Agroalimentaire 2030 : financement, sécurité sanitaire et agrégation au cœur des enjeux de souveraineté

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Agroalimentaire 2030 financement, sécurité sanitaire et agrégation au cœur des enjeux de souverainetéPanel de discussion lors de la première journée de SIEMA 2026, le 22 septembre 2026, Casablanca © LeBrief

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À l’horizon 2030, le secteur agroalimentaire marocain se trouve au croisement de plusieurs enjeux : souveraineté alimentaire, compétitivité industrielle, valorisation de la production agricole, sécurité sanitaire, financement et durabilité. Ces questions ont été au centre d’une table ronde consacrée à l’avenir de l’agroalimentaire au Maroc, réunissant des représentants du secteur public et privé autour des leviers susceptibles d’accompagner sa transformation.

Les échanges ont notamment mis en avant la nécessité de renforcer les chaînes de valeur, d’améliorer l’intégration entre agriculture et industrie et de soutenir les investissements dans la transformation des produits agricoles. Cette approche s’inscrit dans un contexte où la souveraineté alimentaire est devenue un enjeu stratégique, alors que les chaînes d’approvisionnement restent exposées aux évolutions des marchés et aux changements climatiques.

L’investissement et l’accompagnement au cœur de la stratégie

Mohamed Saihi, chef de la division de l’agrégation à l’Agence pour le développement agricole (ADA), a rappelé les différents dispositifs mis en place pour accompagner le développement du secteur agroalimentaire. Il a notamment cité les contrats-programmes conclus avec les filières de production, l’appui à l’investissement à travers le Fonds de développement agricole ainsi que le développement des agropoles destinées à accueillir les investissements agroalimentaires.

L’ADA intervient également dans la promotion de l’investissement, le partenariat public-privé, l’agriculture solidaire, la commercialisation des produits du terroir et l’accompagnement des projets financés par des bailleurs internationaux. L’agence joue par ailleurs un rôle de guichet pour les investisseurs souhaitant bénéficier d’informations sur les dispositifs et incitations publics.

Mohamed Saihi a également détaillé le mécanisme d’agrégation agricole, présenté comme une forme d’agriculture contractuelle entre les producteurs et les opérateurs économiques, notamment les agro-industriels et les exportateurs. Ce dispositif permet notamment d’assurer l’écoulement de la production, l’encadrement technique et l’accompagnement des agriculteurs.

Selon lui, plus de 110 projets d’agrégation ont été réalisés, concernant plus de 60.000 producteurs agrégés. L’objectif affiché est d’atteindre 200 projets à l’horizon 2030. Pour les industriels, l’agrégation doit notamment permettre de sécuriser l’approvisionnement en matières premières régulières, homogènes, traçables et conformes aux exigences des marchés.

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La sécurité sanitaire comme levier de compétitivité

La sécurité sanitaire constitue un autre pilier de cette stratégie. Mounir Sertani, directeur régional de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) pour la région Casablanca, a souligné le rôle de l’office dans le contrôle officiel des produits alimentaires ainsi que dans la protection des productions végétales et animales.

L’ONSSA s’appuie notamment sur un dispositif réglementaire et des réseaux de laboratoires permettant de contrôler les produits et de prévenir les risques sanitaires. Les contrôles concernent également les importations de matériel végétal et les animaux destinés à entrer sur le territoire national.

Pour Mounir Sertani, les exigences sanitaires ne constituent pas uniquement une contrainte pour les opérateurs. Elles représentent également un moyen de faciliter l’accès des produits marocains aux marchés internationaux. Le respect des normes de traçabilité et de contrôle constitue en effet une condition essentielle pour les exportations agricoles et agroalimentaires. Le document souligne ainsi que les produits destinés à l’export doivent répondre aux exigences des pays importateurs.

Le financement pour accélérer la transformation

Le financement représente un autre levier déterminant. Hajar Nadem, directrice générale adjointe en charge de la Banque commerciale Crédit Agricole du Maroc, a insisté sur la nécessité de dépasser le financement de la seule production pour accompagner davantage la transformation agricole et agro-industrielle.

Le Crédit Agricole du Maroc entend ainsi soutenir des projets liés notamment au stockage, au conditionnement, aux chaînes de froid et aux systèmes d’irrigation. L’objectif est d’augmenter la valeur ajoutée et les capacités de production à travers l’industrialisation. La banque souhaite également financer l’ensemble de la chaîne de valeur, du producteur à l’exportateur, en passant par les coopératives, l’industrie et la logistique.

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Hajar Nadem a également mis l’accent sur la résilience face aux aléas climatiques et aux évolutions des marchés, notamment à travers le financement des infrastructures d’irrigation et des solutions liées à l’énergie verte. La banque dispose par ailleurs de solutions spécifiques adaptées aux différentes filières agroalimentaires, en tenant compte de leur saisonnalité et de leurs besoins en matière de financement et d’exportation.

L’emballage et le recyclage, des enjeux industriels

Mounir El Bari, directeur général de GPC Papier et Carton et également DG des Eaux minérales Al Karama, a pour sa part mis en avant le rôle de l’emballage dans la compétitivité de l’agroalimentaire. Selon lui, l’emballage intervient directement dans le transport, la conservation et l’exportation des fruits et légumes ainsi que d’autres produits agroalimentaires.

Il a également attiré l’attention sur les pertes agricoles liées aux solutions d’emballage. Le document évoque des pertes pouvant atteindre entre 10 et 20% de la production finie dans certains circuits. Le développement de solutions en carton et de modèles de conditionnement plus performants pourrait contribuer à réduire ces pertes et à renforcer la valorisation de la production nationale.

La durabilité et le recyclage constituent, dans cette perspective, des enjeux complémentaires. Le document souligne notamment le potentiel du recyclage des déchets pour produire des matériaux destinés à l’emballage, ainsi que la nécessité de rapprocher davantage les industriels de l’emballage des producteurs agricoles afin de concevoir des solutions adaptées aux contraintes de transport et de conservation.

À travers ces différents leviers, les intervenants ont ainsi convergé vers une même logique : renforcer les chaînes de valeur, de la production agricole à la transformation, au conditionnement et à la commercialisation, afin d’accroître la valeur ajoutée locale et de consolider la compétitivité du secteur agroalimentaire marocain à l’horizon 2030.

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