Bank Al Maghrib se dirige vers le maintien du taux directeur à 3%

Mbaye Gueye

Temps de lecture :

Le siège de Bank Al-Maghrib (BAM) à Rabat © MAPLe siège de Bank Al-Maghrib (BAM) à Rabat © MAP

A
A
A
A
A

Le conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) se dirige vers un maintient de son taux directeur à 3% pour la quatrième fois consécutive, afin de poursuivre le renforcement de l’ancrage des anticipations de l’inflation.  La deuxième réunion trimestrielle de 2024 est prévue mardi prochain, elle intervient dans un contexte marqué par une légère hausse du taux d’inflation et un ralentissement de la croissance du crédit bancaire au secteur non financier.

Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’indice des prix à la consommation (IPC) a enregistré, en mai dernier, une hausse de 0,4% par rapport au même mois de l’année 2023. Cette augmentation est la conséquence de la hausse de l’indice des produits non alimentaires de 1,7% et de la baisse de celui des produits alimentaires de 1,2%.

Lire aussi : BAM : expansion du crédit bancaire à 2,7% en avril 2024

En plus de cela, les récentes statistiques monétaires de BAM montrent que la masse monétaire, chiffrée à 1.769 milliards de dirhams, a été marquée par la décélération de sa croissance annuelle à 4,2% en avril 2024. Cette évolution est attribuable au ralentissement de la croissance du crédit bancaire au secteur non financier de 3,4% à 2,7%, et à la baisse des créances nettes sur l’administration centrale de 0,4%.

Pour toutes ces raisons, auxquelles s’ajoute le début probable d’un nouveau cycle d’assouplissement monétaire par les principales banques centrales internationales, particulièrement la Banque centrale européenne (BCE) qui a décidé lors de sa dernière réunion de baisser ses taux directeurs de 25 points de base (pbs), les anticipations des analystes et des professionnels du secteur tablent sur un maintien du taux directeur à son niveau actuel.

Les investisseurs quasi-unanimes au statu-quo

C’est dans ce sens que le BMCE Capital Global Research (BKGR) a estimé, dans son récent « Flash Strategy », que l’Institut d’émission devrait opter, une nouvelle fois, pour un statu quo lors de sa prochaine réunion trimestrielle.

« Quoiqu’en bonne voie pour envisager l’adoption prochaine d’une politique monétaire davantage dovish (ndlr: plus accommodante), compte tenu de la détente de l’inflation qui continue de s’approcher de son niveau cible de 2%, la banque centrale devrait, néanmoins, opter une nouvelle fois pour un statu-quo notamment pour se donner le temps de mesurer l’impact de la décompensation partielle du butane sur l’inflation », a précisé BKGR.

Lire aussi : Bank Al-Maghrib : les taux débiteurs en hausse au 1er trimestre

Dans la même sillage, Attijari Global Research (AGR) a pu relever, dans son « Research Report-Strategy », un consensus quasi-unanime des investisseurs au Maroc en faveur d’une stabilité du taux directeur de BAM.

C’est sur la base de ses résultats qu’un sondage a été réalisé par la filiale d’Attijariwafa Bank auprès d’un échantillon de 35 investisseurs considérés parmi les plus influents du marché financier, la probabilité d’un statu quo du taux directeur est de 93% contre 7% pour une baisse de 25 pbs, tandis que la probabilité d’un relèvement du taux directeur est nulle.

L’analyse des réponses obtenues par catégorie d’investisseur, permet de relever que les « Institutionnels Locaux » et les « Acteurs de Référence » sont unanimes pour le scénario d’une stabilité du taux directeur.

Lire aussi : Banques : hausse des dépôts à 1.177,8 MMDH à fin mars 2024

Les « Investisseurs Étrangers » accordent une probabilité de 95% pour le scénario d’un statu quo du taux directeur contre une probabilité de 5% pour une baisse de 25 pbs, tandis que les « personnes physiques » accordent une probabilité de 67% pour le scenario d’un maintien du taux directeur inchangé contre une probabilité de 33% pour une baisse de 25 pbs.

Il apparaît que la probabilité d’un maintien du taux directeur de BAM à 3% est largement prédominante parmi les analystes et les investisseurs, ce qui reflète une confiance généralisée dans la stratégie actuelle de stabilité des prix, malgré les légères fluctuations de l’inflation et le ralentissement de la croissance du crédit bancaire au secteur non financier.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Transport de marchandises : un bras de fer s’annonce avec le gouvernement

Les syndicats du transport routier de marchandises menacent d'une grève nationale si le gouvernement tarde encore à verser une nouvelle aide au carburant.

El Mehdi El Azhary - 1 juillet 2026
Droits de douane : le Maroc protège davantage son agriculture

Les produits agricoles restent les plus taxés à l’importation, tandis que les équipements industriels bénéficient d’un régime douanier plus favorable au Maroc.

Ilyasse Rhamir - 1 juillet 2026
Pourquoi les Etats-Unis rouvrent-ils la porte à l’OCP ?

Pour le Maroc, et plus particulièrement pour l'OCP, cette dernière avancée illustre la place prise par le groupe dans les grands équilibres agricoles mondiaux.

Rédaction LeBrief - 30 juin 2026
ZLECAf : le Maroc renouvelle son engagement en faveur de l’intégration économique africaine

Le Maroc réaffirme à Abuja son soutien à la ZLECAf et appelle à accélérer l'intégration économique africaine pour stimuler le commerce et l'investissement.

Mouna Aghlal - 30 juin 2026
Stellantis répond à l’offensive chinoise… en s’inspirant de la Chine

Face à la concurrence chinoise, Stellantis redéfinit sa stratégie mondiale et fait du Maroc un hub industriel pour soutenir sa croissance à l'horizon 2030.

Sabrina El Faiz - 30 juin 2026
Agriculture : la COMADER alerte sur les menaces qui pèsent sur le Maroc

La COMADER alerte sur la fragilité des exploitations agricoles et appelle à revoir les politiques de soutien face à la hausse des coûts et au stress hydrique.

Mouna Aghlal - 30 juin 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire