Tanger accueille les Régionales de l’investissement pour accélérer les projets des TPME

Avatar de Mouna Aghlal

Temps de lecture :

Tanger accueille les Régionales de l’investissement pour accélérer les projets des TPMEPanel de discussion organisé lors de la dernière étape des régionales de l'investissement de BP, le 9 juillet 2026, Tanger © LeBrief

A
A
A
A
A

Réunis à Tanger dans le cadre des Régionales de l’investissement de la Banque Populaire, les représentants du Centre régional d’investissement (CRI) de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, de Maroc PME, de Tamwilcom et du ministère de l’Industrie et du Commerce ont dressé un panorama des nouveaux dispositifs destinés à stimuler l’investissement des TPME et à renforcer la dynamique industrielle du Royaume.

Après avoir fait escale dans plusieurs villes du royaume, notamment Dakhla, Laâyoune, Agadir, Marrakech, Casablanca, Rabat et Nador, la banque populaire clôture ses régionales de l’investissement à Tanger. Organisée ce jeudi 9 juillet, cette rencontre a été l’occasion de discuter de plusieurs points importants, comme les dispositifs en vigueur pour encourager l’investissement.

Pour Yassine Tazi, directeur général du CRI de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, le CRI joue aujourd’hui un rôle central dans la mise en œuvre de la Charte de l’investissement. Il agit à la fois sur un volet stratégique, planification territoriale et promotion de la région, et sur un volet opérationnel dédié à l’accompagnement des investisseurs. « Le CRI est un catalyseur du développement économique régional », a souligné Yassine Tazi.

Le responsable a insisté sur la nécessité de préparer une offre territoriale compétitive avant même d’aller chercher les investisseurs. Cette offre repose notamment sur les 5 F de l’investissement : foncier, fiscalité, financement, formalités administratives et formation.

Le CRI accompagne également les porteurs de projets depuis la phase d’idée jusqu’à la concrétisation et la pérennisation de leur activité, avec des services de conseil, de mise en relation avec les partenaires financiers et d’assistance à l’obtention des autorisations via des procédures entièrement digitalisées.

Yassine Tazi a aussi mis en avant les actions d’aftercare destinées aux entreprises déjà implantées dans la région afin de favoriser leur développement et leur réinvestissement.

Maroc PME mise sur l’accompagnement de proximité

Intervenant à son tour, Anouar Alaoui Ismaili, directeur général de Maroc PME, a rappelé que l’investissement ne se résume pas au financement. « Pour réussir un investissement, il ne suffit pas qu’il y ait de l’argent ; il faut surtout un acte d’accompagnement », a-t-il affirmé.

Maroc PME joue un double rôle dans le cadre de la Charte : appuyer techniquement les CRI et animer l’écosystème régional. L’agence a engagé une stratégie de territorialisation de ses actions dans les douze régions du Royaume et s’implante progressivement au sein des CRI.

Le dirigeant a présenté le Pacte TPME, lancé en avril 2026, comme la traduction opérationnelle des dispositifs d’accompagnement. Ce pacte comprend huit dispositifs regroupés autour de quatre familles : croissance, compétitivité, résilience et structuration.

Lire aussi : BCP lance la 3ᵉ édition des Régionales de l’investissement dédiées aux TPME

Parmi les programmes cités figurent notamment Scale Up, destiné à accompagner les entreprises à fort potentiel, le programme de décarbonation, qui aide les TPME à réduire leur empreinte carbone et leur consommation d’eau, le programme de restructuration, conçu pour soutenir les entreprises confrontées à des chocs économiques, ainsi que le programme de transmission, qui accompagne les entreprises familiales dans leur passage à la génération suivante.

Selon Anouar Alaoui Ismaili, ces dispositifs offrent aux TPME un accès à une expertise pointue et à des financements publics destinés à renforcer leur compétitivité et leur durée de vie.

Tamwilcom : 72.000 crédits garantis en 2025

La question du financement a été abordée par El Khettab Benzina, directeur général adjoint en charge du pôle métier à Tamwilcom. Il a rappelé que Tamwilcom, ex-CCG, ne finance pas directement les entreprises mais facilite l’accès au crédit grâce à des mécanismes de garantie déployés avec les banques, les sociétés de financement, les institutions de microfinance et les fonds d’investissement.

« Notre mandat est de faciliter et fluidifier l’accès au financement, en particulier pour les TPE, PME et startups », a expliqué El Khettab Benzina. Les chiffres avancés témoignent de l’ampleur du dispositif : plus de 72.000 crédits ont été accordés aux TPE en 2025 grâce aux garanties de Tamwilcom, pour un volume supérieur à 44 milliards de dirhams.

Le responsable a également présenté plusieurs mécanismes de cofinancement à taux bonifié. Il s’agit donc d’un dispositif pour l’entrepreneuriat féminin, un Green Invest, dédié aux projets de décarbonation, d’économie circulaire, de recyclage et de gestion de l’eau, et un mécanisme pour les Marocains du monde investissant dans des secteurs stratégiques. Ces outils, a-t-il précisé, sont désormais largement digitalisés et régionalisés, avec des centres d’affaires présents dans les différentes régions du Royaume.

L’industrie marocaine confirme sa montée en puissance

Du côté du ministère, Ayda Fathi, directrice des industries automobiles au ministère de l’Industrie et du Commerce, a dressé un bilan très positif de l’industrie nationale. Elle a indiqué que le secteur représente plus de 890 milliards de dirhams de chiffre d’affaires, 240 milliards de dirhams de valeur ajoutée et 400 milliards de dirhams d’exportations.

Lire aussi : La tournée régionale de la Banque centrale populaire fait escale à Casablanca

En 2024, les investissements industriels ont dépassé 90 milliards de dirhams, tandis que les investissements directs étrangers dans l’industrie ont atteint 23 milliards de dirhams, soit 38% des IDE captés par le Maroc. Ayda Fathi a souligné que l’industrie emploie aujourd’hui 1,2 million de personnes et que plus de 50% de la valeur ajoutée industrielle proviennent de projets à moyenne et haute intensité technologique.

« Le Maroc est aujourd’hui la première puissance industrielle africaine dans l’automobile », a-t-elle rappelé. La responsable a mis en avant les succès des filières automobile, aéronautique, chimie, parachimie et dispositifs médicaux, tout en identifiant les nouveaux relais de croissance : hydrogène vert, mobilité électrique, électronique et économie circulaire.

Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, locomotive industrielle

Dans la dernière partie des échanges, les intervenants ont insisté sur le potentiel de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Grâce à sa proximité avec l’Europe, au rôle stratégique de Tanger Med et aux futures infrastructures portuaires, la région est présentée comme l’un des principaux moteurs industriels du Royaume.

Yassine Tazi a enfin rappelé qu’une convention signée dans le cadre du dispositif TPME constitue aussi un signal fort pour les banques, puisque le projet a déjà fait l’objet d’analyses financières, urbanistiques et environnementales. « Lorsqu’un projet obtient son accord dans le cadre du dispositif TPME, il est normalement réalisable, bancable et finançable », a conclu le directeur général du CRI.

Au fil des échanges, un même message s’est dégagé : la réussite de la Charte de l’investissement repose sur la complémentarité entre planification territoriale, accompagnement technique, garanties de financement et politique industrielle. Les CRI, Maroc PME, Tamwilcom et le ministère de l’Industrie affichent ainsi leur volonté commune de transformer l’information et les dispositifs existants en projets d’investissement concrets, créateurs de valeur et d’emplois.

Ainsi, cette cérémonie s’achève avec la signature de deux conventions, la première avec la CGEM Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Celle-ci porte sur le renforcement des synergies permettant d’accompagner les entreprises dans leurs projets de développement, d’investissement et de transition. Elle vise également à soutenir la création, la croissance et la structuration des entreprises pour renforcer l’inclusion financière et la bancarisation des TPME. Tandis que la seconde, avec la CCIS Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et Maroc Assistance Internationale, consiste à permettre aux entreprises adhérentes à la Chambre de bénéficier, pour l’ensemble de leurs salariés, d’une offre d’assistance complète à conditions préférentielles.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Blé tendre : le soutien aux importations réactivé jusqu’à fin décembre

Le Maroc réactive jusqu’à fin décembre le soutien aux importations de blé tendre, avec une aide calculée selon les cours internationaux et un prix de référence.

Ilyasse Rhamir - 23 août 2026
Centres d’appels, que disent vraiment les chiffres ?

10.000 ou 50.000 pertes d’emplois dans les centres d’appels ? Là où le patronat ne voit que 15%, le gouvernement craint un effondrement des TPME.

Sabrina El Faiz - 22 août 2026
Israël-Marrakech : les vols directs reprennent après près de trois ans

La liaison directe entre Israël et Marrakech reprend après près de trois ans d’interruption, avec deux vols hebdomadaires opérés par Arkia.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Les exportations turques vers le Maroc progressent de 11,7%

Les exportations turques vers le Maroc ont progressé de 11,7% à fin juillet, malgré un recul marqué des ventes en juillet, à 277,5 millions de dollars.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Le Maroc renforce son offre aérienne avec 2,21 millions de sièges en août

Le Maroc confirme sa dynamique aérienne en août avec 2,21 millions de sièges programmés, tandis que Royal Air Maroc et Casablanca renforcent leurs positions.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Sucre : les exportations brésiliennes vers le Maroc bondissent de 138%

Les achats marocains de sucre brut brésilien ont bondi de 138,3% en juillet à 91,6 millions de dollars, faisant du Maroc le deuxième marché du Brésil.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire