Indice BAD 2025 : ce que vaut vraiment le rang industriel du Maroc ?
Industrie automobile © DR
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L’indice BAD 2025 place le Maroc au premier rang africain en matière d’industrialisation, devant l’Afrique du Sud et l’Egypte. Ce résultat doit toutefois être lu avec précision : le classement ne mesure pas seulement la taille de l’industrie, mais un ensemble plus large de performances et de conditions favorables à l’activité manufacturière.
Le Royaume obtient un score de 0,8415, contre 0,8396 pour l’Afrique du Sud, dans un écart très réduit. La première place est donc réelle dans le cadre de cet outil publié par la Banque africaine de développement, mais elle ne signifie pas automatiquement que le Maroc dispose de la plus grande production industrielle du continent en volume, ni de la plus forte valeur ajoutée manufacturière.
Ce que mesure réellement l’indice BAD
La méthodologie adoptée repose sur un indice composite couvrant 54 pays africains sur la période 2010-2024. Elle agrège des indicateurs de performance manufacturière et d’autres déterminants jugés essentiels à l’industrialisation dans la durée : qualité des infrastructures, accès au financement, compétences, environnement des affaires, gouvernance économique, capacité d’exportation et structuration des écosystèmes productifs. Autrement dit, le classement récompense un profil industriel équilibré, et non le seul poids de l’industrie dans le produit intérieur brut.
Dans ce cadre, le Maroc bénéficie d’une dynamique installée depuis plus d’une décennie. L’automobile, devenue le principal moteur des exportations industrielles, l’aéronautique, les phosphates transformés, l’agro-industrie et certaines filières électriques et électroniques ont soutenu la montée en gamme. Cette progression a été renforcée par des zones industrielles mieux connectées, une politique d’attractivité pour les investisseurs et l’organisation d’écosystèmes autour de grands donneurs d’ordre. Le classement traduit donc la cohérence d’un modèle, davantage qu’un basculement absolu de hiérarchie en termes de masse industrielle.
Cette lecture appelle néanmoins plusieurs nuances. D’abord, l’avance du Maroc reste étroite et le continent présente des structures industrielles très différentes selon les pays. Ensuite, des fragilités persistent : la productivité demeure inégale selon les branches, l’intégration locale des chaînes de valeur reste partielle dans plusieurs secteurs et la création d’emplois industriels ne progresse pas toujours au même rythme que les investissements et les exportations. Une industrie plus performante sur le papier ne signifie pas encore une diffusion homogène des gains dans l’ensemble du tissu productif.
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