Cover chronique METRONOME
Hafid El Jaï Publié le 11/05/26 à 10:39
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Calendrier dynastique

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Vendredi dernier, le prince héritier a fêté ses 23 ans. Quelques jours plus tôt, son père l’avait nommé coordinateur des Bureaux et services de l’Etat-major général des Forces armées royales (FAR). C’est un poste que le Roi avait lui-même occupé à son âge. En 1985, à 22 ans, licence de droit en poche, il avait été nommé coordinateur des FAR prenant la suite d’un général puissant, ministre de la Maison royale.

Le défunt monarque avait alors estimé que les cours magistraux et les cabinets ministériels ne suffisaient pas. L’armée n’était pas une case à cocher. Aujourd’hui, le prince héritier suit un doctorat en sciences politiques et études mondiales à l’Université Mohammed VI polytechnique (UM6P). En marge du cursus académique conventionnel, il bénéficie d’un dispositif pédagogique exclusif, structuré autour de séminaires de haut vol dont la direction scientifique est assurée par un aréopage d’universitaires de renom et de praticiens de la scène internationale. L’accent y est mis sur une immersion dans les arcanes de la gouvernance et de la praxis diplomatique, complétée par des officines de travail à huis clos scrutant avec acuité les pivots de la souveraineté marocaine.

Si les cycles doctoraux forment des esprits, les états-majors, eux, forgent des chefs. Ce n’est pas la même école. Ni le même silence. Ce qui frappe, au fond, c’est moins la nomination que la cohérence du parcours. Le prince n’apprend pas dans les marges. Il agit déjà. On le voit aux côtés du chef de l’Etat dans des audiences qui, il y a peu, se faisaient sans lui. Son nom circule dans des dossiers économiques, diplomatiques, sécuritaires sans que la presse en fasse des gros titres. Peut-être justement parce que sa présence ne surprend plus.

Il y a quelques mois, un détail avait retenu l’attention. Pour son mémoire de master, le prince avait choisi comme sujet l’Initiative atlantique. Ce projet lancé par le Souverain pour ouvrir aux pays sahéliens sans littoral un accès à l’Atlantique. Sujet vivant. Sujet de rapport de force. Le choisir, c’était signaler qu’il ne le découvrait pas depuis une bibliothèque.

40 ans séparent les deux nominations. Pourtant, les deux se superposent : l’âge, la fonction, la logique d’immersion. Ce n’est point une coïncidence. C’est un protocole que personne n’a jamais couché sur le papier, mais qui se transmet quand même. En 1985, quelques lignes dans la presse officielle, un mardi.
En 2026, la même économie de mots. Le calendrier dynastique, lui, ne se dérègle pas.

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