Cinéma : l’IA ouvre de nouvelles perspectives, sans remplacer l’humain
Panel de discussion entre Romain Ruef, COO et Operations Director de Digital Factory Studios et Moustapha Sawadogo, producteur burkinabé, en marge de Marrakech Short Film Festival, le 26 septembre 2026, Marrakech © LeBrief
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En marge du Marrakech short film festival, Romain Ruef, COO et Operations Director de Digital Factory Studios et Moustapha Sawadogo, producteur burkinabé, ont discuté l’usage de l’intelligence artificielle (IA) dans l’industrie cinématographique. L’IA s’impose progressivement dans l’industrie cinématographique, en ouvrant de nouvelles possibilités en matière de création, de production et de post-production. Si ses applications permettent déjà de gagner du temps et de réduire certains coûts, son intégration dans le cinéma reste encore limitée par des contraintes techniques, mais aussi par des interrogations liées aux droits et à la place de l’humain.
Des outils déjà utilisés dans la production
Romain Ruef, COO et Operations Director de Digital Factory Studios, souligne l’évolution rapide des technologies d’intelligence artificielle et leur utilisation croissante dans les métiers du cinéma. Parmi les applications déjà opérationnelles figurent notamment la génération de voix et le doublage. Selon lui, la qualité obtenue avec certains outils est désormais proche de celle d’une voix humaine, ce qui permet aux professionnels de réaliser des économies de temps et de coûts.
L’IA peut ainsi intervenir sur certaines tâches spécifiques de la chaîne de production, en apportant une assistance aux équipes techniques. Toutefois, son utilisation reste encore encadrée par les capacités des outils disponibles. « Aujourd’hui, dans la génération d’images et de vidéos, on n’est pas encore au niveau cinéma », relève Romain Ruef. La différence entre une image destinée à un écran de téléphone et une séquence projetée sur grand écran demeure en effet importante.
Une technologie qui reste au service des professionnels
Pour Romain Ruef, l’IA doit avant tout être considérée comme un outil d’assistance. Elle peut accélérer certaines étapes, mais ne se substitue pas aux compétences nécessaires au montage, au mixage ou aux autres opérations de post-production. « On ne peut pas juste faire un compte : fais-moi un film », explique-t-il, insistant sur la nécessité de conserver une intervention humaine dans le processus créatif et technique.
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Cette approche rejoint une problématique plus large évoquée dans les échanges autour du développement du cinéma africain. Pour Moustapha Sawadogo, producteur burkinabé, la coopération entre professionnels du continent constitue également un levier permettant de mutualiser les compétences, les infrastructures et les ressources. Les échanges entre pays africains peuvent ainsi favoriser des projets plus solides et renforcer les capacités locales de production et de post-production.
Les droits d’auteur au cœur des interrogations
L’essor de l’IA soulève également des questions juridiques et éthiques. Les modèles génératifs sont entraînés à partir de grandes quantités d’images, de sons ou d’autres contenus, ce qui pose la question des droits associés aux œuvres utilisées pour leur apprentissage.
Le cadre juridique reste par ailleurs en évolution selon les pays. Romain Ruef estime que cette situation impose une vigilance particulière, notamment sur les données utilisées pour entraîner les modèles et sur les conditions d’utilisation des contenus générés. Il insiste également sur le fait que l’IA peut produire des erreurs et ne doit donc pas être utilisée sans contrôle humain.
Ainsi, dans le cinéma, l’intelligence artificielle apparaît moins comme un substitut aux professionnels que comme un nouvel outil intégré à la chaîne de création. Son développement pourrait transformer certaines pratiques, à condition de trouver un équilibre entre innovation technologique, maîtrise humaine, protection des droits et préservation de l’identité artistique des œuvres.
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