Ca a donc été officialisé par le médecin légiste, la littérature marocaine serait morte. C’est du moins ce qu’on a laissé entendre, au détour d’une conférence organisée par le BookClub Le Matin, où le mot « cadavre » a été répété avec la tendresse d’un coroner. On aurait dit une autopsie nationale.
Sur la table froide, le roman marocain, la poésie, les revues disparues, la critique littéraire agonisante. Autour du corps, les critiques, les universitaires, les journalistes culturels. Chacun avec sa lampe frontale et son jargon, à chercher un battement de cœur.
Disséquons, analysons, théorisons. Le corps refroidit. Ce n’est pas la mort de la littérature, non, c’est l’enterrement de la passion. La critique littéraire ne respire plus. L’université parle dans sa tour, la presse parle dans la sienne et les écrivains, eux, murmurent entre eux, à huis clos. Les membres censés se développer dans un même corps se dissipent, poussant le lecteur à se désintéresser de la culture nationale.
On dit que la critique littéraire, autrefois, éclairait les œuvres. Aujourd’hui, elle les éteint à force de méthodologie. Elle s’est changée en nécrologie savante, on parle d’auteurs comme on parle de morts illustres. Les vivants, eux, n’ont plus voix au chapitre. Et quand un journaliste ose écrire sur un livre, on lui rappelle qu’il n’est « pas universitaire ». Et vice-versa. Comme si lire et ressentir n’étaient plus suffisants.
Mais peut-être qu’elle n’est pas morte, cette fameuse littérature marocaine. Peut-être qu’elle s’est simplement réfugiée ailleurs, sur les réseaux, dans les cafés, dans les petites librairies tenues à bout de bras par des passionnés. Peut-être qu’elle attend juste qu’on la regarde autrement, sans gants, sans jargon, sans morgue !
Car ce qui tue la littérature, ce ne sont pas tant les lecteurs absents. Ce sont les vivants qui parlent comme des fossoyeurs. Ceux qui confondent « analyse » et « autopsie », « langage savant » et « langage mort ».
La littérature marocaine n’est pas morte. Ce sont ceux qui devraient la faire vivre qui l’ont mise sous perfusion de théories.
Hier, à New York, le Brésil a ouvert, comme depuis 1955, le débat général de l’Assemblée des Nations unies. Pour la dixième fois de sa carrière, Lula s’avance à la tribune et rappelle que l’Organisation…
Dans les états-majors politiques, le réveil est un peu moins rude. Après des semaines de meetings, de déplacements, de poignées de mains et de nuits écourtées, le retour définitif à l’heure légale GMT tombe comme…
Juste une petite question, vous allez voter ou pas ? Franchement ne me répondez pas, ça ne me regarde pas et ne regarde personne. Ah ben si, vous, ça vous regarde. La politique, ce n’est…
À chaque discussion sur l’avenir des médias marocains revient la même question : comment construire des entreprises de presse solides dans un marché publicitaire qui reste limité ? La réponse passe souvent par les annonceurs.…
Lundi 14 septembre, la bourse de Séoul a abandonné 3,26%, Samsung Electronics 4,05%. La cause de cette secousse ne se trouve pourtant pas en Corée, mais à San Francisco. Deux jours plus tôt, Dario Amodei,…
7.288 candidatures déposées en vue du scrutin législatif du 23 septembre. Le chiffre donne d’abord le vertige. Puis, lorsqu’on regarde de plus près, il raconte une histoire beaucoup moins spectaculaire. 28 partis en lice et,…
Je dois vous avouer quelque chose, je ne sais pas exactement à quel moment cette campagne électorale a dérapé, mais je crois qu’on a tous raté un épisode. La définition d’une campagne électorale ne semble…
Casablanca retrouve à peine son rythme de rentrée que certains de ses grands axes retrouvent, eux, les travaux. Cette année, le boulevard Al Massira est notamment concerné par un chantier de la SRM Casablanca-Settat. Circulation…
Hier, l’OCDE a publié les plus mauvais résultats depuis la création de PISA. À partir d’échantillons représentatifs, l’enquête mesure la capacité des élèves scolarisés de 15 ans à appliquer leurs connaissances dans des situations concrètes,…