Hydrocarbures : le PJD veut plafonner les marges des distributeurs
le vice-secrétaire général du parti, Driss El Azami © DR
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À l’approche des élections législatives, le Parti de la justice et du développement (PJD) remet la question du prix des carburants au centre du débat. Invité le 2 août 2026 de l’émission « L’heure de la vérité » sur 2M, le vice-secrétaire général du parti, Driss El Azami, a annoncé la volonté du PJD de plafonner les marges bénéficiaires des opérateurs du secteur des hydrocarbures. L’objectif est d’agir sur les prix à la pompe sans remettre en cause la libéralisation du marché, instaurée en 2015.
Pour Driss El Azami, l’encadrement des marges constitue une solution permettant de limiter les effets de la hausse des prix des carburants. « Nous instaurerons le plafonnement des marges bénéficiaires pour les opérateurs des hydrocarbures », a-t-il déclaré.
L’ancien ministre délégué chargé du Budget affirme que des mécanismes juridiques existent pour mettre en œuvre une telle mesure. Si le dispositif actuel ne permettait pas de l’appliquer, le PJD serait prêt à modifier la loi. Le parti ne souhaite donc pas revenir au système de prix administrés, mais intervenir sur les marges réalisées par les opérateurs afin de mieux encadrer la formation des prix.
Le PJD défend la réforme de la compensation
Sur la réforme de la Caisse de compensation, Driss El Azami assume les choix effectués lorsque son parti était aux responsabilités. La réforme avait conduit à la décompensation progressive des carburants, avant leur libéralisation en 2015.
Selon lui, cette transformation était nécessaire pour préserver les finances publiques. Il rappelle qu’entre 2010 et 2014, la Caisse de compensation avait mobilisé 214 milliards de dirhams, dont 85 milliards destinés aux compagnies d’hydrocarbures. Le PJD entend ainsi maintenir le principe de libéralisation tout en proposant un nouvel encadrement des marges.
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Driss El Azami s’est également montré critique envers le dispositif mis en place pour soutenir les importations de bétail. Il estime que les exonérations de TVA et de droits d’importation ne garantissent pas que les avantages bénéficient réellement au consommateur.
Le responsable du PJD affirme aussi que son parti avait alerté sur les risques pour le cheptel national. Il s’interroge notamment sur l’apparition de nouvelles sociétés spécialisées dans l’importation de bétail et sur la reconversion d’entreprises existantes vers cette activité, évoquant un possible « délit d’initié ». Le PJD propose, à la place, de privilégier des aides directes aux petits éleveurs.
Réduire les disparités territoriales
Autre axe défendu par Driss El Azami : la réduction des écarts entre les territoires. Interrogé sur l’existence d’un « Maroc à deux vitesses », il reconnaît la persistance de ces disparités et estime que la responsabilité incombe à la fois aux gouvernements et à l’État.
Il plaide pour davantage de responsabilités accordées aux élus locaux, accompagnées de mécanismes de reddition des comptes. Pour lui, la régionalisation avancée doit également être pleinement mise en œuvre afin de permettre aux territoires de mieux gérer leur développement.
À l’approche du scrutin, le PJD tente ainsi de structurer son discours autour du pouvoir d’achat, de la régulation économique, du soutien aux éleveurs et de la réduction des inégalités territoriales.
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