Palestine : 20 points proposés par Trump, ce que contient (vraiment) le plan
Donald Trump et Benyamine Netanyahu, lors de la conférence de presse à la Maison-Blanche, à Washington, le 29 septembre 2025 © Andrew Caballero-Reynolds / AFP
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La logique du document se base sur le fait de prioriser d’abord la sécurité, via la suppression des capacités militaires du Hamas, la libération des otages, puis avec un chantier de reconstruction. Tout cela, avant de parler d’un horizon politique pour la Palestine et les Palestiniens. Parmi les mesures médiatisées figurent la demande d’une libération complète des otages dans les 72 heures suivant l’accord, la promesse d’un retrait israélien « par étapes » dès que des garanties seront obtenues et la création d’une autorité transitoire technocratique chargée de gérer Gaza pendant la reconstruction. Ces éléments, exposés dans le texte rendu public par la Maison Blanche, forment le squelette du plan.
— The White House (@WhiteHouse) September 29, 2025
Le volet économique évoque la mise en place d’une « zone économique spéciale », des investissements internationaux et un plan de développement censé transformer la ville en « Nouveau Gaza ». Les Etats-Unis se targuent de vouloir redonner des perspectives aux habitants et faire de Gaza une région dépourvue d’influence militaire « hostile à Israël », c’est clairement ça. D’ailleurs, l’expression « Nouveau Gaza » renvoie aussi à un risque de dépolitisation forcée du territoire, une colonisation à peine voilée !
Les garanties humanitaires en Palestine et les zones d’ombre
Le plan promet une arrivée immédiate et massive de l’aide humanitaire, à savoir eau, vivres, hôpitaux, déblaiement des décombres, via l’ONU et le Croissant-Rouge, sans ingérence des parties belligérantes. Chose qui, normalement, aurait déjà dû être en cours. La détresse à Gaza est extrême, avec des infrastructures scolaires et hospitalières massivement touchées et des besoins sanitaires et alimentaires considérables, selon les rapports onusiens. Mais la mécanique proposée dépend d’un accord préalable sur la démilitarisation et d’un retrait progressif d’Israël qui n’est assorti d’aucun calendrier contraignant visible pour l’instant !
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Autre point sensible, la création d’un « Board of Peace » international, placé nominalement sous la présidence de Donald Trump et comprenant des personnalités comme Tony Blair, pour superviser la transition. Pour certains observateurs, confier ce rôle à des figures controversées et à un acteur directement impliqué dans la médiation, place la gouvernance future de Gaza sous un parapluie politique lourd et peu crédible et sera sans doute rejeté par la Palestine.
Le plan a reçu le soutien affiché de Benyamin Netanyahou. Mais même Israël n’est pas uni sur l’enjeu. En effet, la droite la plus radicale redoute la libération massive de détenus du côté Palestine et tout retrait territorial. Du côté Palestine, le Hamas n’a pas immédiatement validé l’offre et a appelé à l’examiner par des médiateurs. Son acceptation conditionnelle serait difficile à vendre à une base qui voit dans la résistance une légitimité politique. Les agences de presse et analystes soulignent donc l’union paradoxale d’une promesse forte (cessez-le-feu + aide) et d’une absence de garanties pratiques sur le long terme.
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La communauté internationale est, quant à elle, partagée. Certains pays arabes et acteurs régionaux semblent ouverts à soutenir financièrement la reconstruction, tandis que d’autres dénoncent l’absence de référence nette à la Cisjordanie ou à une solution à deux Etats.
Quelle issue possible ?
Sur le papier de ces 20 points proposés pour la Palestine, une feuille de route pourrait être perçue pour sortir d’une crise humanitaire et poser les jalons de la reconstruction. Mais vu que l’accord dépendra d’une acceptation rapide du Hamas, d’un compromis interne en Israël et d’une vigilance internationale pour que les promesses d’aide ne servent pas de simple alibi à un statu quo de contrôle… Sans calendrier contraignant et sans garanties de souveraineté pour la Palestine, le document risque de finir, comme la plupart des propositions de Trump, aux oubliettes.
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