Investissement : Les patrons donnent les raisons de la panne

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Climat des Affaires : Idriss El Abbassi explique la percée du MarocIllustration © DR

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Insuffisance d’activité, rareté des ressources qualifiées, financement… les obstacles à la relance de l’investissement et à la création d’emplois sont nombreux. Près de 2 chefs d’entreprises sur 3 font état d’une insuffisance de l’activité selon une enquête du HCP. Cela a des répercussions sur leurs investissements et le recrutement. Il y a des choses à améliorer dans le climat des affaires. Au même temps, beaucoup d’entreprises doivent élargir leur horizon pour développer leurs revenus.

Une bonne partie des mesures en faveur des entreprises dans les dernières lois de finances visait à relancer l’investissement du secteur privé et par ricochet stimuler la croissance. Le projet de loi de finances 2020 est placé sous le même signe. L’on peut discuter longtemps sur la pertinence des mesures pour relancer l’activité économique, mais, pour réussir et surmonter les aléas de la conjoncture, il y a une combinaison de plusieurs facteurs plus importants que les carottes fiscales.

La rareté des compétences

L’un des points noirs pour les entreprises (celles qui investissent dans des secteurs à forte valeur ajoutée) est la rareté de ressources qualifiées. 37 % des entreprises déclarent que le système actuel d’éducation et de formation professionnelle ne leur permet pas de trouver sur le marché du travail des profils adéquats dans l’enquête du HCP sur le climat des affaires. L’industrie, avec 52 % des entreprises, est le secteur qui souffre le plus de cette inadéquation.

Le problème peut être aussi vu sous un autre angle. Les entreprises ont du mal à s’adapter aux mutations qui touchent l’économie et donc ne peuvent pas attirer certains profils qui arrivent sur le marché. Le cas des informaticiens est un exemple criant. Avec l’émergence d’une nouvelle économie à forte dose de technologie, la demande de ces profils flambe. Comme la transition est plus lente au Maroc, ces ressources font le bonheur des entreprises étrangères. Le niveau des rémunérations pousse aussi certains de ces ingénieurs à s’expatrier.

L’accès au financement

En dehors des compétences, le financement demeure un grand frein au développement des entreprises. Le Maroc affiche un très mauvais score (45 points) sur cet indicateur dans le Doing Business. Il est classé 119e sur 190 pays, son plus mauvais rang sur les dix indicateurs évalués par la Banque mondiale.

Cependant, les choses s’améliorent et l’appel du Roi va contribuer à renforcer le soutien du secteur financier aux entreprises. Cela avant même d’aller solliciter un crédit auprès des banques, il faut avoir des projets et des carnets de commandes bien remplies. Ce n’est pas le cas pour de nombreuses entreprises. Près de 2 chefs d’entreprises sur 3 font état d’une insuffisance d’activité. Cela a donc des répercussions sur leurs investissements et le recrutement. Beaucoup d’entreprises doivent élargir leur horizon pour développer leurs revenus. L’augmentation de la population d’entreprises qui exportent est une bonne chose. Cette démarche doit clairement s’accélérer dans le rang des PME, mais nécessite un bon accompagnement.

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