Élections 2026 : qu’est-ce qui change vraiment ?

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Élections 2026 : qu’est-ce qui change vraiment ?Un électeur glisse son bulletin de vote dans une urne © DR

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À quelques mois des législatives de 2026, le Maroc revoit les règles de son système électoral. Maintien des équilibres existants et introduction de nouvelles régulations, ces réformes traduisent une adaptation progressive du cadre institutionnel.

Le système électoral marocain entre dans une nouvelle phase d’ajustement. À l’approche des élections de 2026, plusieurs réformes adoptées entre 2025 et début 2026 viennent modifier, à la marge mais de manière significative, l’organisation des scrutins.

Pour le politologue, Driss Aissaoui, ces évolutions s’inscrivent dans une logique bien précise : « Le système électoral marocain repose sur un mode de scrutin proportionnel conçu pour assurer un large pluralisme au sein du Parlement ». Autrement dit, les changements opérés ne visent pas à transformer le modèle, mais à l’adapter.

Lire aussi : Réforme électorale 2026 : ce que les nouveaux textes changent réellement

Un socle inchangé : le choix du pluralisme

Le Maroc maintient les fondamentaux de son architecture institutionnelle. Le Parlement reste structuré autour de deux chambres : la Chambre des représentants, composée de 395 membres élus au suffrage universel direct, et la Chambre des conseillers, qui compte 120 membres élus au suffrage indirect.

Le mode de scrutin n’évolue pas non plus. « Les élections législatives utilisent la représentation proportionnelle au plus fort reste, sans panachage ni vote préférentiel », rappelle Driss Aissaoui. Ce choix, explique-t-il, permet « d’assurer un large pluralisme » et d’éviter une concentration excessive du pouvoir.

La répartition des sièges reste également structurée : « 305 sièges sont pourvus au niveau des circonscriptions locales, tandis que 90 sièges sont attribués au niveau régional », précise le politologue. Ce dernier mécanisme, introduit en 2021, vise notamment à renforcer la représentation des femmes.

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Le quotient électoral, un choix politique assumé

Parmi les éléments structurants du système, le quotient électoral reste au cœur du dispositif. Et malgré les débats, il est maintenu.

« Le principe du quotient électoral, basé sur le nombre d’inscrits, reste la règle de calcul pour la répartition des sièges », souligne Driss Aissaoui. Introduit pour « éviter l’hégémonie des grands partis », ce mécanisme continue de favoriser un paysage politique fragmenté.

Ce choix n’est pas neutre. Il influence directement la formation des majorités et renforce la logique de coalition, caractéristique du système politique marocain.

Parmi les nouveautés, l’intégration du numérique dans le code électoral marque un tournant.

« Pour la première fois, le code électoral intègre des dispositions spécifiques sur l’utilisation de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux pendant les campagnes », explique Driss Aissaoui. Le but est de « prévenir les dérives numériques ».

Dans un contexte où les campagnes électorales se jouent de plus en plus en ligne, cette régulation vise à encadrer des pratiques encore peu maîtrisées, notamment en matière de désinformation ou de manipulation.

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Transparence et moralisation de la vie politique

Les réformes introduisent également des mesures visant à renforcer l’intégrité du processus électoral.

« Le cadre des partis politiques a été renforcé pour assurer une plus grande transparence dans le financement des campagnes et l’intégrité des candidatures », souligne le politologue. Cette évolution répond à une demande récurrente de moralisation de la vie publique.

L’objectif est de consolider la confiance dans les institutions, en encadrant davantage les pratiques politiques et en limitant les zones d’ombre.

Autre axe important : l’élargissement de la participation politique à des catégories sous-représentées.

« Des mesures d’encouragement financier ont été introduites pour les candidats de moins de 35 ans afin de rajeunir la classe politique », indique Driss Aissaoui. Une tentative de répondre au déficit de renouvellement des élites politiques.

Dans le même temps, la question de la parité reste centrale. « La réforme de 2025 réaffirme la parité comme axe central de l’organisation des scrutins », précise-t-il.

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Une modernisation sans rupture

Au final, ces réformes traduisent davantage une évolution qu’une transformation radicale du système électoral.

Elles combinent maintien des équilibres existants (proportionnelle, quotient électoral, logique de pluralisme) et introduction de nouvelles régulations adaptées aux enjeux contemporains.

Comme le résume Driss Aissaoui, il s’agit d’une « modernisation du cadre institutionnel » qui cherche à concilier stabilité politique, ouverture démocratique et adaptation aux mutations technologiques.

À quelques mois des élections de 2026, le Maroc affine les règles de son jeu électoral sans en bouleverser les fondements. Entre continuité et ajustements ciblés, ces réformes pourraient néanmoins peser sur les équilibres politiques à venir et sur la manière dont se construira la prochaine majorité.

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