Commerce extérieur : le déficit commercial se creuse, malgré la progression des exportations
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Les importations ont atteint 208,1 milliards de dirhams à fin mars 2026, en hausse de 11% par rapport à la même période de l’année précédente, soit une progression de 20,7 milliards de dirhams. Dans le même temps, les exportations se sont établies à 121,8 milliards de dirhams, affichant une croissance plus modérée de 4,2%, correspondant à une augmentation de 4,9 milliards de dirhams.
Cette évolution s’est traduite par un déficit de la balance commerciale de 86,3 milliards de dirhams contre 70,5 milliards un an auparavant, soit une aggravation de 22,3%. En parallèle, le taux de couverture des importations par les exportations s’est replié à 58,5%, contre 62,4% à fin mars 2025.
Le compte courant reste déficitaire
Au-delà des échanges de marchandises, les comptes extérieurs du Maroc révèlent également une dégradation du compte des transactions courantes. L’Office des changes indique que celui-ci affiche un déficit de 5 milliards de dirhams au premier trimestre 2026, contre 2,1 milliards de dirhams durant la même période de l’année précédente.
Cette évolution est principalement imputable à l’élargissement du déficit des échanges de biens, dont le solde négatif est passé de 61,1 milliards à 75,5 milliards de dirhams. Toutefois, cette détérioration a été en partie compensée par les bonnes performances des échanges de services ainsi que par la progression du revenu secondaire, qui englobe notamment les transferts courants.
Le volume global des transactions courantes a atteint 451,6 milliards de dirhams, en hausse de 11,3% par rapport au premier trimestre 2025. Cette progression résulte de l’augmentation simultanée des recettes courantes, qui se sont élevées à 223,3 milliards de dirhams, et des dépenses courantes, qui ont atteint 228,3 milliards de dirhams.
Les services continuent de soutenir les comptes extérieurs
Les services demeurent l’un des principaux moteurs de l’équilibre extérieur du Royaume. À fin mars 2026, leur solde excédentaire s’est établi à 38,9 milliards de dirhams, contre 33,3 milliards un an auparavant.
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Le secteur des voyages continue d’occuper une place centrale dans cette dynamique avec un excédent de près de 24 milliards de dirhams. Les services aux entreprises ont également affiché une performance notable, générant un excédent supérieur à 11 milliards de dirhams, tandis que les services de télécommunications, d’informatique et d’information ont contribué à hauteur de 4,4 milliards de dirhams.
En revanche, certaines activités continuent d’afficher des soldes déficitaires, notamment les transports maritimes, les services de construction ou encore les biens et services des administrations publiques.
L’Office des changes souligne également la progression du revenu secondaire, dont l’excédent s’est établi à 34,6 milliards de dirhams contre 29,3 milliards à fin mars 2025. Cette amélioration a largement contribué à atténuer l’impact de la détérioration des échanges de biens sur le compte courant.
Par ailleurs, le déficit du revenu primaire s’est légèrement réduit pour atteindre 2,9 milliards de dirhams contre 3,6 milliards un an auparavant, traduisant une amélioration relative des revenus liés aux investissements et aux autres flux primaires.
Une amélioration de la position extérieure globale
Sur le plan patrimonial, la situation financière extérieure du Maroc s’est améliorée au premier trimestre de l’année. La position extérieure globale, qui mesure la différence entre les actifs financiers détenus par les résidents marocains à l’étranger et les engagements vis-à-vis des non-résidents, affiche un solde débiteur de 749,2 milliards de dirhams à fin mars 2026, contre 791,8 milliards à fin décembre 2025.
Selon l’Office des changes, cette évolution résulte de deux facteurs principaux : une hausse des avoirs financiers de 29,4 milliards de dirhams et une diminution des engagements financiers de 13,2 milliards de dirhams.
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L’augmentation des actifs extérieurs est essentiellement portée par la progression des avoirs de réserve, qui se sont accrus de 14,9 milliards de dirhams, ainsi que par les autres investissements et les investissements directs réalisés à l’étranger. Dans le même temps, les engagements ont diminué principalement sous l’effet du recul des investissements directs étrangers et des investissements de portefeuille, malgré une hausse des autres investissements.
Des investissements internationaux contrastés
Les comptes financiers mettent en évidence un flux net d’investissements directs de 11,4 milliards de dirhams au cours du premier trimestre. Les investissements directs ont enregistré 14 milliards de dirhams d’engagements contre 2,7 milliards d’acquisitions d’avoirs, illustrant la poursuite des flux d’investissements étrangers vers le Maroc.
Les investissements de portefeuille ont, quant à eux, dégagé un solde positif de 2,9 milliards de dirhams, tandis que les autres investissements ont affiché un excédent de 3,2 milliards de dirhams. Les avoirs de réserve ont également progressé, atteignant près de 458 milliards de dirhams à fin mars 2026, confortant ainsi les capacités financières extérieures du Royaume.
Des échanges extérieurs en croissance, mais sous pression
Les résultats publiés par l’Office des changes traduisent une poursuite de la dynamique des échanges extérieurs du Maroc au premier trimestre 2026. La progression des exportations, la bonne tenue des recettes issues des services, notamment du tourisme, ainsi que l’amélioration de la position extérieure globale constituent des signaux positifs pour l’économie nationale.
Néanmoins, la forte accélération des importations a accentué le déficit commercial et pesé sur le compte courant. Les prochains trimestres permettront de mesurer si la montée en puissance des exportations et la solidité des recettes de services seront suffisantes pour réduire les déséquilibres extérieurs dans un contexte international toujours marqué par une forte volatilité des échanges et des marchés.
Les achats marocains de céréales reculent de 42% au premier mois de la campagne 2026-2027, tandis que les importations de produits dérivés progressent fortement.
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