Inondations au nord : le soutien psychologique s’organise à distance pour les sinistrés
Inondations à Ksar El Kébir, le 04 janvier 2026 © MAP
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Alors que les images des destructions matérielles liées aux récentes inondations dans le nord du Maroc continuent d’alimenter le débat public, des voix de professionnels de la santé mentale insistent sur l’importance d’intégrer la dimension psychologique aux opérations d’aide. Des initiatives de soutien à distance se multiplient pour répondre à des besoins qui, selon les spécialistes, demeurent souvent invisibles mais durables.
Au-delà des pertes matérielles (maisons endommagées, infrastructures détruites, biens emportés), les catastrophes naturelles génèrent des traumatismes susceptibles d’entraîner des troubles psychologiques variés. Perte du logement, exposition à des scènes menaçantes, séparation familiale et incertitude quant à l’avenir figurent parmi les facteurs qui favorisent l’apparition d’anxiété aiguë, de troubles du sommeil, de dépression, voire de stress post-traumatique. Ces manifestations ne surviennent pas nécessairement immédiatement et peuvent s’aggraver sans prise en charge adaptée.
Plusieurs professionnels interrogés par nos confrères de Hespress insistent sur le fait que la décrue des eaux ne marque pas la fin de la crise. En effet, la phase de reconstruction matérielle s’accompagne d’un long travail de « reconstruction » psychologique et sociale. Sans interventions appropriées, les répercussions sur les enfants, les femmes et les personnes âgées, catégories considérées comme particulièrement vulnérables, risquent de se prolonger et de compromettre la résilience des communautés.
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Des services à distance pour pallier l’impossibilité de se déplacer
Pour répondre rapidement aux besoins, plusieurs praticiens ont lancé des dispositifs d’accompagnement psychologique à distance destinés aux personnes empêchées de se déplacer en raison des conditions sur le terrain. Ces offres, souvent proposées à titre bénévole et sans frais pour les sinistrés directs, combinent écoute, soutien psychologique de première ligne et conseils pratiques pour gérer le stress et les difficultés d’adaptation.
Les modalités proposées tiennent compte des contraintes liées aux coupures d’électricité et aux fluctuations du réseau : entretiens téléphoniques, échanges via applications de messagerie et séances par visioconférence lorsque les moyens le permettent. Les services ciblent prioritairement les personnes ayant subi des pertes matérielles importantes, celles qui ont été évacuées ou qui présentent des symptômes de détresse (insomnie, anxiété marquée, attaques de panique, tristesse profonde, difficultés à fonctionner au quotidien).
Les intervenants rappellent que la prise en charge psychologique ne se limite pas à des consultations individuelles. Elles recommandent un continuum d’actions incluant des séances de groupe, des campagnes de sensibilisation, des espaces d’écoute communautaires et des formations pour les acteurs locaux afin d’assurer une réponse soutenable et culturellement adaptée. Renforcer la solidarité locale et permettre aux victimes de constater qu’elles ne sont pas isolées font partie des objectifs thérapeutiques recherchés.
Sur le plan institutionnel, les professionnels appellent à intégrer systématiquement des services psychosociaux aux plans d’intervention d’urgence. Cette intégration implique une coordination entre les services de santé publique, les collectivités locales, les associations et les spécialistes du champ psychologique pour garantir non seulement une intervention immédiate, mais aussi un suivi à moyen et long terme.
Les dispositifs bénévoles et gratuits mis en place constituent une réponse pragmatique et utile dans l’immédiat, particulièrement lorsque l’accès aux structures de santé est compromis. Toutefois, ces initiatives restent complémentaires d’une politique publique structurée et financée, capable d’assurer des services professionnels pérennes et de structurer l’offre sur l’ensemble des territoires affectés.
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