« AI Made in Morocco » : le Maroc pose les bases de sa souveraineté technologique
Signature d'une convention de partenariat entre plusieurs ministères et institutions pour la constitution du groupement d'intérêt public Institut Jazari Root, 12 janvier 2026, Rabat © LeBrief
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Pour Amal El Fallah Seghrouchni, ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, l’enjeu « est de faire de l’intelligence artificielle un levier de souveraineté, d’équité territoriale et de développement inclusif pour le Royaume ». Une ambition qui s’inscrit pleinement dans le cadre des orientations royales et des principes du Nouveau modèle de développement.
Une réponse stratégique à une vulnérabilité technologique
Dans son intervention, la ministre a souligné que la dépendance technologique ne pouvait plus être considérée comme un risque théorique, mais bien comme « une vulnérabilité stratégique avérée ». Selon elle, les projections internationales confirment l’ampleur de l’enjeu : le marché mondial de l’intelligence artificielle pourrait atteindre 4.800 milliards de dollars à l’horizon 2030, dans un contexte de forte concentration des technologies, des données et des chaînes de valeur entre un nombre limité d’acteurs et de pays.
Face à cette réalité, le Maroc a opéré « un choix stratégique sans ambiguïté », ne pas subir la révolution de l’intelligence artificielle, mais en assumer la maîtrise technologique. Ce positionnement repose sur un principe de non-alignement technologique, entendu non comme un repli, mais comme une capacité à réguler, adapter et innover à partir de technologies conçues ailleurs, selon les intérêts nationaux.
Ce choix commence déjà à produire des résultats tangibles. En 2025, le Maroc a progressé de 14 places dans l’indice international « Government AI Readiness », traduisant les avancées réalisées en matière de stratégie publique, de gouvernance de l’IA et de renforcement des capacités institutionnelles. Pour Amal El Fallah Seghrouchni, cette progression « nous oblige surtout à accélérer la mise en œuvre de nos orientations et à en consolider durablement les fondements ».
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La ministre a rappelé que l’intelligence artificielle « n’est ni neutre ni intrinsèquement vertueuse ». Sans action politique volontaire, elle tend à accentuer les inégalités sociales, territoriales et internationales. D’où la nécessité, selon elle, d’un engagement fort de l’État pour investir dans des infrastructures souveraines, renforcer les compétences nationales et asseoir une gouvernance publique de l’IA fondée sur la confiance et l’éthique.
Cinq piliers pour une IA au service du citoyen
L’ambition marocaine en matière d’intelligence artificielle s’articule autour de cinq piliers politiques clairement établis : la souveraineté technologique, la confiance des citoyens, le développement massif des compétences, la promotion d’une innovation responsable et la consécration de l’équité territoriale.
C’est dans cette perspective qu’a été annoncé le lancement du réseau national des centres d’excellence « Jazari Institute », présenté comme un pilier structurant de la stratégie « Maroc Digital 2030 ». Conçu comme une architecture nationale distribuée, profondément ancrée dans les territoires, ce réseau est appelé à travailler en étroite synergie avec les universités, les administrations publiques, les startups et l’économie productive.
Le lancement de « Jazari Root », instrument fédérateur de ce réseau, marque une étape clé dans la construction d’une capacité nationale pérenne en intelligence artificielle, « au service de l’État et du citoyen », selon la ministre. À terme, ces centres ont vocation à devenir de véritables plateformes régionales de formation, de recherche appliquée et d’innovation partagée, contribuant également au renforcement des capacités des partenaires africains et arabes du Royaume.
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Le document met en évidence le rôle central des infrastructures dans la stratégie nationale. Connectivité, data centers, cloud souverain et plateformes de communs numériques constituent les fondations techniques indispensables au déploiement de l’IA. À cet égard, la ministre a rappelé le lancement de la 5G, la mise en place de projets de data centers de grande capacité alimentés par les énergies renouvelables, ainsi que la création d’une « data factory » nationale adossée à l’Institut Jazari.
Mais au-delà des infrastructures, le développement du capital humain est présenté comme « la précondition de toute innovation ». Des efforts importants ont été engagés en matière de formation, de création d’écoles de codage, de laboratoires d’innovation et de développement de modèles de langage nationaux, afin de répondre aux spécificités linguistiques, culturelles et sociales du pays.
Enfin, « AI Made in Morocco » dépasse le strict cadre national. Le Maroc entend faire de l’intelligence artificielle un vecteur structurant de la coopération sud-sud, dans un contexte où les technologies d’IA sont majoritairement conçues au Nord et diffusées vers le Sud sans réel transfert de capacités. Le Royaume propose une voie alternative, fondée sur le co-développement de solutions d’IA de confiance, contextualisées et orientées vers le développement.
« Nous ne faisons rien seuls », a insisté Amal El Fallah Seghrouchni, appelant à passer de l’intelligence artificielle à l’intelligence collective. Une vision qui résume l’esprit de cette journée et l’ambition d’un Maroc qui entend compter, durablement, dans le concert mondial de l’intelligence artificielle.
Le gouvernement prévoit de revaloriser les pensions de veuves et de retraite, d’augmenter l’aide sociale directe afin de préserver le pouvoir d'achat.
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