Festival du film d’Oukacha : une 6e édition qui affirme la puissance de la création en détention

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Festival du Film d’Oukacha une 6e édition qui affirme la puissance de la création en détentionPrison locale d'Ain Sebaâ © MAP

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La 6e édition du Festival du film d’Oukacha se tiendra du 17 au 19 décembre 2025 au Centre de réforme Ain Sebaâ, à Casablanca. Porté par l’association Relais prison-société, cet événement singulier dans le paysage culturel marocain et arabe poursuit sa mission : faire de la création artistique un outil de dignité, de transformation et de réinsertion pour les jeunes détenu(e)s.

Organisé en partenariat avec la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), le ministère de la Culture, le Centre cinématographique marocain (CCM), ainsi que plusieurs institutions nationales et internationales, le festival s’est imposé au fil des années comme un rendez-vous majeur dédié à l’expression en milieu carcéral.

Un espace d’expression unique

Depuis sa création, le Festival du film d’Oukacha s’est construit comme une plate-forme où les jeunes détenu(e)s peuvent prendre la parole à travers des œuvres cinématographiques conçues dans le cadre d’ateliers d’écriture, de réalisation, de montage, mais aussi d’expression artistique et d’accompagnement psychologique. Encadrés par des professionnels, ces ateliers donnent naissance à des courts métrages qui constituent le cœur de la compétition officielle.

Cette édition mettra notamment en lumière la thématique des peines alternatives, qui fera l’objet de débats et d’échanges entre jeunes participants, experts et professionnels du cinéma.

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Une programmation riche et diversifiée

En parallèle de la compétition officielle, le festival proposera une sélection de films marocains et internationaux, fictions et documentaires primés, accompagnés de débats ouverts aux jeunes détenu(e)s. Plusieurs rencontres thématiques aborderont également la réinsertion, les pratiques artistiques en détention et l’impact des peines alternatives.

L’événement inclura par ailleurs des spectacles de stand-up créés et interprétés par les jeunes du Centre de réforme Ain Sebaâ et de la prison locale pour jeunes filles, un podcast show animé par les jeunes filles détenues, une exposition d’œuvres réalisées en détention, une émission podcast quotidienne durant tout le festival, et la projection d’un film consacré à l’histoire et à l’évolution du Festival du film d’Oukacha. La manifestation s’ouvrira et se clôturera en présence d’invités d’honneur marocains et internationaux, de partenaires institutionnels et d’artistes engagés.

Une vision portée par Fatna El Bouih

À la tête du festival, Fatna El Bouih, auteure et militante des droits humains, préside également l’association Relais prison-société, active depuis 2005 dans l’accompagnement des femmes détenues, de leurs enfants et dans la création d’ateliers d’art-thérapie en milieu carcéral. Sa vision positionne l’art comme un levier essentiel de réparation et de réinsertion. La direction artistique de cette édition est assurée par l’auteur-réalisateur Younes Elaraby, tandis que la coordination générale est confiée à la réalisatrice Karima Zoubir.

Le festival bénéficie du soutien d’acteurs institutionnels et culturels de premier plan, parmi lesquels la DGAPR, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Avocats sans frontières, l’Union européenne, L’Uzine, l’American arts center, l’Ambassade du Canada et Médias 24.

Avec cette 6ᵉ édition, le Festival du film d’Oukacha confirme sa place de pionnier, offrant un espace où la création devient un outil d’émancipation et un pas concret vers la réinsertion sociale.

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