14 août 1979, ce jour-là, au cœur du Palais royal de Rabat, les chefs et représentants des tribus de la province de Oued Eddahab ont scellé leurs retrouvailles avec la mère patrie par un acte séculaire : l’allégeance. Ce serment symbolise la fin d’une attente et la consolidation de l’unité territoriale du Royaume. En réaffirmant leur fidélité au trône alaouite, ces populations sahariennes ont définitivement tourné la page de l’occupation, inscrivant cet événement comme un pilier de l’identité nationale marocaine moderne.

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L’histoire du Sahara est intimement liée à une lutte de longue haleine pour l’intégrité du territoire. Alors que le reste du pays avait été occupé en partie par la France, les provinces du Sud subissaient la colonisation espagnole. Il a fallu attendre la dynamique impulsée par la Marche verte en 1975 pour que les lignes bougent véritablement.

Ce mouvement pacifique, imaginé par feu le roi Hassan II, a ouvert la voie à des négociations complexes pour la restitution progressive des provinces méridionales. Cependant, l’intégration de la région de Oued Eddahab restait l’étape ultime pour parachever cette œuvre de réunification nationale.

Le 14 août 1979, l’histoire s’est écrite sous les dorures du Palais royal de Rabat. C’étaient 360 représentants et chefs de tribus venus directement des sables de Oued Eddahab. Ils étaient là pour accomplir la  » Bayaa « , le serment d’allégeance traditionnel qui définit les liens entre le peuple et le Monarque. Dans une atmosphère empreinte d’une solennité rare, ces dignitaires ont réaffirmé leur attachement historique au trône alaouite. Ce geste puisait sa force dans des siècles de traditions partagées, allant de la reconnaissance religieuse du Roi comme Commandeur des croyants au paiement symbolique de la zakât.

Sur les traces du passé…

Aujourd’hui, si vous vous promenez dans les rues de Rabat, vous pouvez encore ressentir l’écho de cet événement en visitant les lieux mêmes où cette reconnaissance officielle a eu lieu. La ville elle-même offre un contraste saisissant entre son passé impérial, protégé par les remparts de la Kasbah des Oudaia et la célèbre « Bab Lhed » du XVIIème siècle, et sa modernité de capitale administrative. C’est ici que l’acte politique a été posé, transformant une revendication territoriale en une réalité humaine et institutionnelle.

La portée de cet acte dépasse largement le cadre d’une simple cérémonie. Elle constitue une réponse politique et diplomatique face aux contestations extérieures. En se rendant spontanément à Rabat, les représentants des tribus ont envoyé un message clair aux instances internationales : la souveraineté marocaine sur ces terres ne repose pas uniquement sur des cartes, mais sur la volonté des populations. Depuis ce jour, la ville de Dakhla, devenue la capitale de la région, a connu un essor sans précédent sous l’impulsion des autorités marocaines, se métamorphosant de poste isolé en un centre économique dynamique.

Chaque année, le 14 août est célébré comme la Journée nationale de l’allégeance de Oued Eddahab. C’est un jour férié chômé et payé à travers tout le pays, tant pour le secteur public que pour le secteur privé, comme le stipulent les décrets fixant la liste des fêtes nationales. En 2026, cette commémoration tombe un vendredi, offrant ainsi un moment de recueillement et de fête à l’ensemble des Marocains. Bien que la fête soit nationale, c’est sans doute à Dakhla qu’elle prend sa dimension la plus authentique. Les dignitaires locaux y revêtent leurs habits traditionnels, et des défilés ainsi que des repas festifs sont organisés pour marquer l’unité du Royaume.

Pour les voyageurs et les passionnés d’histoire, se rendre dans le Sud lors de cette période est une expérience unique. C’est l’occasion de voir comment une tradition séculaire comme l’allégeance continue de structurer la vie politique et sociale du pays. La commémoration souligne trois points essentiels : l’unité territoriale immuable du Maroc, la continuité de l’institution monarchique et le soutien indéfectible des provinces du Sud à la nation entière.

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