Le Festival Gnaoua s’achève en apothéose avec Hamid El Kasri
Scène Moulay El Hassan, à Essaouira, lors de la clôture du Festival Gnaoua, le 27 juin 2026 © LeBrief
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Le rideau est tombé sur la 27e édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde, samedi soir à Essaouira, dans une atmosphère de célébration incroyable et collective. Sur une place Moulay El Hassan noire de monde, Hamid El Kasri a offert un dernier souffle à cette édition, porté par une prestation généreuse où la tradition gnaouie a dialogué avec les rythmes du monde. A ses côtés, le chanteur, percussionniste et compositeur brésilien Carlinhos Brown a participé à l’un des moments les plus attendus de cette clôture, donnant naissance à une rencontre musicale où les frontières semblaient s’effacer au profit du rythme.
Dès les premières notes, la scène s’est transformée en un espace de conversation entre deux héritages nourris d’une même mémoire africaine. Le guembri de Hamid El Kasri répondait aux percussions foisonnantes de Carlinhos Brown dans un échange instinctif, où chacun semblait écouter l’autre autant qu’il jouait. Plus qu’une simple fusion, cette création en direct rappelait la vocation première du Festival Gnaoua, à savoir provoquer des rencontres sincères entre des traditions musicales venues d’horizons différents, sans jamais diluer leur identité.
Cette complicité artistique prenait une dimension particulière à travers le parcours de Carlinhos Brown, qui revendique depuis plusieurs années son intérêt pour la musique gnaouie et son apprentissage du guembri. Sa présence à Essaouira ne relevait donc pas du simple exercice de style, mais d’une démarche de transmission et d’échange. A travers cette collaboration, le patrimoine gnaoui confirmait une nouvelle fois sa capacité à voyager, à inspirer d’autres cultures et à trouver de nouveaux terrains d’expression, tout en restant profondément ancré dans son histoire.
El Kasri a dominé la clôture
Une fois cette parenthèse refermée, Hamid El Kasri est resté seul maître de la scène. Loin de retomber après le spectaculaire de la fusion, la soirée a changé de registre pour retrouver l’essence même de la lila avec la répétition du rythme, la transe partagée et cette manière singulière qu’a le Maâlem d’installer une communion avec son public. Accompagné de sa troupe, il a repris plusieurs des morceaux qui ont marqué son parcours, notamment Lalla Aïcha et Baba Mimoun. Très vite, la foule s’est mise à chanter, à frapper dans les mains et à reprendre les refrains, transformant la place Moulay El Hassan en un immense chœur populaire.
Ce dernier concert résumait à lui seul l’esprit de cette 27e édition. Pendant trois jours, Essaouira a fait dialoguer les musiques gnaouies avec le jazz, les sonorités africaines, le gospel ou encore les musiques d’Amérique latine, en accueillant des artistes marocains et internationaux devant un public venu des quatre coins du Royaume et d’ailleurs. Cette diversité, devenue la signature du festival, n’a jamais éclipsé la place centrale des Maâlems, véritables gardiens d’un patrimoine vivant.
En refermant cette édition, Hamid El Kasri a rappelé, avec une évidence désarmante, que la force du Festival Gnaoua réside dans cet équilibre entre fidélité aux racines et ouverture au monde. A Essaouira, la tradition ne se contemple pas comme un héritage figé, elle continue de s’écrire sur scène, au contact d’autres cultures, sous les applaudissements d’un public qui, année après année, vient célébrer bien plus qu’un festival… une mémoire en mouvement !
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