Guerre Iran–Israël–États-Unis : le Proche-Orient au bord de l’embrasement
Un bâtiment endommagé par un raid aérien israélien dans la banlieue sud de Beyrouth, le 2 mars 2026 © AFP
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Le 28 février 2026 restera comme une date charnière. Ce jour-là, les États-Unis et Israël lancent une campagne de frappes massives contre l’Iran, présentée comme une opération « préventive » visant des infrastructures stratégiques, notamment liées aux Gardiens de la révolution et au programme nucléaire. Les explosions secouent Téhéran, Ispahan, Yazd et plusieurs provinces.
À l’aube du 1ᵉʳ mars, c’est d’abord le président américain Donald Trump qui annonce la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, affirmant que l’opération conjointe américano-israélienne a permis d’éliminer le chef de la République islamique. Quelques heures plus tard, les médias d’État iraniens confirment officiellement le décès, précisant qu’il aurait été tué lors des frappes menées contre Téhéran et d’autres sites stratégiques du pays.
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L’appareil iranien frappé en plein cœur
Selon le Pentagone, le quartier général des Gardiens de la révolution a été détruit. Des médias iraniens confirment la mort de plusieurs hauts responsables : le chef des Gardiens, le chef d’état-major des forces armées et le ministre de la Défense. Washington évoque l’élimination de dizaines de « leaders » militaires.
Le Croissant-Rouge iranien avance un bilan lourd : 555 morts depuis le début de l’offensive. Les frappes ont touché la province de Fars, le nord-ouest du pays, Sanandaj, ainsi que la province centrale de Yazd. À Téhéran, l’agence Tasnim fait état d’explosions continues.
La guerre ne se limite plus à des frappes ciblées : elle atteint le cœur du pouvoir iranien et fragilise un régime déjà confronté à des tensions internes. Après des scènes de joie initiales dans certains quartiers de la capitale, des rassemblements de deuil et de défi ont rapidement pris le relais, aux cris de « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël ».
Munir El Haddadi évacué d’Iran après le début des bombardements
Riposte iranienne et extension du conflit
La riposte de Téhéran ne se fait pas attendre. Les Gardiens de la révolution annoncent un « châtiment sévère » et lancent des barrages de missiles vers Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem-Est. À Bet Shemesh, un missile frappe un abri, faisant neuf morts, plusieurs disparus et des dizaines de blessés. Des explosions retentissent également à Jérusalem.
L’Iran affirme avoir visé la base aérienne américaine Ali Al-Salem au Koweït et mené des attaques contre des installations dans le Golfe. Au Bahreïn, une personne est tuée. Au Qatar et aux Émirats arabes unis, de fortes détonations sont entendues. La piste de la base britannique d’Akrotiri, à Chypre, est touchée par un drone attribué à l’Iran.
En Irak, des drones sont abattus près de l’aéroport d’Erbil, qui accueille des troupes américaines. Le conflit prend ainsi une dimension transnationale, multipliant les théâtres d’opérations et élargissant le cercle des pays directement affectés.
Le Liban entre dans la guerre
L’embrasement gagne le Liban. Le Hezbollah, allié stratégique de Téhéran, avait promis de « faire face à l’agression ». Il revendique des tirs de missiles et de drones vers Israël, pour la première fois depuis le déclenchement de cette séquence.
L’armée israélienne réplique en annonçant des frappes contre des cibles du Hezbollah « à travers le Liban » et ordonne l’évacuation d’une cinquantaine de villages. À Beyrouth, de puissantes explosions sont entendues, tandis que des habitants fuient vers le sud. Un premier bilan officiel fait état de 31 morts et 149 blessés. Le chef de l’armée israélienne prévient que les opérations pourraient durer « de nombreux jours ».
La perspective d’un front nord durable inquiète les chancelleries, tant le risque d’un conflit généralisé impliquant plusieurs acteurs non étatiques devient tangible.
Iran : le Maroc condamne fermement des frappes iraniennes visant des États arabes
Ormuz paralysé, le pétrole s’envole
Au-delà du champ militaire, la guerre frappe de plein fouet l’économie mondiale. La navigation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20% du pétrole mondial, est quasiment paralysée. Les principales compagnies maritimes suspendent leurs traversées face à l’explosion des primes d’assurance.
Les marchés réagissent immédiatement. Le baril de Brent dépasse brièvement les 80 dollars, en hausse spectaculaire par rapport au début de l’année. Le WTI suit la même trajectoire. Les analystes redoutent qu’en cas d’interruption prolongée via Ormuz ou d’attaques contre des installations énergétiques, les prix puissent franchir le seuil symbolique des 100 dollars.
La raffinerie saoudienne de Ras Tanura, exploitée par Saudi Aramco, est partiellement mise à l’arrêt après une frappe de drone ayant provoqué un incendie. L’Opep+ annonce une augmentation limitée de production, jugée insuffisante par plusieurs experts pour compenser un blocage durable.
Le gaz européen grimpe lui aussi fortement, alors qu’une part significative du commerce mondial de GNL transite également par Ormuz. Le spectre d’un nouveau choc inflationniste refait surface.
Frappes israélo-américaines en Iran : 555 morts en deux jours
Washington durcit le ton
Les États-Unis confirment la mort de trois militaires, leurs premières pertes officielles. Plusieurs avions américains s’écrasent au Koweït, sans pertes humaines selon les autorités locales. Mais Donald Trump prévient que ces pertes « ne seront pas les dernières » et estime que les opérations pourraient durer « quatre à cinq semaines ».
Il affirme disposer de « trois très bons choix » pour diriger l’Iran à l’avenir, sans dévoiler d’identité. Téhéran, de son côté, exclut toute négociation. Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale accuse Washington d’avoir plongé le Proche-Orient dans le « chaos » et réclame une réaction du Conseil de sécurité de l’ONU.
Le Maroc affiche sa solidarité avec les États du Golfe
Dans ce contexte explosif, le Maroc condamne « avec la plus grande fermeté » l’attaque iranienne contre plusieurs États arabes du Golfe, la qualifiant de « violation flagrante de la souveraineté nationale ». Rabat exprime sa solidarité avec les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Qatar, le Koweït et la Jordanie, et soutient « toutes les mesures légitimes » visant à protéger leurs populations.
Le roi Mohammed VI s’est entretenu par téléphone avec plusieurs dirigeants du Golfe, dont Mohammed ben Zayed, Hamad ben Issa Al Khalifa, Mohammed ben Salman et Tamim ben Hamad Al Thani. Selon le Cabinet royal, les discussions ont porté sur la sécurité des civils et la nécessité de préserver la stabilité régionale.
Vers un embrasement durable ?
Le Proche-Orient se trouve désormais à la croisée des chemins. L’ampleur des frappes, la mort du guide suprême iranien et l’implication directe d’acteurs régionaux et internationaux rendent toute désescalade complexe. Si certains analystes estiment qu’un blocage prolongé d’Ormuz serait difficile à maintenir militairement, le risque d’erreurs de calcul demeure élevé.
Entre affrontements militaires, tensions diplomatiques et choc énergétique, la guerre déclenchée pourrait redessiner durablement les équilibres du Proche-Orient, et au-delà.
Politique-Kaja Kallas a affirmé que le plan d’autonomie proposé par le Maroc constitue l’une des solutions « les plus réalisables ».
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