Marché obligataire : des titres à 100.000 dirhams accessibles aux investisseurs marocains et étrangers

profil ElMedhi El Azhary

Temps de lecture :

CDT vs ministère des Finances : l’urgence d’une réunion face au flou persistantNadia Fettah, ministre de l'Économie et des Finances © DR

A
A
A
A
A

La ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a signé deux arrêtés organisant l’émission et la gestion des bons du Trésor pour l’exercice 2026. Ces textes, publiés au Bulletin officiel, ouvrent notamment la souscription aux titres d’État aux personnes physiques et morales, résidentes et non-résidentes, et précisent les modalités opérationnelles des adjudications et des opérations de rachat et d’échange.

Le dispositif fixe la valeur nominale de chaque bon à 100.000 dirhams, tout en multipliant les maturités proposées pour répondre à des profils d’épargne variés. Ainsi, l’État met à disposition des échéances très courtes (à partir de 7 jours et jusqu’à 10 semaines), des maturités courtes (13, 26, 52 semaines et 2 ans), et des lignes moyennes à longues allant de 5 à 30 ans et au-delà. Les titres pourront être émis à taux fixe ou variable, ou indexés sur l’inflation ; la périodicité des coupons pourra être adaptée selon le caractère de chaque émission.

Sur le plan technique, les adjudications seront organisées selon un calendrier régulier (en principe les mardis) avec une répartition mensuelle des lignes par échéance et la possibilité d’ajustements ponctuels. Les soumissions se feront via la plateforme électronique de gestion des adjudications supervisée par Bank Al-Maghrib ; en cas d’indisponibilité, des procédures alternatives encadrées prennent le relais. Le Trésor communiquera à l’avance aux investisseurs les dates, caractéristiques des émissions et calendriers de paiement des coupons.

Lire aussi : Entre gains financiers et prix alimentaires : la face cachée de la spéculation

Flexibilité de la gestion de la dette intérieure

L’autre volet réglementaire autorise la Direction du Trésor et des Finances extérieures à mener des opérations actives sur le stock de dette intérieure : rachats sur le marché secondaire et échanges (rachat d’anciennes lignes contre émission de nouvelles). Ces opérations permettent d’ajuster l’échéancier et la structure de la dette. Les textes précisent les modalités (négociation de gré à gré ou appels d’offres) et établissent des prix seuils. Les titres rachetés cessent de produire des intérêts à compter de la date d’exécution de l’opération ; les intérêts courus sont cependant calculés et réglés lors du règlement.

Pour le Trésor, ces mesures permettent d’améliorer la flexibilité de la gestion de la dette intérieure, d’optimiser les conditions de financement de l’État et de dynamiser les marchés primaire et secondaire. L’objectif est d’accroître l’attractivité des titres souverains auprès d’une base d’investisseurs plus large, nationale et internationale. L’ouverture aux personnes physiques non résidentes marque une volonté affichée de diversifier l’épargne mobilisable.

Côté pratico-pratique, l’arrêté encadre également l’inscription des titres auprès du dépositaire central et le règlement-livraison. Ainsi, les bons seront inscrits sur un compte-titres tenu au nom des institutions admises à soumissionner, et le paiement au pair interviendra à l’échéance, les dates de paiement reportées au jour ouvrable suivant en cas de congé. Les émissions de moins de 52 semaines verront le paiement des intérêts à maturité, tandis que les lignes plus étendues pourront verser des coupons annuels, semestriels ou trimestriels selon l’émission.

Ces décisions interviennent dans un contexte où la Direction du Trésor annonce des besoins de financement réguliers sur le marché des adjudications, et où l’encadrement des instruments à court et moyen terme vise à lisser l’échéancier et stabiliser la courbe des taux.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Blé tendre : le soutien aux importations réactivé jusqu’à fin décembre

Le Maroc réactive jusqu’à fin décembre le soutien aux importations de blé tendre, avec une aide calculée selon les cours internationaux et un prix de référence.

Ilyasse Rhamir - 23 août 2026
Centres d’appels, que disent vraiment les chiffres ?

10.000 ou 50.000 pertes d’emplois dans les centres d’appels ? Là où le patronat ne voit que 15%, le gouvernement craint un effondrement des TPME.

Sabrina El Faiz - 22 août 2026
Israël-Marrakech : les vols directs reprennent après près de trois ans

La liaison directe entre Israël et Marrakech reprend après près de trois ans d’interruption, avec deux vols hebdomadaires opérés par Arkia.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Les exportations turques vers le Maroc progressent de 11,7%

Les exportations turques vers le Maroc ont progressé de 11,7% à fin juillet, malgré un recul marqué des ventes en juillet, à 277,5 millions de dollars.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Le Maroc renforce son offre aérienne avec 2,21 millions de sièges en août

Le Maroc confirme sa dynamique aérienne en août avec 2,21 millions de sièges programmés, tandis que Royal Air Maroc et Casablanca renforcent leurs positions.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Sucre : les exportations brésiliennes vers le Maroc bondissent de 138%

Les achats marocains de sucre brut brésilien ont bondi de 138,3% en juillet à 91,6 millions de dollars, faisant du Maroc le deuxième marché du Brésil.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire