Finances publiques : un déficit budgétaire de 9,6 milliards de dirhams à fin janvier 2026

Avatar de Mouna Aghlal

Temps de lecture :

Finances publiques : un déficit budgétaire de 9,6 milliards de dirhams à fin janvier 2026Trésorerie du royaume. © DR

A
A
A
A
A

À fin janvier 2026, la situation des charges et ressources du Trésor fait apparaître un déficit budgétaire de 9,6 milliards de dirhams (MM.DH), contre 6,9 MM.DH un an auparavant. Cette dégradation du solde global résulte principalement d’une contraction des recettes ordinaires, conjuguée à une légère progression des dépenses globales.

Selon les données publiées dans la Situation des charges et ressources du Trésor (SCRT), les recettes ordinaires se sont établies à 29,8 MM.DH, en recul de 2,7 MM.DH, soit une baisse de 8,3% par rapport à janvier 2025. Parallèlement, les dépenses globales, incluant les services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA) et les comptes spéciaux du Trésor (CST), ont atteint 39,4 MM.DH, en hausse marginale de 70 millions de dirhams.

Des recettes fiscales en net repli et une hausse des recettes non fiscales

Les recettes fiscales, principales composantes des ressources de l’État, se sont élevées à 27,9 MM.DH, enregistrant une diminution de 2,9 MM.DH (-9,4%) en glissement annuel. Leur taux de réalisation par rapport aux prévisions de la loi de finances 2026 s’établit à 7,6% à fin janvier.

Dans le détail, les impôts directs ont rapporté 10,6 MM.DH, en baisse de 17,2%. Cette évolution tient essentiellement au recul de l’impôt sur le revenu (IR), dont les recettes ont chuté de 2,5 MM.DH (-24,4%), pour s’établir à 7,6 MM.DH. Cette contraction s’explique par un effet de base défavorable : en janvier 2025, une recette exceptionnelle de 3,8 MM.DH avait été enregistrée au titre de la régularisation fiscale volontaire. Hors cet élément exceptionnel, l’IR aurait progressé de 14%, porté notamment par la hausse de l’IR prélevé sur les profits de cession de valeurs mobilières (+896 millions de dirhams (M.DH)).

À l’inverse, l’impôt sur les sociétés (IS) affiche une performance positive. Les recettes de l’IS se sont établies à 2,6 MM.DH, en hausse de 378 M.DH (+17,4%), reflétant une augmentation des recettes spontanées de 328 M.DH.

Lire aussi :  Finances publiques : recettes en hausse, déficit quasi stable en 2025

Les impôts indirects, pour leur part, ont généré 11,2 MM.DH, en baisse de 8,6%. La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) a reculé de 885 M.DH (-9,1%), pour s’établir à 8,8 MM.DH. Cette évolution recouvre une diminution de 586 M.DH (-11,6%) de la TVA à l’intérieur et de 299 M.DH (-6,5%) de la TVA à l’importation. Les remboursements de TVA, hors part des collectivités territoriales, ont atteint 1,7 MM.DH, contre 607 M.DH un an plus tôt.

Les taxes intérieures de consommation (TIC) ont également diminué de 171 M.DH (-6,7%), à 2,4 MM.DH. Ce repli provient principalement de la baisse des recettes sur les tabacs (-188 M.DH, soit -20,3%) et sur les autres produits (-46 M.DH, -18,3%), partiellement compensée par une hausse des recettes sur les produits énergétiques (+62 M.DH, +4,5%).

Les droits de douane ont accusé une baisse marquée de 26,3%, soit 371 M.DH de moins, pour s’établir à 1 MM.DH. En revanche, les droits d’enregistrement et de timbre ont progressé de 723 M.DH (+16,5%), atteignant 5,1 MM.DH, grâce notamment à la hausse des droits d’enregistrement (+515 M.DH, +45,4%).

Les recettes non fiscales ont enregistré une progression de 201 M.DH (+19%), pour atteindre 1,3 MM.DH. Elles proviennent principalement des établissements et entreprises publics (212 M.DH) et des produits divers des ministères (876 M.DH). Aucune recette n’a été enregistrée au titre des cessions de participations de l’État.

Des dépenses ordinaires en forte baisse

Les dépenses ordinaires se sont élevées à 32,7 MM.DH, en diminution de 9,4 MM.DH (-22,4%) par rapport à janvier 2025. Leur taux d’exécution par rapport aux crédits ouverts en loi de finances est de 8,6%.

Cette baisse s’explique essentiellement par le recul des dépenses de biens et services, qui ont chuté de 9,2 MM.DH (-23,6%) pour s’établir à 29,9 MM.DH. Dans le détail, les dépenses de personnel ont augmenté de 828 M.DH (+6,2%), atteignant 14,1 MM.DH, tandis que les dépenses relatives aux autres biens et services ont diminué de 10,1 MM.DH (-39%). Cette forte variation s’explique par un transfert exceptionnel de 12 MM.DH effectué en janvier 2025 au profit du fonds d’appui à la protection sociale et à la cohésion sociale.

Lire aussi : Impôts : La traque à la fraude s’intensifie

Les charges de compensation ont reculé de 593 M.DH (-28,8%), pour s’établir à 1,5 MM.DH. Les intérêts de la dette, en revanche, ont augmenté de 410 M.DH (+42,5%), atteignant 1,4 MM.DH. Cette hausse résulte d’une progression des intérêts de la dette intérieure (+545 M.DH), atténuée par une baisse des intérêts de la dette extérieure (-135 M.DH).

Investissement en hausse, excédent des CST en baisse

Les dépenses d’investissement ont atteint 15 MM.DH, en hausse de 2 MM.DH (+15,1%) par rapport à janvier 2025. Leur taux de réalisation par rapport aux prévisions annuelles s’élève à 13%.

Les comptes spéciaux du Trésor ont dégagé un excédent de 8,3 MM.DH, en net recul par rapport aux 15,8 MM.DH enregistrés un an auparavant.

Au total, le solde ordinaire ressort déficitaire de 2,9 MM.DH, contre un déficit de 9,7 MM.DH en janvier 2025. Toutefois, compte tenu de l’évolution des opérations en instance, en baisse de 5,9 MM.DH, le besoin de financement du Trésor s’établit à 15,5 MM.DH, contre 26,2 MM.DH un an auparavant.

Pour couvrir ce besoin, le Trésor a mobilisé 11,7 MM.DH nets sur le marché intérieur, via des souscriptions d’un montant de 19,7 MM.DH et des remboursements en principal de 8 MM.DH. Le financement extérieur net s’est élevé à 1,4 MM.DH, résultant de tirages à hauteur de 2,3 MM.DH et d’amortissements de 877 M.DH.

Ainsi, à fin janvier 2026, l’exécution budgétaire se caractérise par une contraction marquée des recettes fiscales, partiellement compensée par une forte réduction des dépenses ordinaires. Malgré une amélioration du solde ordinaire, la hausse du déficit global souligne la persistance des tensions sur les équilibres budgétaires en ce début d’exercice.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
FNACAM : de nouvelles mutations qui redessinent le terrain des assurances

Philippe Rocard décrypte les mutations de l’assurance, entre financiarisation, climat, IA, numérique et émergence de nouvelles solutions de couverture.

Mouna Aghlal - 8 octobre 2026
Royal Air Maroc et Boeing signent un partenariat pour rénover sept B787-8

La RAM et Boeing ont signé à Marrakech une convention pour rénover les cabines de sept B787-8 et renforcer le confort des passagers avant les grands rendez-vous.

Ilyasse Rhamir - 8 octobre 2026
IMC 2026 : comment rendre l’exploitation minière africaine plus responsable grâce à l’ESG ?

L’IMC 2026 met l’ESG au cœur de la gouvernance minière africaine, entre performance environnementale, acceptabilité sociale, partage de la valeur et rôle des communautés.

Ilyasse Rhamir - 8 octobre 2026
Port Dakhla Atlantique : un chantier achevé à 65%

Le chantier du port Dakhla Atlantique a atteint environ 65% d’avancement, avec une mise en service prévue en 2029.

Rédaction LeBrief - 8 octobre 2026
L’aéronautique marocaine vise 5 milliards de dollars d’exportations

La filière aéronautique marocaine pourrait atteindre cinq milliards de dollars d’exportations d’ici 2026, selon son groupement professionnel. Détails.

Rédaction LeBrief - 8 octobre 2026
Paiement par carte : BAM abaisse la commission à 0,5%

Bank Al-Maghrib abaisse à 0,5% le plafond des commissions sur les paiements par carte au Maroc, avec un taux réduit pour les commerces de proximité.

Ilyasse Rhamir - 8 octobre 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Carburants : augmentations des prix à partir du 30 mars 2026 à minuit

Économie - Cette augmentation devrait impacter le budget des usagers, notamment les automobilistes et les professionnels du transport.

El Mehdi El Azhary - 28 mars 2026
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire