Marché de la volaille : pourquoi les prix du poulet chutent à 11 DH le kilo ?
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Chaque année, les professionnels de la filière avicole misent sur la période estivale pour améliorer leurs revenus. Les vacances, les mariages et les célébrations familiales entraînent généralement une hausse de la consommation de poulet, permettant aux éleveurs de compenser une partie des coûts de production.
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Cette année, le scénario est tout autre. Malgré des prévisions optimistes, le marché s’est enlisé dans une phase de stagnation. Les ventes n’ont pas suivi le rythme attendu et la demande est restée largement inférieure aux anticipations des producteurs.
Ce qui a engendré l’effondrement des prix en quelques semaines. Le kilogramme de poulet est passé d’environ 25 dirhams à près de 11 dirhams dans plusieurs marchés, une baisse rarement observée à cette période de l’année.
Une offre abondante face à une demande insuffisante
Cette chute des prix s’explique avant tout par un déséquilibre entre l’offre et la demande. Anticipant une forte activité estivale, de nombreux éleveurs ont augmenté leur production afin de répondre à une consommation qu’ils pensaient soutenue.
Or, cette hausse de l’offre ne s’est pas accompagnée d’une progression des achats. Les quantités disponibles sur le marché se sont multipliées alors que la demande est restée modérée, créant un excédent qui exerce une pression directe sur les prix.
Contrairement aux années précédentes, où les mois de juillet et d’août étaient marqués par une reprise des ventes et une hausse des cours, l’été 2026 se distingue par un marché atone. Les opérateurs constatent ainsi une inversion de la tendance saisonnière, avec une baisse continue des prix malgré une période habituellement favorable.
Filière avicole : les éleveurs de poulets de chair alertent sur une crise sans précédent
Un pouvoir d’achat qui freine la consommation
La faiblesse de la demande s’explique également par la situation financière des ménages. Les importantes dépenses engagées lors de Aïd Al Adha continuent de peser sur les budgets familiaux, limitant les achats alimentaires, y compris ceux de viande blanche.
Cette prudence des consommateurs se reflète dans l’ensemble de la chaîne de distribution. Les restaurants, eux aussi confrontés à une fréquentation moins dynamique ou à une maîtrise de leurs coûts, ont réduit le volume de leurs commandes, accentuant davantage le ralentissement du marché.
Pour les professionnels, cette baisse de la consommation ne traduit donc pas un désintérêt pour le produit, mais plutôt une contrainte économique qui pousse les ménages comme les restaurateurs à limiter leurs dépenses.
Une filière confrontée à un nouvel équilibre
La baisse actuelle des prix peut apparaître comme une bonne nouvelle pour les consommateurs. Toutefois, il est important de rappeler qu’elle est avant tout le symptôme d’un marché déséquilibré plutôt que le signe d’une amélioration durable.
Si la surproduction se poursuit alors que la demande reste faible, les éleveurs risquent de voir leurs marges se réduire davantage, compromettant la rentabilité de leurs exploitations. À moyen terme, cette situation pourrait entraîner une diminution de la production, avec le risque d’un mouvement inverse marqué par une remontée des prix.
L’évolution du marché au cours des prochaines semaines dépendra donc de la capacité de la demande à reprendre progressivement, mais aussi des mesures qui pourraient être mises en place pour mieux réguler une filière particulièrement sensible aux fluctuations saisonnières et au pouvoir d’achat des ménages.
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