Le marché boursier s’est-il démocratisé ?

Avatar de Rédaction LeBrief

Temps de lecture :

Marché boursier : des perspectives favorables pour 2026 selon BKGRBourse (illustration) © DR

A
A
A
A
A

C’est l’histoire d’un réveil brutal. Celui des épargnants marocains qui, après des années de méfiance, se ruent sur la Bourse de Casablanca. Une explosion de 74% du nombre de comptes-titres en seulement douze mois. Mais qui tire vraiment les ficelles ? Les particuliers sont-ils les nouveaux génies du parquet ou du simple menu fretin face aux mastodontes de la finance ? Plongée dans les coulisses de la Bourse.

Pendant des années, à la Bourse de Casablanca, l’on croisait surtout des banquiers en cravate et des gestionnaires de fonds institutionnels. Mais en 2025, tout a basculé. Un vent de panique… ou plutôt d’euphorie, a soufflé sur les carnets d’ordres. Les chiffres de l’AMMC (Autorité marocaine du marché des capitaux) sont tombés, le nombre de comptes-titres a bondi, passant de 230.604 à 401.169.

Bon, tentons de comprendre, pourquoi ce rush ? Est-ce que la Bourse est devenue le nouveau placement préféré des Marocains ? Sortons les calculettes et constatons que le petit porteur est revenu en force. Mais s’agit-il d’une réelle prise de pouvoir ou d’un simple effet de mode ?

La démocratisation spectaculaire de la Bourse de Casablanca

Regardez bien ce chiffre : 170.565. C’est le nombre net de nouveaux comptes ouverts en une seule année. Si vous pensiez que la Bourse n’intéressait qu’une élite, les données de l’AMMC prouvent le contraire.

Que manque-t-il à la Bourse de Casablanca pour décoller ?

Plus impressionnant encore, les citoyens marocains représentent désormais 91% de la clientèle active des sociétés de Bourse, contre 82% l’année précédente. En bref, le nombre de clients particuliers actifs a plus que doublé, passant de 11.931 à 32.002. C’est une véritable armée de nouveaux investisseurs qui a débarqué sur le marché central. Mais attention, être nombreux ne veut pas dire être les plus puissants.

L’appât du gain et l’effet « IPO »

Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser Monsieur Tout-le-monde à ouvrir un compte-titres ? La performance, la nouveauté et aussi un petit goût du risque. L’année 2025 a été marquée par une santé de fer du MASI (Moroccan all shares index), qui a franchi récemment la barre des 18.000 points. Le marché est « vert » et ça attire l’œil… dans le bon sens !

Ajoutez à cela le retour des introductions en Bourse (IPO). C’est l’aimant ultime. On vient pour la pépite du moment, et les investisseurs ne boudent plus les petites valeurs : l’indice MASI Mid and small cap, qui suit les PME, a récemment grimpé de 2,55% en une seule journée.

Particuliers VS institutionnels

C’est ici que ça devient intéressant. On nous dit que les particuliers sont partout. C’est vrai en nombre de comptes : ils concentrent 93% de l’augmentation nette des comptes-titres en 2025. Mais quel est leur poids réel dans la balance financière ?

Si l’on regarde les volumes de transactions sur le marché central, les particuliers marocains ne pèsent que 26%. Certes, c’est un point de plus que l’an dernier, mais c’est encore dérisoire face aux « gros poissons ». Les personnes morales marocaines et les OPCVM (organismes de placement collectif) contrôlent encore 64% des volumes.
En gros, les particuliers sont la masse, les fantassins du marché, mais les décisions et les flux financiers massifs restent solidement entre les mains des institutionnels.

Bourse de Casablanca : le marché à terme, kesako ?

Donc in fine, on investit ou on parie ? Le vrai risque, il est là. L’AMMC elle-même le souligne : il faut transformer cette « progression quantitative » en « présence durable ». Donc, est-ce que ces 170.000 nouveaux venus vont rester si le marché corrige ?

Le danger, c’est l’investissement « éphémère » lié uniquement aux introductions en Bourse ou aux phases de hausse. Pour que la démocratisation soit réelle, le marché a besoin d’investisseurs actifs, réguliers et surtout mieux informés. Sans éducation financière, ces nouveaux comptes pourraient n’être que des statistiques fragiles prêtes à s’évaporer à la première baisse du MASI.

L’attractivité au-delà des frontières

Enfin, terminons sur un point surprenant. Ce ne sont pas seulement les résidents qui s’excitent sur la place casablancaise. Les personnes physiques non-résidentes (particuliers étrangers ou MRE) commencent aussi à mordre à l’hameçon. Leur nombre est passé de 14.947 à 22.843 comptes. Une hausse de plus de 50% qui montre que l’attractivité du marché marocain s’élargit, touchant désormais une base d’investisseurs plus diversifiée.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Et si 2025 marquait le vrai décollage financier du Maroc ?

Porté par la Bourse, la hausse des levées de fonds et l’essor des OPCVM, le marché des capitaux marocain a connu en 2025 une croissance exceptionnelle, selon le rapport de l’AMMC.

Ilyasse Rhamir - 12 juin 2026
Un vol direct relie désormais Agadir à Montréal

Un vol direct entre Agadir et Montréal a été lancé ce 12 juin 2026. Découvrez les enjeux de cette nouvelle liaison pour le tourisme.

Rédaction LeBrief - 12 juin 2026
Secteur avicole : anatomie d’une crise qui fragilise les éleveurs

Le secteur avicole marocain traverse une crise de surproduction qui fait chuter les prix du poulet et des œufs, fragilisant fortement les éleveurs.

Mouna Aghlal - 11 juin 2026
Casablanca : ouverture de la 5ème édition du Salon sino-africain

La 5e édition du Salon sino-africain s’ouvre à Casablanca avec 250 entreprises marocaines et chinoises, sur fond de renforcement des échanges et de l’investissement.

El Mehdi El Azhary - 11 juin 2026
Le Maroc grimpe dans le top 5 des clients de la chimie turque

Quatrième marché de la chimie turque en mai, le Maroc enregistre une envolée des importations, illustrant la diversification des débouchés d’Ankara.

Ilyasse Rhamir - 11 juin 2026
Hospitality Innovation Summit Morocco : les ambitions hôtelières du Maroc à l’horizon 2030

Hospitality Innovation Summit Morocco réunit à Rabat plus de 500 leaders de l’hôtellerie pour accélérer les projets liés aux ambitions du Maroc 2030.

Mouna Aghlal - 10 juin 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire