IPC 2024 : une inflation en apparence maîtrisée ?
Un super marché © DR
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Le Haut-Commissariat au plan (HCP) a publié les données de l’Indice des prix à la consommation (IPC), un indicateur sur les tendances économiques et les réalités sociales actuelles. Avec une hausse annuelle de 0,9%, l’IPC montre une économie marocaine en pleine mutation, entre pressions inflationnistes et ajustements dans certains secteurs.

Source : Division des indices statistiques
En effet, décembre 2024 se termine avec une baisse de l’IPC de 0,2% par rapport à novembre. Cette baisse vient surtout de la très légère baisse des prix des aliments (-0,2%), tandis que les prix des biens non alimentaires restent stables. Les baisses les plus marquées sont observées dans les catégories des légumes (-3,9%) et des fruits (-2,3%), ce qui pourrait être dû à une bonne saison ou à un surplus de stocks. Ces baisses ne sont jamais anodines.
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Attention toutefois à ne pas se leurrer. Cette baisse cache des augmentations dans d’autres produits : les prix de la viande augmentent de 1%, ceux des huiles et graisses de 0,8% et ceux du lait, fromage et œufs de 0,6%. La demande élevée de ces produits de tous les jours engendrent une pression haussière sur les prix. Les prix des carburants, quant à eux, augmentent légèrement de 0,3%, rappelant les variations des prix mondiaux de l’énergie.
Inflation sous-jacente
En plus des variations de prix, l’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatils, reste stable en décembre mais monte de 2,4% sur l’année. Cette hausse indique une pression persistante, notamment dans des secteurs comme le logement (+2,6%) et l’éducation (+2,1%). Les ménages marocains doivent faire face à des coûts de vie qui galopent à une vitesse incroyable, surtout dans les domaines avec peu de régulation de l’État !

Source : Division des indices statistiques
Par ailleurs, l’analyse régionale montre de grandes différences. Les villes du sud, comme Laâyoune (+3,0%) et Guelmim (+2,2%), enregistrent les plus fortes augmentations de l’IPC. Ces régions, en plein développement économique, subissent aussi des tensions sur les infrastructures et ressources locales.
À l’inverse, des villes comme Casablanca (+0,8%) ou Tanger (+0,6%) ont des progressions plus faibles. Ces régions, avec des économies diverses et connectées aux dynamiques nationales et internationales, atténuent les variétés des prix locaux.
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Les secteurs sous pression

Source : division des indices statistiques
L’analyse par secteur montre des différences aussi intéressantes. Certains segments, comme la santé (-1,3%) ou les transports (-0,2%), connaissent des baisses de coûts, tandis que d’autres, comme les restaurants et hôtels (+3,4%), montrent une forte reprise de la demande. Cette dernière catégorie, affectée par la pandémie, semble maintenant reprendre ses lettres de noblesse grâce à une hausse du tourisme et à des dépenses locales croissantes.
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De plus, les logements, l’eau, l’électricité et les combustibles (+2,6%) prouvent, à nouveau, la dépendance énergétique du Maroc et les défis de l’urbanisation.
Avec une inflation moyenne contenue à 0,9%, le Maroc a esquivé les crises inflationnistes d’autres pays. Cependant, cette situation masque des fragilités. L’inflation sous-jacente, dépassant largement le taux global, met le doigt sur des tensions des biens et services essentiels, en particulier pour les ménages à faibles revenus.
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