Législatives au Maroc : retour sur 60 ans de taux de participation
Le verdict des urnes n’est pas encore complet, mais un premier chiffre est désormais connu. Le taux de participation aux élections législatives du 23 septembre 2026 s’est établi à 38,02% à l’échelle nationale, selon le ministère de l’Intérieur. Le scrutin, qui devait permettre de renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants, s’est achevé à 19 heures dans l’ensemble des bureaux de vote.
Avec ce niveau de participation, les législatives de 2026 se situent dans le bas de la série historique des scrutins parlementaires marocains. Elles restent toutefois légèrement au-dessus du record historique d’abstention enregistré en 2007, lorsque seulement 37% des électeurs inscrits avaient voté.
Le rapprochement avec 2007 est d’autant plus intéressant que cette élection avait marqué un véritable point de rupture dans l’histoire récente de la participation électorale. Cette année-là, le Maroc comptait environ 15,5 millions d’inscrits et près de 5,7 millions de votants. Le Haut-Commissariat au Plan estimait par ailleurs à près de 19,9 millions le nombre de Marocains en âge de voter.
De 82,3% en 1977 à 37% en 2007
L’histoire électorale marocaine raconte une trajectoire pour le moins mouvementée. Les premières élections législatives organisées après l’indépendance affichent des niveaux de participation nettement plus élevés que ceux observés aujourd’hui.
En 1963, le taux officiel atteignait 71,9%. Il grimpait à 82,3% en 1977, niveau qui demeure le plus élevé de la série historique. En 1984, la participation s’établissait encore à 67,4%, avant de passer sous la barre des 60% en 1997, avec 58,3%.
Le recul s’est ensuite poursuivi. Les législatives de 2002 avaient enregistré 51,61% de participation, avant le décrochage de 2007 à 37%. Les élections de 2011 avaient ensuite marqué un redressement à 45,40%, suivi de 43% en 2016.
Les législatives de 2021 avaient, elles, enregistré un taux de participation de 50,35%. Ce scrutin présentait toutefois une particularité intéressante, à savoir que les élections législatives, communales et régionales avaient été organisées le même jour. Le nombre de votants avait atteint environ 8,78 millions.
2026, un retour vers les niveaux les plus bas
Le chiffre de 38,02% remet donc les législatives de 2026 dans une séquence particulière. Il est inférieur de plus de 12 points à celui de 2021 et de près de 5 points à celui de 2011.
La comparaison doit néanmoins être faite avec prudence. Les modalités et le contexte des différents scrutins ne sont pas identiques. En 2021, la tenue simultanée de trois élections avait notamment pu favoriser la mobilisation, particulièrement dans les territoires où les élections locales entretiennent un rapport plus direct entre candidats et électeurs.
Autre élément à garder en tête : le taux de participation est calculé sur la base des électeurs inscrits sur les listes électorales, et non sur l’ensemble des Marocains en âge de voter. Or l’écart entre ces deux populations a considérablement évolué au fil des décennies.
Reste que, dans la série des élections législatives depuis 1963, le chiffre de 2026 apparaît clairement comme l’un des plus faibles jamais enregistrés. Seul le scrutin de 2007 affiche un taux inférieur.
Les résultats définitifs permettront désormais de mettre ce niveau de participation en perspective avec la répartition des sièges et la nouvelle configuration de la Chambre des représentants. Mais avant même de connaître la prochaine majorité parlementaire, une donnée est déjà établie : en matière de participation, les législatives de 2026 figurent parmi les scrutins les moins mobilisateurs de l’histoire électorale du Maroc.