Le ministre de l’Éducation nationale ne sait pas expliquer la modélisation pédagogique. En fait, il ne sait rien expliquer. Voilà. C’est dit. Au Parlement, l’industriel des bonbons a produit lundi dernier une prestation des plus médiocres. « On a la méthode de modélisation pour que l’élève comprenne comment il doit faire pour comprendre comment il doit faire ». Une phrase qui se mord la queue, littéralement.
En quelques minutes de prise de parole, le ministre a commis un crime linguistique. Les puristes de la langue arabe ont qualifié ce passage de mascarade et exprimé leur déception de voir ce « francisant », qui évoque la « lecture explicite » sans pouvoir traduire sa pensée, à la tête du système éducatif marocain. Le pire ministre de l’éducation depuis l’indépendance, s’indignent les grammairiens et lexicographes. On a ri. On a partagé. On a commenté. Comme si c’était une anecdote. Pourtant, ça n’en est pas une.
Parce que derrière la bourde il y a quelque chose de plus lourd : la nomination à un poste aussi sensible d’une personnalité qui vient d’un autre monde, celui de l’industrie, du privé, des cercles de proximité. Ce monde compte des gens capables, compétents dans leur domaine d’origine. Mais ils sont étrangers à cet univers particulier qu’est l’école avec ses rythmes, ses langages, ses douleurs spécifiques.
Face à la crise profonde que traverse l’école marocaine, notre ministre de l’Éducation nationale oppose un bilan famélique, désespérément vide de mesures ambitieuses ou de réels moyens pour les classes. Loin d’incarner le souffle et l’énergie nécessaires pour redresser le système, il apparaît au contraire livide et déconnecté des réalités du terrain, s’enfermant dans une posture acariâtre dès que les enseignants ou les parents d’élèves osent bousculer ses certitudes.
Le ministre estampillé RNI ne maîtrise pas l’arabe classique. Ce n’est pas un crime. Mais diriger le ministère qui en fait le pivot de toute l’évaluation scolaire, là ça devient un problème de cohérence institutionnelle élémentaire. L’abandon scolaire, les PISA catastrophiques, les réformes qui s’empilent sans mémoire des précédentes, les enseignants épuisés, les familles qui fuient vers le privé quand elles peuvent se le permettre et qui restent quand elles ne peuvent pas…
Dans ce contexte, le ministre parle. A chaque fois, c’est la même chanson. Il s’enorgeuillit du dispositif d’excellence (écoles pionnières), initialement testé au sein de 600 structures pilotes et qui va être généralisé à grande échelle pour englober pas moins de 6.600 structures scolaires à travers le Royaume. Alors les gens écoutent, ou font semblant. Mais quand la parole produit une boucle vide devant la représentation nationale, quelque chose se rompt. Cette fois-ci, le cancre de la classe a vraiment abusé des confiseries.
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