Législatives 2026 : focus sur les attentes électorales des jeunes

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Législative 2026 : focus sur les attentes électorales des jeunesEléction législative 2026 © Image générer par IA

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À l’approche des élections législatives de 2026, la participation des jeunes s’impose comme l’un des principaux enjeux du scrutin. Près d’un tiers de la population marocaine est constitué de jeunes, mais leur présence dans le processus électoral demeure limitée.

Entre les élections de 2021 et celles attendues en 2026, le défi est donc moins de mobiliser une nouvelle génération que de renouer avec une jeunesse qui s’est progressivement éloignée des urnes et des partis politiques.

2021, un précédent révélateur

Les élections législatives de septembre 2021 constituent un important point de comparaison pour mesurer les évolutions attendues en 2026. Selon les données officielles citées dans le document, le taux de participation global avait atteint 50,35% des électeurs inscrits. Mais cette moyenne masquait une forte différence générationnelle : la participation des jeunes âgés de 18 ans à 24 ans n’avait pas dépassé 24%.

Selon l’étude du centre TIZI (Tariq Ibnou Ziyad Initiative) les jeunes représentaient 30% des inscrits en 2011, avant de tomber à 25% en 2016 puis de remonter légèrement à 27% en 2021. En mars 2024, leur part n’était plus que de 20%.

L’analyse de TIZI met ainsi en évidence un décrochage durable entre le poids démographique de la jeunesse et sa présence effective dans le corps électoral. Le phénomène avait déjà fait l’objet d’études spécifiques avant le scrutin de 2021. L’association TAFRA, en partenariat avec l’Université de Pennsylvanie et l’Université de New York à Abu Dhabi, avait notamment lancé en 2021 une étude consacrée au rapport des jeunes Marocains à la politique et aux raisons qui les poussent à voter ou à s’abstenir.

@douvv.s

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En 2026, un potentiel électoral encore largement inexploité

Cinq ans après les élections de 2021, le potentiel électoral des jeunes demeure considérable. Selon les données du Haut-Commissariat au Plan (HCP), les moins de 34 ans représentent 11,8 millions de personnes. Pourtant, en mars 2024, moins de 3,4 millions de jeunes figuraient sur les listes électorales générales.

N’empêche, même si cet écart semble appuyer le désintérêt politique des jeunes. Il suffit de chercher « Intikhabat 2026 », ou d’autres mots-clés similaires, pour voir que de nombreux comptes font l’éducation politique de leur communauté. D’autre part, certains partagent leurs avis personnels pour le bilan du gouvernement Akhannouch en énumérant les points du mandat.

L’étude de TIZI estime ainsi qu’environ 8 millions de jeunes adultes et primo-votants restaient en dehors du corps électoral formellement enregistré.

Cette situation constitue l’un des principaux défis des législatives de 2026. Le problème ne réside donc pas uniquement dans l’abstention le jour du vote, mais commence en amont, avec la non-inscription sur les listes électorales. Parmi les pistes avancées figure l’inscription automatique à travers la Carte nationale d’identité électronique (CNIE).

Lire aussi : Les circonscriptions de la mort ou le grand théâtre de l’égo politique

L’emploi, l’éducation et la transparence : priorité numéro un des jeunes

Au-delà de la mécanique électorale, les attentes de la jeunesse sont largement déterminées par sa situation économique et sociale. Les données du HCP citées dans le document montrent un chômage particulièrement élevé chez les jeunes de 15 à 24 ans, atteignant 46,9% en milieu urbain. Pour les 25-34 ans, le chômage urbain atteint 27,5%.

À cette difficulté s’ajoute le phénomène des jeunes NEET, c’est-à-dire ceux qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Selon les données du HCP et du Conseil économique, social et environnemental (CESE) reprises dans le document, le Maroc compte 2,9 millions de NEET âgés de 15 à 29 ans, soit environ un jeune sur trois.

Par ailleurs, cette jeune fille assise sur un banc du parc de la Ligue arabe souhaite que « les programmes électoraux répondent aux besoins des citoyens tout en donnant en importance particulière à l’éducation. Cela permet de construire une société saine et équilibrée ». « J’ai envie de voir plus de transparence dans les politiques du Maroc. Je ne parle pas uniquement en période électorale mais aussi pendant les projets publics entamés », indique ce jeune Casablancais abordé dans une rue à Maarif.

@kmr19__

Bghito part 2? #morocco #moroccanwomen #الانتخابات_الرئاسية #المغرب

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Une défiance envers les partis qui persiste

La faiblesse de la participation des jeunes ne peut toutefois être expliquée uniquement par les difficultés économiques. Le document souligne également une importante crise de confiance envers les partis et les institutions élues.

Les enquêtes de l’Observatoire national du développement humain (ONDH) et les travaux cités dans le document indiquent que 70% à 78% des jeunes déclarent ne pas faire confiance aux partis politiques. De son côté, l’Arab Barometer relève que seuls 13% des 18-29 ans accordent leur confiance au Parlement, contre 38% chez les personnes âgées de plus de 60 ans. La confiance envers les partis politiques ne dépasse pas 11% chez les jeunes.

Lire aussi : MRE : qui ne veut pas votre représentation ?

Cette défiance contribue à expliquer le faible niveau d’adhésion partisane. Selon l’étude de TIZI, l’adhésion des jeunes aux partis oscille autour de 1% à 2%. En revanche, leur engagement n’a pas disparu : il s’est déplacé vers les associations, les mobilisations locales et surtout les réseaux sociaux.

Les travaux d’Afrobarometer et de la Fondation Friedrich Naumann cités dans le document montrent ainsi que les jeunes utilisent de plus en plus les espaces numériques pour débattre, interpeller les responsables publics et exercer une forme de veille citoyenne.

@abdel.agency

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2026, l’heure du renouvellement politique ?

À l’approche des législatives de 2026, les partis politiques sont donc confrontés à un double impératif : faciliter l’accès des jeunes au vote et renouveler une offre politique jugée peu attractive.

Rappelant qu’en 2021, les réformes électorales avaient supprimé la liste nationale réservée aux jeunes, qui permettait auparavant de consacrer 30 sièges à des candidats de moins de 40 ans. La Chambre des représentants issue du scrutin de 2021 comptait ainsi 17,5 % de députés âgés de 40 ans ou moins, tandis que les parlementaires de 30 ans ou moins ne représentaient que 4,6 %. Ces chiffres sont issus des données de l’Union interparlementaire (UIP).

Pour 2026, l’enjeu est donc aussi celui du renouvellement des profils. Le document préconise une ouverture des partis à des candidats issus de la société civile, des universités et du monde professionnel. Il appelle également à l’opérationnalisation du Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative (CCJAA), afin de donner une place institutionnelle plus importante à la voix des jeunes.

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