Prolifération de faux psychologues : le syndicat saisit l’Intérieur

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Prolifération de faux psychologues : le syndicat saisit l’IntérieurImage d’illustration. © DR

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Le Syndicat national des psychologues (SNP) alerte sur la prolifération de praticiens illégaux s’arrogeant le titre de psychologue après seulement quelques jours de formation. Cette situation, favorisée par l’absence d’un cadre légal précis, expose les patients à des pratiques potentiellement dangereuses et prive la profession de toute protection institutionnelle.

Le quotidien rapporte que, le 24 novembre, le Syndicat a saisi le ministère de l’Intérieur pour dénoncer la délivrance d’autorisations permettant l’ouverture de cabinets se présentant comme des cabinets de psychologie sans diplôme reconnu. Fouad Yaakoubi, vice-président du SNP, souligne que cette démarche intervient après plusieurs correspondances adressées au ministère de la Santé et restées sans réponse.

Des autorisations coutumières au cœur du problème

Selon Le Matin, les failles proviennent d’autorisations délivrées pour des activités de coaching ou de développement personnel. Obtenues à l’issue de formations courtes dispensées par des structures privées non reconnues, elles sont ensuite détournées pour permettre à certains intervenants de s’approprier indûment le titre de psychologue. Certains vont même jusqu’à apparaître dans des panels ou des ateliers de formation, renforçant auprès du public une légitimité trompeuse.

Lire aussi: Santé mentale : l’association Sourire de Réda annonce sa dissolution après 16 ans d’engagement

Le Syndicat s’inquiète de pratiques illégales susceptibles d’empêcher le diagnostic de troubles graves et de retarder une prise en charge appropriée. Le Matin cite notamment le cas d’un faux psychologue à Dcheira (Agadir), dépourvu de tout diplôme mais affichant pourtant un carnet de rendez-vous complet pour un mois.

Le quotidien rappelle que seules six universités publiques au Maroc proposent un cursus complet en psychologie, avec des capacités d’accueil limitées. Ce manque d’offre favorise le recours à des formations privées non reconnues, tandis que l’absence de cadre légal permet à des intervenants non qualifiés d’occuper l’espace médiatique et numérique.

Pour une véritable reconnaissance de la santé mentale

Comme le rapporte Le Matin, le ministère de la Santé affirme avoir finalisé une feuille de route nationale pour la santé mentale, incluant la mise en place d’un cadre légal pour la profession. Une annonce accueillie avec prudence par Yaakoubi, qui regrette l’absence de mesures concrètes pour freiner la prolifération des pratiques non encadrées.

Cité par Le Matin, Fouad Yaakoubi appelle à accorder à la santé mentale la même importance qu’à la santé physique. Il dit espérer une révision des autorisations existantes et l’instauration d’un encadrement strict afin de garantir aux citoyens un accompagnement psychologique qualifié, sûr et digne de la confiance qu’ils accordent à ceux qu’ils consultent.

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