Jazzablanca 2026 : interview exclusive avec Naïka

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Jazzablanca 2026 : interview exclusive avec NaïkaLa chanteuse Naïka au Jazzablanca 2026 © LeBrief

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Quelques heures avant de monter sur la scène Casa Anfa de Jazzablanca, Naïka s’est confiée au Brief. L’artiste franco-haïtienne est revenue sur son attachement inattendu au Maroc, son identité de « citoyenne du monde », son rapport à l’engagement et sa conviction que la musique peut rapprocher les peuples.

Depuis plusieurs années, Naïka s’impose comme l’une des nouvelles voix de la pop internationale. Entre français, anglais et créole haïtien, la chanteuse construit une œuvre qui dépasse les frontières culturelles.

Invitée à la 19e édition de Jazzablanca, elle foulait pour la première fois une scène marocaine, un moment qu’elle attendait depuis longtemps. Avant son concert, l’artiste a partagé avec émotion ce que représente cette première rencontre avec le public marocain, tout en revenant sur les valeurs qui nourrissent sa musique.

Lire aussi : Jazzablanca 2026 : Hypnotic Brass Ensemble et Mehdi Nassouli électrisent Casa Anfa

« Le Maroc m’a toujours soutenu »

Pour Naïka, cette première venue au Maroc n’est pas le fruit du hasard. Depuis ses débuts, elle dit avoir ressenti une affection particulière venant du Royaume.

« Ça fait beaucoup d’années que j’ai envie de venir au Maroc. Le Maroc m’a soutenu depuis que j’ai sorti mon tout premier projet. J’ai toujours vu les drapeaux marocains dans mes commentaires, j’ai toujours reçu des messages de soutien. C’est ma première prestation ici et j’ai tellement hâte de rencontrer enfin le public marocain ».

Si elle reconnaît connaître encore insuffisamment la scène musicale marocaine, elle assure vouloir y remédier.

« Depuis que je suis arrivée, j’écoute beaucoup plus de musique marocaine et j’ai hâte de continuer à en découvrir davantage ».

Une musique née d’une identité multiple

Difficile, selon elle, de résumer son univers musical en un seul mot. Pourtant, un terme revient naturellement : « globale ».

« Je décrirais ma musique comme globale. Je n’ai jamais eu le sentiment d’appartenir à un seul endroit. J’ai grandi en déménageant constamment, entre différentes cultures, avec des parents eux-mêmes issus de cultures différentes. Je n’ai jamais vraiment eu un chez-moi, mais j’ai toujours eu l’impression d’appartenir à plusieurs endroits à la fois. Ma musique est le reflet de tout ça ».

Cette identité plurielle explique aussi son choix de chanter en français, en anglais et en créole haïtien.

Interrogée sur une éventuelle personnalité différente selon la langue utilisée, Naïka nuance.

« Je reste la même dans toutes les langues. En revanche, chaque langue possède des expressions et des images qui lui sont propres. Le créole est une langue très colorée, très imagée, et cela apporte une richesse particulière à certaines chansons ».

« Je ne cherche pas à être engagée, je suis simplement moi ».

Les chansons de Naïka abordent régulièrement des sujets de société, des émotions profondes ou encore la condition humaine. Pourtant, elle refuse l’étiquette d’artiste engagée au sens militant du terme.

« La musique, c’est ma thérapie. C’est ma manière de comprendre ce que je ressens. Je suis quelqu’un d’hypersensible et je tiens énormément aux autres et à l’humanité. Je n’ai pas un agenda pour être engagée. J’écris simplement sur les choses qui me touchent, qui me bouleversent ou qui me perturbent. C’est naturellement ce qui ressort dans ma musique ».

Pour la chanteuse, composer reste avant tout un acte intime, presque thérapeutique.

Créer un sentiment d’appartenance

L’un des aspects qui touche le plus Naïka lors de ses tournées est la diversité de son public. Elle constate que beaucoup de personnes se reconnaissent dans cette identité multiple qu’elle revendique.

« J’espère que les gens qui ont parfois le sentiment de ne pas avoir de chez-eux retrouvent quelque chose dans ma musique. Ce qui me rend heureuse, c’est de voir un public très divers, composé de personnes venues d’horizons différents, réunies autour des mêmes chansons ».

À ses yeux, cette capacité de la musique à créer des ponts prend encore davantage de sens dans le contexte actuel.

« Aujourd’hui, avec tout ce qui se passe dans le monde, rassembler les gens est encore plus important. Voir autant de diversité réunie me touche énormément parce que c’est comme ça que j’ai grandi, c’est ce que je connais et c’est ce que je veux célébrer ».

Scorpions à Jazzablanca : un final magistral devant un public conquis

Cette vision trouve un écho particulier à Jazzablanca.

Évoquant son titre Ecclessias, qui renvoie à la notion de rassemblement, Naïka estime que le festival illustre parfaitement cette idée.

« Quand je vois la programmation de Jazzablanca, je vois des artistes venus du monde entier réunis pour célébrer la musique. Pour moi, la musique célèbre l’humanité, l’amour et la lumière. Ce festival représente exactement cela ».

Un message aux Marocaines… et un clin d’œil à Haïti

Avant de rejoindre la scène, Naïka a tenu à adresser quelques mots aux femmes marocaines.

« Vous êtes magnifiques. J’ai tellement hâte de vous rencontrer. Je suis toujours émerveillée par la force des femmes. Continuez à briller ».

L’entretien s’est également achevé sur une note sportive. Évoquant la participation historique d’Haïti à la Coupe du monde féminine, l’artiste n’a pas caché sa fierté.

« Tout Haïti est extrêmement fier. Cette qualification a apporté énormément de joie et d’espoir au pays. C’était quelque chose dont nous avions vraiment besoin ».

PHOTOS – Jazzablanca 2026 : Naïka enflamme Casa Anfa pour son grand retour

En revanche, lorsqu’on lui demande si elle se considère comme l’ambassadrice de la pop haïtienne, sa réponse est sans détour.

« Je ne veux pas être le porte-drapeau d’un endroit en particulier. Ce ne serait pas authentique. Je veux simplement être moi-même et célébrer toutes les cultures qui font la personne que je suis ».

À l’image de son parcours, Naïka préfère les passerelles aux frontières. Un message qui a trouvé un écho tout particulier lors de sa première rencontre avec le public marocain à Jazzablanca.

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