L’économie marocaine maintient sa croissance grâce à l’agriculture
Photo illustration © DR
A
A
A
A
Cette évolution traduit une économie résiliente, soutenue principalement par le redressement exceptionnel de l’agriculture et la vigueur de la demande intérieure, alors que les activités secondaires ont marqué le pas.
Une croissance toujours solide malgré un léger ralentissement
D’après le HCP, la croissance enregistrée au premier trimestre 2026 reflète des évolutions contrastées entre les différents secteurs d’activité. Le principal facteur de ralentissement provient du secteur secondaire, qui a enregistré une baisse globale de 1%, après une progression de 2,9% un an auparavant.
Ce recul est principalement attribuable à la contraction de plusieurs branches industrielles. Les activités de distribution d’électricité et d’eau ont diminué de 3,4%, tandis que les industries extractives ont reculé de 3,2%. Les industries manufacturières ont également enregistré une baisse de 1,3%, alors que le secteur de la construction, bien qu’en croissance, a vu son rythme ralentir sensiblement, passant de 7,1% à 1,5%.
Malgré ces contre-performances, l’économie nationale est restée sur une trajectoire positive grâce à la forte progression du secteur primaire et à la bonne tenue des services. Le principal moteur de la croissance au premier trimestre 2026 a été le secteur agricole. Selon le HCP, la valeur ajoutée du secteur primaire a bondi de 17,3%, contre 7,7% un an auparavant.
Cette performance est essentiellement liée à une hausse spectaculaire de 18,4% de la valeur ajoutée agricole, contre seulement 8,1% durant le premier trimestre 2025. À l’inverse, les activités de pêche ont poursuivi leur repli avec une baisse de 1,9%.
Cette forte reprise agricole a largement compensé le ralentissement observé dans les activités non agricoles, dont la croissance est passée de 4% à 2,6%. Le HCP souligne ainsi que sans cette excellente campagne agricole, le rythme de croissance de l’économie nationale aurait été nettement plus modéré.
Lire aussi : Déficit budgétaire : le déficit atteint 30,1 milliards de DH à fin mai 2026
Les services demeurent un pilier de l’économie
Le secteur tertiaire continue de jouer un rôle central dans la croissance marocaine. Sa valeur ajoutée a progressé de 4,3%, contre 4,5% un an auparavant. Certaines activités ont affiché des performances particulièrement remarquables. Les services financiers et les assurances ont enregistré une croissance de 7,6%, tandis que le transport et l’entreposage ont progressé de 4,8%. Le secteur de l’information et de la communication est également revenu en territoire positif avec une hausse de 2%, après un recul de 1,7% un an plus tôt.
En revanche, plusieurs activités de services ont connu un ralentissement. L’hébergement et la restauration demeurent dynamiques avec une croissance de 8,1%, mais en retrait par rapport aux 8,7% enregistrés en 2025. Les services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale ont progressé de 6,3%, tandis que le commerce a enregistré une hausse de 4,1%. Les services immobiliers, ainsi que les activités de recherche, développement et services aux entreprises, ont également affiché une croissance plus modérée.
Une demande intérieure toujours dynamique
Le HCP met en avant le rôle déterminant de la demande intérieure dans la croissance économique nationale. Celle-ci a progressé de 6,5%, contre 6,4% un an auparavant, contribuant à hauteur de 6,9 points à la croissance du PIB.
La consommation des ménages constitue l’un des principaux moteurs de cette évolution. Elle a augmenté de 4,6%, après une faible progression de 1,1% durant la même période de l’année précédente. Cette amélioration traduit une reprise du pouvoir d’achat et une consommation plus soutenue des ménages marocains.
La consommation des administrations publiques a également accéléré, passant de 3,5% à 4,9%, confirmant le soutien continu des dépenses publiques à l’activité économique.
L’investissement reste lui aussi orienté à la hausse. La formation brute de capital et les variations de stocks ont progressé de 10,8%, même si ce rythme demeure inférieur aux 19,6% observés un an auparavant. Cette évolution confirme la poursuite des investissements tout en traduisant un retour progressif vers un rythme plus normal après une forte expansion en 2025.
Lire aussi : Épargne nationale : le taux atteint 31,4% du PIB au premier trimestre 2026
Les échanges extérieurs pénalisent la croissance
Contrairement à la demande intérieure, les échanges extérieurs ont pesé sur la croissance économique. Les importations de biens et services ont fortement augmenté de 12,7%, soit un rythme supérieur à celui des exportations, qui ont progressé de 9,2%.
Cette évolution s’est traduite par une contribution négative du commerce extérieur à la croissance, estimée à -2,3 points, contre seulement -0,3 point au premier trimestre 2025.
Le HCP explique que la progression plus rapide des importations a largement neutralisé l’effet positif de l’amélioration des exportations, réduisant ainsi la contribution nette du commerce extérieur au PIB.
Une inflation contenue et des équilibres financiers relativement préservés
Les comptes nationaux montrent également un ralentissement de la hausse des prix. Aux prix courants, le PIB a progressé de 5,7%, contre 6,6% un an auparavant. Cette évolution correspond à un ralentissement du niveau général des prix, qui s’établit à 1,1%, contre 1,6% au premier trimestre 2025.
Le revenu national brut disponible a enregistré une hausse de 6,8%, favorisée notamment par une progression de 23,8% des revenus nets reçus du reste du monde. Parallèlement, l’épargne nationale représente désormais 31,4% du PIB, contre 29,5% un an auparavant, tandis que l’investissement brut atteint 32,9% du PIB. Cette situation se traduit par un besoin de financement relativement limité, évalué par le HCP à 1,5% du PIB, contre 1,2% un an plus tôt.
Au terme du premier trimestre 2026, les comptes nationaux publiés par le HCP dressent le portrait d’une économie marocaine qui conserve un rythme de croissance soutenu malgré un environnement marqué par des performances sectorielles contrastées. Le recul des activités industrielles a été largement compensé par une campagne agricole particulièrement favorable, tandis que les services continuent de soutenir l’activité.
Du 10 au 13 août, les Centres régionaux d’investissement accompagnent les Marocains du Monde dans leurs projets et présentent les opportunités économiques des régions du Royaume.
Wissal Bendardka - 9 août 2026La Bourse de Casablanca poursuit son rebond. Le MASI gagne 2,08% à 18.864 points et signe une hausse hebdomadaire de 5,72%, sa meilleure depuis avril.
Wissal Bendardka - 8 août 2026Le Maroc et le Chili renforcent leur coopération agroalimentaire avec un protocole sanitaire destiné à sécuriser les échanges et à consolider leur corridor commercial.
Wissal Bendardka - 8 août 202636,3M de passagers, valises express et budgets XXL : les secrets des aéroports du Maroc. Entre Marhaba et 2030, enquête sur un ciel en pleine mutation.
Sabrina El Faiz - 8 août 2026Le trafic des ports atteint 148,6 millions de tonnes au premier semestre 2026, en hausse de 14,4%, porté par le transbordement, tandis que plusieurs filières reculent.
El Mehdi El Azhary - 7 août 2026L'économie marocaine affiche une croissance de 4,9% en 2025, mais l’emploi reste insuffisant, surtout chez les jeunes. Le Maroc risque-t-il de « vieillir avant de s'enrichir » ?
El Mehdi El Azhary - 7 août 2026Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.
Sabrina El Faiz - 14 mars 2026Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !
Sabrina El Faiz - 7 mars 2026Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.
Rédaction LeBrief - 13 mars 2026Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.
Sabrina El Faiz - 21 février 2026Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.
El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026