Migration des jeunes : le capital humain au cœur du développement

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Migration des jeunes : le capital humain au cœur du développementJeunesse photo illustration © DR

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La question du développement du capital humain revient au-devant de la scène, notamment au regard du nombre de jeunes qui se sont rendus au point de passage de Sebta, alors que le Maroc accélère la mise en œuvre de son Nouveau modèle de développement (NMD).

Pour Issam Benhayoun, la réponse aux défis du développement a été clairement formulée dans les différents discours du Trône prononcés par le roi Mohammed VI. Il y a constamment insisté sur la nécessité de placer le citoyen au centre des politiques publiques et de considérer le capital humain comme le principal moteur de la croissance et du progrès social.

Selon l’universitaire, il est impossible de développer durablement l’économie sans investir massivement dans les compétences, la formation, la santé et l’épanouissement des citoyens. Cette approche rejoint les orientations du Nouveau modèle de développement (NMD), qui fait de la valorisation du capital humain l’un des principaux leviers de transformation économique et sociale du Royaume.

Le rapport de la Commission spéciale sur le modèle de développement souligne d’ailleurs que l’amélioration de la qualité de l’éducation, l’accès à la santé, l’autonomisation des citoyens et la promotion du savoir constituent des conditions indispensables à la compétitivité future du Maroc.

Une fiscalité qui doit mieux servir l’équité

Si l’objectif de développement humain fait aujourd’hui consensus, Issam Benhayoun estime que certains mécanismes fiscaux méritent d’être repensés afin de mieux répondre aux exigences de justice sociale.

L’universitaire évoque notamment l’évolution récente de l’Impôt sur les sociétés (IS). Selon lui, le passage progressif vers des taux uniformisés peut susciter des interrogations quant à l’équité fiscale. Il considère qu’une entreprise réalisant un résultat relativement modeste peut se retrouver soumise au même taux d’imposition qu’une société générant des bénéfices beaucoup plus importants, ce qui peut créer un sentiment d’injustice chez certains opérateurs économiques.

La réforme fiscale engagée dans le cadre des lois de finances prévoit désormais un taux de 20% pour les entreprises dont le bénéfice net fiscal est inférieur à 100 millions de dirhams, contre 35% pour celles dépassant ce seuil et 40% pour les établissements de crédit et les compagnies d’assurances. Cette évolution vise à améliorer la lisibilité du système fiscal tout en renforçant la contribution des entreprises les plus rentables.

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Toutefois, plusieurs économistes continuent de débattre de l’équilibre entre simplicité fiscale, compétitivité économique et justice contributive, notamment lorsque des entreprises aux niveaux de bénéfices très différents se retrouvent soumises au même taux d’imposition.

Pour Issam Benhayoun, le développement humain ne peut être envisagé sans un système de protection sociale performant. Il rappelle que la valorisation des compétences passe également par la sécurisation des parcours de vie, l’accès aux soins et la réduction des inégalités.

Dans cette perspective, la généralisation de la protection sociale constitue l’un des chantiers les plus structurants engagés par le Royaume. La loi-cadre n°09-21 prévoit notamment l’extension de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), la généralisation des allocations familiales, l’élargissement de la couverture retraite ainsi que la mise en place d’une indemnité pour perte d’emploi.

Ces réformes visent à renforcer la résilience des ménages et à améliorer leur capacité à investir dans l’éducation, la santé et le développement de leurs enfants. Elles traduisent également la volonté de bâtir un État social plus inclusif et plus protecteur.

La réforme de la santé comme levier de développement

L’universitaire souligne également l’importance de la réforme du système national de santé dans la construction du capital humain.

La loi-cadre n°06-22 portant réforme du système national de santé prévoit une réorganisation profonde du secteur à travers la création des Groupements sanitaires territoriaux (GST), la modernisation de la gouvernance hospitalière et la mise en place d’instances spécialisées telles que la Haute autorité de la santé (HAS), l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé (AMMPS) ou encore l’Agence marocaine du sang et de ses dérivés.

L’objectif est de garantir une meilleure répartition de l’offre de soins sur l’ensemble du territoire national, tout en renforçant la qualité des services rendus aux citoyens. Cette réforme vise également à valoriser les ressources humaines du secteur médical à travers de nouveaux mécanismes de gestion et de rémunération.

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Pour Issam Benhayoun, l’investissement dans le capital humain ne doit pas se limiter aux politiques sociales. Il doit également permettre de préparer les citoyens aux mutations technologiques, industrielles et économiques qui redessinent l’économie mondiale.

Selon lui, le développement des compétences, l’innovation, la recherche et la formation continue constituent des facteurs déterminants pour renforcer la productivité et attirer davantage d’investissements.

Cette vision rejoint celle du Nouveau modèle de développement, qui considère que la transformation structurelle de l’économie passe par une montée en compétence des ressources humaines, une diversification du tissu productif et une amélioration de la compétitivité nationale.

Fiscalité, confiance et cohésion sociale

Au-delà des aspects techniques, Issam Benhayoun insiste sur la nécessité de maintenir un équilibre entre performance économique et justice sociale.

Selon plusieurs analyses économiques, la réussite des réformes dépend largement de la perception qu’ont les citoyens et les entreprises de l’équité du système fiscal. Lorsque les contribuables constatent que leur contribution se traduit par une amélioration concrète des services publics, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection sociale, le niveau de confiance dans les institutions s’en trouve renforcé.

À l’inverse, toute perception d’iniquité ou de déséquilibre dans la répartition de l’effort fiscal peut fragiliser la cohésion sociale et ralentir la dynamique d’investissement.

Pour Issam Benhayoun, le Maroc dispose aujourd’hui des fondements nécessaires pour bâtir un modèle de développement plus inclusif et plus résilient. La réussite de cette ambition dépendra toutefois de la capacité à maintenir la cohérence entre les réformes fiscales, les politiques sociales et les investissements dans le capital humain.

Cette approche s’inscrit pleinement dans la vision portée par le roi Mohammed VI et par le Nouveau modèle de développement, qui considèrent que la richesse durable d’une nation se mesure avant tout à la qualité de son capital humain, à l’efficacité de ses institutions et à sa capacité à offrir à chaque citoyen les moyens de contribuer pleinement au développement du pays.

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