout en identifiant les nouveaux relais de croissance : hydrogène vert, mobilité électrique, électronique et économie circulaire.
Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, locomotive industrielle
Dans la dernière partie des échanges, les intervenants ont insisté sur le potentiel de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Grâce à sa proximité avec l’Europe, au rôle stratégique de Tanger Med et aux futures infrastructures portuaires, la région est présentée comme l’un des principaux moteurs industriels du Royaume.
Yassine Tazi a enfin rappelé qu’une convention signée dans le cadre du dispositif TPME constitue aussi un signal fort pour les banques, puisque le projet a déjà fait l’objet d’analyses financières, urbanistiques et environnementales. « Lorsqu’un projet obtient son accord dans le cadre du dispositif TPME, il est normalement réalisable, bancable et finançable », a conclu le directeur général du CRI.
Au fil des échanges, un même message s’est dégagé : la réussite de la Charte de l’investissement repose sur la complémentarité entre planification territoriale, accompagnement technique, garanties de financement et politique industrielle. Les CRI, Maroc PME, Tamwilcom et le ministère de l’Industrie affichent ainsi leur volonté commune de transformer l’information et les dispositifs existants en projets d’investissement concrets, créateurs de valeur et d’emplois.
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