Aïd al-Adha : en Afrique, une célébration dans la peine

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Selon les textes religieux, le prophète Ibrahim reçoit l’ordre divin de sacrifier son fils dans ses rêves et s’apprête à le faire pour prouver sa foi. Au moment où il s’apprête à égorger son fils Ismaël, il est arrêté par l’ange Gabriel, envoyé par Dieu, qui remplace son fils par une «immolation généreuse», un bélier.
Cet épisode symbolique renvoie à deux symboles : d’une part, la confiance indéfectible du prophète en Dieu et la miséricorde divine concrétisée par l’interdiction du sacrifice humain.
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Une fête de partage et de la générosité
La fête se célèbre traditionnellement avec le sacrifice symbolique d’un mouton qui ne doit pas dépasser un certain âge et être abattu de manière rituelle, après la prière. Toutefois, le sacrifice n’est pas une obligation, mais une recommandation pour ceux qui le souhaitent.
Dans la tradition, cette fête est celle du partage et de la générosité. La viande issue des sacrifices est divisée en trois parties : un tiers pour la famille, un tiers pour les voisins et un tiers pour les plus démunis.
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Aïd al-Adha est aussi une fête familiale. Pendant trois jours, les musulmans rendent visite à leur famille ou leurs amis et se rendent aussi dans les cimetières pour visiter leurs défunts.
En Afrique, l’heure est à la peine
À la une des journaux du continent, la fête, appelée «Tabaski» dans les pays d’Afrique de l’ouest, est célébrée dans un contexte d’inflation, de tensions politiques, voire même de terrorisme, comme le décrit RFI.
Le prix du bétail est en effet chaque année très commenté. La situation diffère d’un pays à l’autre. Si au Tchad «le prix du mouton est abordable», d’après Dakar Actu, «le prix des moutons reste toujours exorbitant au foirail de [la ville de] Rufisque, [au Sénégal] où les éleveurs dénoncent le manque d’accompagnement de l’État envers eux».
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Au Soudan et au Burkina Faso, l’ambiance est plus morose : pas de trêve religieuse. À Bamako, «la crise économique et l’insécurité ont eu raison de l’enthousiasme habituel des acheteurs», explique Mali24.info.
Malgré ce contexte, Maliweb rappelle que la Tabaski, c’est surtout «l’opportunité [pour les] ressortissants des villages, des contrées très éloignées voire des compatriotes de la diaspora de retourner sur leurs terres natales pour fêter auprès des leurs, dans la convivialité et dans la bonne ambiance familiale. Certains, même pour tout l’or du monde, n’entendent pas déroger à ce principe.»
Le quotidien burkinabè Le Pays va même jusqu’à lancer cette supplique concernant le Soudan, pays dans lequel la guerre dure depuis maintenant plus de deux mois : «Puisse le mouton sacrificiel immoler la guerre !», s’interrogeant aussi : «Qui arrêtera celle spirale infernale ? Au train où vont les choses, il faut craindre une guerre civile.»
«Le peuple soudanais ne mérite pas cela. Vivement donc un cessez-le-feu rapide et durable !»
Au Burkina aussi, «le mouton aura un goût bien salé pour ceux qui arriveront à le manger», déplore Wakat Séra après qu’au moins 31 soldats et 3 supplétifs de l’armée ont été tués lundi dans une attaque présumée terroriste dans le nord du pays. Et, le média de conclure sa tribune par ce plaidoyer : «Le plus urgent pour les pays comme le Niger, le Burkina Faso et le Mali, assaillis sans répit par les terroristes, c’est de se donner la main dans une synergie d’action. C’est seulement par ce moyen intelligent qu’ils pourront, tous, vaincre le terrorisme dans l’union ou périr en solitaire.»
Le premier ministre mauritanien, Mokhtar Ould Ndiay, a présenté sa démission au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, sans précision sur les motifs.
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