Barrages : le Maroc profite de 16,3 milliards m³ d’eau en 2026

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Barrages : le Maroc profite de 16,3 milliards m³ d’eau en 2026Le barrage Youssef Ibn Tachfine sur l'oued Massa, dans la province de Tiznit © DR

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Les précipitations enregistrées depuis le 13 décembre 2025 ont profondément transformé la situation hydrique du Maroc. En un peu plus de quatre mois, elles ont généré 15,95 milliards de m³ d’apports en eau, soit 97% des ressources accumulées depuis le début de la saison en septembre 2025.

Au total, entre le 1er septembre 2025 et le 23 avril 2026, les neuf principaux bassins hydrauliques du pays ont enregistré 16.377 milliards de m³. Cette performance s’explique par une pluviométrie particulièrement abondante, estimée à 202,9 mm sur la période, soit une hausse de 22,6% par rapport à la moyenne 1991-2020 (165,6 mm), et de 54% comparé à la saison précédente.

Lire aussi : Les barrages affichent un taux de remplissage historique de 75,55%

Le bassin du Sebou arrive largement en tête avec 6.754 milliards de m³, représentant 41,3% des apports nationaux. Il affiche une hausse de 86% par rapport à la normale et une explosion de 457% comparé à 2024-2025. Son taux de remplissage atteint 87,59%.

Le Loukkos enregistre 3.353 milliards de m³ (20,5% des apports), avec une progression de 167% au-dessus de la moyenne et une hausse annuelle de 629%. Son taux de remplissage grimpe à 92,77%, l’un des plus élevés du pays.

De son côté, l’Oum Er-Rbia totalise 3.379 milliards de m³ (20,6%), en hausse de 42% par rapport à la normale et de 327% sur un an. Toutefois, son taux de remplissage reste plus limité à 63,85%.

Le Bouregreg affiche 1.162 milliards de m³ (7,1%), avec une hausse de 85% au-dessus de la moyenne et un taux de remplissage de 92,26%. La Moulouya atteint 831 millions de m³ (5,1%), avec une progression plus modeste de 4% par rapport à la normale.

Le Tensift, malgré seulement 265 millions de m³ (1,6%), affiche une hausse de 189% sur un an et un taux de remplissage exceptionnel de 96,11%, le plus élevé du pays.

À l’inverse, certains bassins restent fragiles : Souss-Massa (346 Mm³, -22% par rapport à la normale, 56,32% de remplissage), Oued-Noun (159 Mm³, -54%, 39,46%) et Guir-Ziz-Rheris (129 Mm³, -5%, 54,10%).

Ces écarts s’expliquent par une répartition inégale des précipitations et par l’héritage d’une longue sécheresse. Entre 2019 et 2024, le stress hydrique a fortement pesé sur les barrages, avec un taux de remplissage tombé à 23% en février 2024, avant de remonter progressivement à 75,86% en 2026.

Face à cette volatilité, le Maroc accélère sa stratégie hydrique : dessalement, transferts interbassins et multiplication des barrages. Depuis 2021, huit grands barrages ont été mis en service, renforçant la capacité nationale de stockage, tandis que de nouveaux ouvrages moyens et 155 petits barrages sont programmés pour sécuriser durablement la ressource.

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