Cash : 491 milliards de DH en circulation en 2025, selon BAM

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La dette des ménages au plus haut depuis 2012Des billets d'argent © DR

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La circulation des espèces au Maroc a atteint un niveau historique en 2025, avec un encours de 491 milliards de dirhams, selon le rapport annuel de Bank Al Maghrib (BAM). Ce montant représente une progression de 18,5% sur un an et équivaut à 28,5% du produit intérieur brut (PIB) national, illustrant la place encore centrale du paiement en liquide dans l’économie marocaine.

Dans son rapport, BAM souligne que cette forte utilisation du cash engendre plusieurs coûts économiques, notamment liés à la fabrication, la gestion et la distribution des billets et des pièces. Elle met également en avant les risques associés à une économie largement fondée sur les transactions en espèces, notamment en matière de sécurité, d’activités illicites et de fraude fiscale.

Selon Bank Al-Maghrib, plusieurs secteurs continuent de soutenir la demande de liquidités, en particulier le commerce, le bâtiment et les travaux publics, ainsi que certaines professions libérales où les paiements en espèces restent prédominants. L’institution relève également que les périodes d’incertitude économique renforcent le recours au cash, les ménages et les entreprises ayant tendance à conserver davantage de liquidités par précaution.

La pandémie de Covid-19 constitue un exemple de cette dynamique. En 2020, alors que les incertitudes économiques s’intensifiaient, la circulation fiduciaire avait progressé de 20,1%, atteignant l’équivalent de 26,1% du PIB.

Lire aussi : Bank Al Maghrib : ce que révèle le rapport 2025 sur l’économie

Quelles causes ?

Pour analyser les causes de cette dépendance aux espèces, Bank Al Maghrib a mené en 2025 une étude approfondie combinant enquêtes qualitatives, analyses quantitatives et modélisations économiques. L’objectif était d’identifier les leviers permettant d’encourager l’usage des paiements numériques.

Le rapport établit notamment un lien entre l’importance du cash et le poids de l’économie informelle. Celle-ci aurait représenté en moyenne 34% du PIB entre 2021 et 2023, contre 30% durant la période 2009-2019.

Toutefois, la banque centrale constate des avancées dans l’inclusion financière et la digitalisation des paiements. La proportion d’adultes disposant d’un compte bancaire est passée de 53% en 2020 à 58% en 2024. Le Maroc comptait également 22,6 millions de cartes bancaires et 13,7 millions de portefeuilles électroniques.

Pour réduire progressivement la dépendance au liquide, Bank Al Maghrib prévoit plusieurs mesures, notamment l’élargissement de l’accès aux services financiers dans les zones rurales, la digitalisation des paiements publics et la mise en place d’un fonds destiné à aider les commerçants à acquérir des terminaux de paiement électroniques à faible coût.

La stratégie prévoit aussi la création d’une plateforme nationale de paiement instantané reposant sur des QR codes interopérables, la réduction des frais liés aux transactions numériques, ainsi que le renforcement du cadre juridique encadrant les paiements électroniques et la facturation numérique.

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