17 ans déjà. Août 2008 : la fusion du Mouvement pour tous les démocrates (MTD) avec 5 petites formations politiques donne naissance au Parti authenticité et modernité (PAM). Le parti du tracteur débarque avec tambours et trompettes, promettant de bousculer la scène politique. On parlait de modernité, de progrès, de rupture avec les vieilles habitudes… tout en jurant fidélité à l’identité nationale. Sur le papier, ça avait fière allure.
Le PAM s’est vite présenté comme le trublion du paysage, celui qui allait secouer les eaux stagnantes. Mais derrière les slogans léchés, il y avait cette alliance improbable : d’un côté, des anciens militants de gauche radicale, fatigués par les combats perdus ; de l’autre, des notables pressés de se rapprocher de l’État. Un mariage plus tactique que romantique.
Deux idées, cependant, les rassemblaient : se voir comme une élite – intellectuelle pour les uns, sociale pour les autres – et croire que le changement ne descend que d’en haut, avec l’État pour chef d’orchestre. Mais quand on parle pour la société sans vraiment parler avec elle, le lien finit par se distendre.
La mission affichée ? D’abord freiner l’ascension du PJD. Ensuite, accompagner la modernisation du pays. Sauf que la première erreur fut de se définir avant tout contre quelque chose. Les leaders du PJD ont, dès la création du PAM, dénoncé la manœuvre le qualifiant de parti mort-né, de « coquille vide » ni plus ni moins.
L’autre erreur, plus profonde, a été de croire qu’on pouvait moderniser le pays depuis les salons feutrés, sans se frotter au terrain. Les “intellectuels” du parti, plus habiles dans les discours que dans l’architecture d’un projet concret, n’ont jamais accouché d’une vision claire. Quant aux notables, prisonniers d’une logique clientéliste, ils ont préféré les réseaux aux débats d’idées. Un ancien élu du PAM confiait un jour, mi-figue mi-raisin : « Nous avons passé plus de temps à organiser des dîners qu’à écrire un programme ».
Bien sûr, on peut saluer la discipline organisationnelle, la fidélité de certains militants, la présence du PAM dans toutes les arènes électorales. Mais ce dynamisme masquait souvent un vide stratégique : beaucoup d’occupation du terrain, peu de matière à long terme.
Il y a tout de même un point qui mérite d’être noté : en 17 ans, aucun chef n’a confisqué le parti. Les secrétaires généraux se sont relayés, un mandat chacun, jusqu’à la direction collégiale actuelle. On peut y voir un signe de modernité… ou l’incapacité à forger un leadership solide. À chacun sa lecture… Comme le disait un observateur amusé, « c’est le seul parti où le fauteuil de chef a plus voyagé que certains députés ».
L’histoire du PAM est une succession de crises, de chutes spectaculaires et de renaissances plus ou moins improvisées. Chaque fois, le parti s’est relevé. Mais jamais, il n’a tranché la question essentielle : veut-il vraiment transformer la société, ou seulement rester dans le jeu politique ?
Aujourd’hui, grâce aux résultats qu’il a réalisés en 2021, il est solidement installé dans la sphère politique, sans doute trop tôt puisqu’on lui prédisait une entrée en scène bien plus tard. Ceci étant, le PAM reste à mille lieues de sa promesse initiale. La modernité, brandie comme étendard, n’a pas bouleversé la vie politique. Et cette proximité avec l’État, présentée comme un atout, ressemble désormais à une dépendance.
17 ans après, le constat est sévère : le PAM a été davantage un instrument de circonstances qu’un moteur de changement. S’il veut peser autrement que par ses alliances ou ses sièges, il lui faudra rompre avec ses réflexes élitistes, s’ancrer vraiment dans la société et accepter que le changement se construit aussi par le bas. Sinon, il restera l’exemple type d’un parti qui avait promis de tout changer… mais qui, au fond, a surtout appris à durer.
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