Des rounds de pourparlers confidentiels sur le Sahara, entre fin janvier et fin février 2026 aux Etats-Unis et en Espagne. Pour la première fois depuis 2019, toutes les parties – Maroc, Polisario, Algérie, Mauritanie – se sont retrouvées autour d’une même table sous la supervision directe du conseiller principal du président américain pour les affaires arabes et africaines. Aucune image n’a filtré, ni à Washington ni à Madrid.
Pas de poignée de mains pour la presse, pas de communiqué triomphal. Ce que ces réunions ont produit de concret reste mince. Aucun accord-cadre signé, aucune date arrêtée pour un nouveau round. Et pourtant. La pression américaine a obtenu en quelques semaines ce que vingt ans de résolutions onusiennes n’avaient pas réussi à décrocher. Washington n’a rien inventé : il a simplement rendu explicite un rapport de force que tout le monde connaissait déjà, mais que personne n’osait nommer.
Le Maroc n’est pas arrivé les mains vides. Le plan d’autonomie de 2007 – trois pages de principes généraux, formulées dans la vague institutionnelle propre aux textes destinés à durer sans être appliqués – a été refondé. Le nouveau document compte 40 pages. Il a été coordonné par trois conseillers royaux. Il détaille une architecture régionale complète : compétences, exécutif local, partage des revenus tirés des ressources naturelles, etc. Et surtout – c’est là que le Polisario accroche – le fait que le chef de l’exécutif régional soit investi par le Roi. Ce que Rabat lit comme une souveraineté, le Polisario le lit comme une tutelle déguisée. Madrid n’a pas rapproché les positions. Il a révélé jusqu’où chacun était prêt à ne pas bouger.
En ce mois d’avril, le Conseil de sécurité ne votera pas de nouvelle résolution sur le Sahara. Pas de séance publique mais plutôt une réunion de consultation à huis clos est programmée le 24 avril – format discret, signaux peu lisibles pour les observateurs extérieurs. Ce que le secrétaire général remettra ce mois-ci, c’est un rapport de revue stratégique. Six mois après la résolution 2797, conformément au paragraphe 5. Son objet, en substance, s’interroge sur la Minurso. La mission a-t-elle encore un sens dans sa forme actuelle ? Ce rapport conditionnera la forme que prendra le renouvellement d’octobre.
C’est là le nœud. La résolution 2797 a consacré l’autonomie comme cadre réaliste, reléguant le référendum d’autodétermination au rang de vestige. Une mission dont l’intitulé même – « pour l’organisation d’un référendum » – contredit désormais le cap fixé par le CS. Le rapport du SG de l’ONU devra naviguer entre cette contradiction institutionnelle et l’exigence de continuité opérationnelle sur le terrain. Exercice délicat, presque acrobatique.
La pression ne se dit pas. Elle se lit dans les délais imposés, dans les formats choisis, dans le fait que Washington fixe désormais l’agenda là où l’ONU se contentait de prendre des notes. Le mot « référendum » a disparu des discussions officielles. C’est peut-être là le plus grand pas accompli depuis des décennies – non pas ce qui a été dit dans ces salles feutrées, mais ce qui n’a plus besoin de l’être.
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