Trêve à Gaza : le Hamas franchit le pas du désarmement
Des Palestiniens observent la fumée s’élever après des frappes de l’armée israélienne près de Wadi Gaza, dans le centre de la bande de Gaza, jeudi 9 octobre 2025 © Abdel Kareem Hana)
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Le Hamas a annoncé ce vendredi avoir accepté un accord portant sur son désarmement dans la bande de Gaza, une évolution majeure dans les négociations visant à appliquer la deuxième phase du cessez-le-feu conclu avec Israël. Cette question figurait parmi les principaux points du plan de paix soutenu par le président américain Donald Trump.
Plus de neuf mois après l’entrée en vigueur de la trêve, des responsables du mouvement palestinien ont indiqué à l’AFP qu’un accord avait été trouvé concernant la remise des armes ainsi que le retrait progressif des forces israéliennes de la bande de Gaza. Le Hamas affirme compter sur les médiateurs internationaux et sur le Conseil de paix, créé en janvier à l’initiative de Donald Trump, pour veiller au respect des engagements pris dans le cadre de cet accord.
Des discussions qui se poursuivent
Depuis plusieurs semaines, des négociations se tiennent en Égypte afin de définir les modalités de mise en œuvre de la deuxième phase du cessez-le-feu, entré en vigueur en octobre dernier dans l’objectif de mettre un terme durable au conflit. Malgré cette trêve, les violences n’ont pas totalement cessé. Des affrontements et des frappes continuent d’être signalés. Jeudi, des bombardements israéliens ont fait au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires de Gaza.
Ghazi Hamad, membre de l’équipe de négociation du Hamas, a déclaré que le mouvement avait accepté de faire des concessions « pour le bien du peuple palestinien », afin d’épargner à la population de nouvelles pertes humaines et de nouveaux déplacements. Il a toutefois précisé que la question du désarmement restait indissociable du retrait des forces israéliennes du territoire palestinien.
Une transition sous supervision internationale
Selon le Hamas, les armes ne seront pas remises à Israël mais au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), une instance de technocrates palestiniens chargée de gérer la période de transition. Le mouvement précise que cette structure sera la seule autorité habilitée à détenir, stocker et contrôler les armes dans la bande de Gaza durant cette phase.
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Les prochaines discussions porteront sur les modalités pratiques de l’accord et sur un calendrier d’application. D’après Ghazi Hamad, ce processus pourrait durer environ deux semaines, voire davantage. De son côté, le haut représentant pour Gaza au sein du Conseil de paix, Nikolaï Mladenov, a insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre rigoureuse. Selon lui, le retrait israélien devra avancer au même rythme que le désarmement afin de garantir la crédibilité de l’accord.
Le Conseil de paix a également annoncé qu’il engagerait progressivement une transition vers l’exercice de l’autorité sur le territoire, avec l’appui de la Force internationale de stabilisation (ISF). Cette force multinationale devrait ensuite collaborer avec une nouvelle police palestinienne pour assurer la sécurité dans l’enclave.
Un contexte toujours fragile
Une nouvelle réunion des médiateurs, parmi lesquels figurent l’Égypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie, doit prochainement se tenir au Caire afin de poursuivre les discussions. Le NCAG, actuellement basé en Égypte, ne peut toujours pas accéder à la bande de Gaza en raison des restrictions imposées par Israël, selon plusieurs médias régionaux.
Israël, qui contrôle aujourd’hui plus de 60% de la bande de Gaza, exige depuis le début des négociations le désarmement complet du Hamas et des autres groupes armés palestiniens. Le conflit a été déclenché par l’attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Depuis, l’offensive israélienne dans la bande de Gaza a fait plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, des chiffres jugés crédibles par les Nations unies.
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