On dit d’eux qu’ils n’ont plus le goût de l’effort, qu’ils veulent tout, tout de suite, sans passer par les mêmes étapes que leurs aînés. La génération Z intrigue, agace parfois même. Mais surtout, elle inquiète. Pourtant elle est là, cette jeunesse qui cherche à tracer sa voie dans un monde en crise et celle d’entreprises qui peinent à comprendre ses codes.
D’un côté, les jeunes affichent leurs priorités : authenticité, équilibre de vie, souci de soi et des autres… Ils refusent les modèles qui les enferment dans une logique purement productiviste. De l’autre, les entreprises continuent de demander ce qu’elles ont toujours demandé, à savoir des résultats, de l’implication, une volonté d’avancer coûte que coûte. Deux visions qui, au premier regard, semblent incompatibles.
Pourtant la fracture n’est pas aussi irréversible qu’on voudrait nous le faire croire. Ce n’est pas une guerre de générations, mais une rencontre encore mal préparée. Les jeunes ne sont pas des rêveurs déconnectés. Ils sont lucides sur les crises économiques, environnementales et sociales qu’ils héritent. Ils refusent simplement de s’épuiser dans un modèle qui a déjà montré ses limites. Et les entreprises, elles, ne sont pas aveugles à la nécessité de changement, elles savent que pour rester attractives, elles doivent évoluer.
Le problème naît lorsque chacun campe sur ses positions. Quand les employeurs soupirent que « les jeunes ne veulent pas travailler » et que les jeunes rétorquent que « les entreprises ne comprennent rien », le dialogue s’enlise. Un face à face stérile.
Il faut donc créer un espace de rencontre.
Accueillir la génération Z dans l’entreprise, ce n’est pas céder à toutes ses exigences. Ce n’est pas non plus lui imposer un modèle rigide qu’elle rejette d’emblée. C’est accepter un effort réciproque. Les jeunes doivent comprendre qu’une entreprise reste un lieu de résultats : sans performance, pas de pérennité, pas de salaires, pas de projets. Mais les dirigeants doivent aussi admettre que ces résultats se construisent mieux dans un climat de sens, d’écoute et d’authenticité.
Au fond, la question n’est pas de savoir si la génération Z est « employable » ou non. Elle l’est, à condition que nous apprenions à conjuguer nos attentes. Car cette génération apporte quelque chose que nous avons parfois oublié : le courage de mettre en avant des valeurs humaines avant de parler de chiffres. Et si nous savons canaliser cette énergie, elle peut devenir une formidable force d’innovation et de résilience pour nos entreprises.
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