GITEX Africa 2026 : Omar Hilale appelle à une gouvernance mondiale de l’IA
Omar Hilale, ambassadeur et représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies lors du GITEX Africa 2026, © Ayoub Jouadi / LeBrief
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Lors de sa keynote au GITEX Africa 2026 à Marrakech, Omar Hilale, ambassadeur et représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, a posé une question centrale : à qui profite réellement l’intelligence artificielle ? Derrière l’accélération fulgurante des technologies, il a alerté sur un déséquilibre croissant entre innovation et capacité de régulation des États. Selon lui, cette avance technologique profite d’abord aux acteurs qui maîtrisent infrastructures, données, financements et expertise.
Dans ce contexte, il a rappelé les avancées du multilatéralisme numérique, notamment l’adoption du Pacte numérique mondial en 2024, suivie en 2025 par la mise en place d’un panel scientifique international et le lancement d’un dialogue global sur l’IA. Ces initiatives traduisent une volonté de structurer la gouvernance mondiale, mais restent encore insuffisantes face à la rapidité des transformations en cours.
Une coopération internationale encore fragmentée
Omar Hilal a également pointé la multiplication des initiatives parallèles à travers le monde. De Londres à Séoul, en passant par Paris et New Delhi, plusieurs cadres ont émergé pour encadrer l’IA, chacun avec ses priorités : sécurité, innovation, inclusion ou encore confiance. Si ces efforts sont salués, leur manque de coordination alimente une fragmentation globale, rendant difficile l’émergence d’une vision commune.
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Face à cette situation, il a proposé plusieurs pistes. D’abord, repenser le multilatéralisme en articulant les différentes initiatives existantes. Ensuite, limiter la fragmentation en favorisant l’interopérabilité entre les cadres réglementaires. Il a également insisté sur l’urgence de réduire les inégalités d’accès à l’IA : alors que près de deux tiers des populations dans les pays avancés utilisent ces technologies, ce taux reste extrêmement faible dans de nombreux pays africains.
Au-delà des principes, l’ambassadeur a plaidé pour des actions concrètes : formation, partage de connaissances, financement et développement d’infrastructures communes. L’objectif est de transformer l’IA en levier de développement, notamment dans les secteurs essentiels comme la santé, l’éducation ou l’agriculture.
Dans cette dynamique, le Maroc ambitionne de jouer un rôle clé. Fort de ses initiatives, comme le forum de l’UNESCO en 2018, le Centre AI Movement ou encore le consensus de Rabat en 2024, le Royaume se positionne comme un pont entre l’Afrique et la gouvernance mondiale. Il entend ainsi structurer une coopération africaine durable autour de l’IA, tout en renforçant ses propres capacités.
En conclusion, Omar Hilal a souligné que la coopération internationale est désormais déterminante pour orienter les transformations technologiques. Les pays capables d’investir dans les compétences, les partenariats et les cadres communs seront ceux qui pèseront dans les décisions de demain.
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