Hantavirus : le scénario du Covid peut-il se reproduire ?
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Parti d’Argentine pour une traversée de l’Atlantique, le navire de croisière MV Hondius s’est retrouvé au cœur d’une importante opération sanitaire internationale après l’apparition de plusieurs cas suspects d’hantavirus parmi les passagers. Immobilisé plusieurs jours au large du Cap-Vert, le bateau a finalement quitté sa zone de mouillage hier avec les passagers restants à bord. Il devrait atteindre samedi le port de Granadilla, sur l’île espagnole de Tenerife.
Entre-temps, trois personnes suspectées d’avoir contracté le virus ont été évacuées vers les Pays-Bas afin d’y recevoir des soins médicaux spécialisés. L’Espagne a également accepté de prendre en charge le médecin du navire, gravement malade, grâce à une évacuation par avion médicalisé organisée dans le cadre d’une opération humanitaire sollicitée par les autorités néerlandaises.
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Cette décision fait suite à une demande de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Union européenne, qui ont appelé Madrid à accueillir le navire au nom du droit international et de « l’esprit humanitaire ». Selon les autorités espagnoles, le Cap-Vert ne disposait pas des moyens médicaux suffisants pour gérer une telle situation sanitaire.
Malgré ces mesures, l’arrivée du navire aux Canaries provoque des tensions politiques en Espagne. Le président du gouvernement régional des Canaries, Fernando Clavijo, a publiquement dénoncé une décision « improvisée », affirmant ne pas disposer de suffisamment d’informations sur l’ampleur réelle du foyer épidémique.
Un virus ancien mais potentiellement mortel
Pour le professeur Moulay Mustapha Ennaji, virologue et professeur de virologie, l’hantavirus n’a pourtant rien d’un nouveau virus. « Il existe depuis longtemps », explique-t-il. Ce virus est principalement transmis par les rongeurs, notamment à travers leurs urines, leurs excréments ou leur salive qui contaminent l’environnement ou les aliments.
L’expert rappelle que les premiers symptômes peuvent facilement être confondus avec ceux d’une grippe classique : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, fatigue ou frissons. Cette phase peut durer plusieurs semaines avant que l’état du patient ne se détériore brutalement.
Dans les cas graves, le virus peut provoquer une insuffisance respiratoire sévère, des atteintes rénales ou encore des fièvres hémorragiques susceptibles d’entraîner la mort. « Une fois que les complications apparaissent, la situation peut devenir extrêmement grave », prévient-il.
Selon l’OMS, sept cas liés à l’épidémie ont jusqu’à présent été identifiés à bord du MV Hondius : deux infections confirmées en laboratoire et cinq cas suspects. Le bilan fait état de trois décès, d’un patient toujours dans un état critique et de plusieurs personnes présentant des symptômes plus légers.
Les autorités sanitaires sud-africaines ont confirmé la présence de la variante andine du virus chez certaines personnes infectées. Cette souche, particulièrement surveillée, possède une caractéristique rare : elle peut se transmettre entre humains.
Hantavirus : un navire de croisière bloqué face au risque sanitaire
La souche Andes au centre des inquiétudes
Contrairement à la majorité des hantavirus, qui se transmettent uniquement des rongeurs à l’homme, la souche Andes est capable de circuler entre individus dans certaines conditions de proximité. C’est précisément cette capacité qui alimente les craintes autour du navire de croisière.
Pour Moulay Mustapha Ennaji, ce variant constitue « le principal danger » dans ce dossier. Les autorités sanitaires craignent notamment que des contaminations secondaires aient eu lieu parmi les passagers ou les membres d’équipage durant la traversée.
L’OMS se veut toutefois rassurante. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé que le risque pour la population générale restait « faible » au vu des informations disponibles actuellement. Les experts rappellent que ce virus ne possède pas le niveau de contagiosité d’un Covid-19 ou d’une grippe saisonnière.
Les premiers symptômes observés chez les patients du MV Hondius seraient apparus entre le 6 et le 28 avril. Selon l’agence onusienne, ils ont débuté par de la fièvre et des troubles gastro-intestinaux avant d’évoluer, dans certains cas, vers des pneumonies sévères et des syndromes de détresse respiratoire aiguë.
En parallèle, l’OMS suit également plus de 80 passagers ayant voyagé sur un vol Airlink reliant Sainte-Hélène à Johannesburg. À bord se trouvait une ressortissante néerlandaise de 69 ans, évacuée du navire après avoir développé des symptômes et décédée le lendemain à l’hôpital.
Hantavirus : le navire de croisière touché accostera aux îles Canaries
Le Maroc reste vigilant face aux maladies émergentes
Même si aucun cas n’a été signalé au Maroc, Moulay Mustapha Ennaji estime qu’aucun pays ne peut totalement se considérer à l’abri dans un contexte de mobilité internationale accrue. « Aujourd’hui, avec les voyages et l’ouverture des frontières, tout est possible », souligne-t-il.
Le spécialiste rappelle néanmoins que le Maroc dispose de mécanismes de surveillance et de plans de riposte pour faire face à ce type de menaces sanitaires émergentes. Des protocoles d’isolement et de prise en charge existent déjà afin de limiter tout risque de propagation en cas de détection d’un cas suspect.
Pour le virologue, il ne faut cependant pas céder à la panique. La priorité reste la prévention et la sensibilisation. Il recommande notamment de maintenir une bonne hygiène dans les habitations, d’éviter les environnements susceptibles d’être contaminés par des rongeurs et de renforcer les mesures de contrôle sanitaire.
Il insiste également sur l’importance de la lutte contre les maladies vectorielles, notamment à travers le traitement des eaux stagnantes et la prévention de la prolifération des nuisibles.
« Le plus important est d’être préparé », résume-t-il. Dans un monde marqué par l’émergence régulière de nouveaux virus, la vigilance sanitaire reste, selon lui, indispensable pour éviter qu’un incident localisé ne se transforme en crise plus large.
La police a saisi 700 kg de chira et arrêté quatre suspects liés à un réseau de trafic international à Tanger. L’opération a été menée à Gueznaia, en collaboration avec la DGST.
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