Guerre au Proche-Orient : comment les tensions impactent les marchés financiers ?

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Guerre au Proche-Orient : comment les tensions impactent des marchés ?Image d’illustration © DR

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La flambée des tensions géopolitiques au Proche-Orient a provoqué, lundi 2 mars 2026, une onde de choc sur les marchés financiers internationaux. Entre envolée des prix des hydrocarbures, regain d’intérêt pour les valeurs refuges et repli des grandes places boursières, les investisseurs tentent d’évaluer l’ampleur et la durée d’un conflit aux répercussions mondiales.

D’après les données fournies par l’AFP, la guerre en cours au Proche-Orient a entraîné un bond spectaculaire des prix du pétrole et du gaz, tandis que les bourses mondiales reculaient, sans céder pour autant à un mouvement de panique généralisée. À Paris, Francfort, Londres, Milan ou Madrid, les indices ont nettement fléchi, mais la réaction des marchés est restée mesurée au regard de la gravité de la situation.

À la mi-journée, Paris reculait de 1,84%, Francfort de 2,15%, Londres de 1,07%, Milan de 1,83% et Madrid de 2,43%. À New York, les contrats à terme laissaient présager un repli d’un peu plus de 1%, tandis qu’en Asie, Tokyo cédait 1,35% et Hong Kong 2,14%. Les analystes soulignent que les investisseurs semblent anticiper un conflit limité dans le temps, même si la confiance a été ébranlée à l’échelle mondiale.

Flambée du pétrole et du gaz

Le principal choc concerne le marché énergétique. Le baril de Brent de la mer du Nord a progressé de 8,23% pour atteindre 78,87 dollars vers la mi-journée, après avoir dépassé à plusieurs reprises le seuil des 80 dollars dans la matinée. Le WTI nord-américain a, lui, bondi de 7,97% à 72,36 dollars. Cette hausse brutale s’explique notamment par la situation dans le détroit d’Ormuz, axe stratégique du commerce mondial d’hydrocarbures, désormais évité par les principaux armateurs en raison du conflit.

Lire aussi : Bourse de Casablanca : investir sans comprendre, quels risques derrière la ruée vers les actions ?

Sur le marché gazier, la tension est encore plus marquée. Le contrat à terme du TTF néerlandais, référence en Europe, a grimpé de 40,16% à 44,79 euros, atteignant un niveau inédit depuis fin mars 2025. Cette flambée s’est accentuée après l’annonce par la compagnie d’État QatarEnergy de la suspension de sa production de gaz naturel liquéfié (GNL), à la suite d’attaques iraniennes visant ses infrastructures. Cette décision alimente les craintes de perturbations majeures des chaînes d’approvisionnement énergétiques.

Dans ce contexte d’incertitude, le dollar s’est apprécié de 0,77% face à l’euro, à 1,1721 dollar pour un euro, profitant de son statut de monnaie internationale de référence pour les transactions pétrolières. Parallèlement, les investisseurs se sont tournés vers les valeurs refuges : l’or a gagné 2,20% à 5.395,13 dollars l’once et l’argent 1,44% à 95,14 dollars.

Des secteurs gagnants et perdants en Europe

Les secteurs d’activité réagissent de manière contrastée. Les majors pétrolières bénéficient mécaniquement de la hausse des cours des hydrocarbures. À Paris, TotalEnergies a progressé de 3,15%. L’italien Eni a gagné 2,64% à Milan, Shell 2,29% et BP 2,16% à Londres. Repsol a avancé de 4,71% à Madrid et Equinor s’est envolé de 6,85% à Oslo. Cette dynamique traduit l’anticipation de marges accrues dans un contexte de prix élevés.

En revanche, les valeurs liées au transport aérien et au tourisme ont subi de lourdes pertes. Air France-KLM a chuté de 8,05% à Paris, Lufthansa de 5,41% à Francfort et EasyJet de 3% à Londres. Les fermetures de routes aériennes et les annulations de vols pèsent sur les perspectives du secteur. Du côté de l’hôtellerie, Accor a plongé de 8,65% à Paris et TUI de 8,39% à Francfort, illustrant la sensibilité de ces activités aux risques géopolitiques et à la contraction des flux touristiques.

Le secteur de la défense, en revanche, tire parti de l’escalade militaire. Thales a progressé de 1,69% à Paris et Dassault Aviation de 1,12%. À Londres, BAE Systems a grimpé de 4,69%, tandis que Leonardo à Milan et Rheinmetall à Francfort ont également évolué en territoire positif. Les marchés anticipent une augmentation des dépenses militaires dans un contexte d’instabilité régionale accrue.

Lire aussi : Guerre Iran–Israël–États-Unis : le Proche-Orient au bord de l’embrasement

La Bourse de Casablanca fortement impactée

Cette onde de choc internationale a également touché le Maroc. En effet, la Bourse de Casablanca a clôturé en nette baisse lundi, son indice principal, le MASI, décrochant de 4,21% à 17.377 points. La correction est significative et reflète la sensibilité du marché marocain aux évolutions géopolitiques et aux tensions sur les matières premières.

Le MASI 20, regroupant les 20 valeurs les plus liquides, a cédé 5,1% à 1.309,34 points. Le MASI ESG, composé des entreprises les mieux notées en matière de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, a reculé de 3,42% à 1.189,06 points. De son côté, le MASI Mid and Small Cap a diminué de 3,84% à 1.798,61 points. Sur le plan international, les indices FTSE CSE Morocco 15 et FTSE CSE Morocco All-Liquid ont également enregistré des pertes respectives de 3,87% et 3,94%.

L’analyse sectorielle montre que la baisse a été particulièrement marquée dans les secteurs de la chimie (-9,18%), des loisirs et hôtels (-8,93%) ainsi que des ingénieries et biens d’équipement industriels (-8,38%). À l’inverse, le secteur des mines a été le seul à terminer en territoire positif, avec une progression de 3,45%, profitant probablement de la hausse des cours des matières premières.

Les échanges ont atteint 1,15 milliard de dirhams, dominés par les transactions sur TGCC, SGTM et Itissalat Al-Maghrib. La capitalisation boursière s’est établie à environ 976,6 milliards de dirhams. Parmi les plus fortes baisses figurent Alliances, Auto Hall, Stokvis Nord Afrique, Fenie Brossette et Résidences Dar Saada, toutes proches d’un recul de 10%. À l’opposé, SMI, Minière Touissit, BMCI, Managem et TotalEnergies Marketing Maroc ont affiché des performances positives.

Des grandes places financières internationales à Casablanca, les marchés ont réagi avec prudence mais fermeté à l’escalade militaire au Moyen-Orient. La flambée des prix de l’énergie, les perturbations potentielles des chaînes d’approvisionnement et le risque d’inflation constituent désormais les principales préoccupations des investisseurs. Si la panique n’a pas gagné les marchés, l’évolution du conflit et sa durée seront déterminantes pour la stabilité financière mondiale dans les semaines à venir.

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