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Anass Hajoui Publié le 11/06/26 à 10:52
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Le droit de rêver

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Il y a quatre ans, le Maroc espérait créer l’exploit. Aujourd’hui, il attend une confirmation.

Une demi-finale historique, une Coupe d’Afrique remportée et, avec elles, un changement de vision, les Lions de l’Atlas ne sont plus une équipe qui participe, mais une équipe dont on attend qu’elle gagne.

Et cela ne concerne pas que le football. A quelques jours du Mondial, les cafés se transforment en fan zones, les écrans géants fleurissent, les réservations se remplissent plusieurs semaines à l’avance et les tarifs grimpent. Les marques lancent leurs campagnes, les banques investissent les lieux de retransmission, les restaurateurs adaptent leurs offres et les commerçants se préparent à vivre au rythme des matchs. Oui, le football est devenu une économie.

Pendant 90 minutes, les différences vont s’effacer. Les débats politiques vont s’interrompre, les réseaux sociaux changent de ton, les cafés deviennent des lieux de communion où l’on célèbre chaque passe comme une victoire collective.

Cette génération de Lions a offert aux Marocains quelque chose de rare : le droit de rêver sans que cela ne paraisse démesuré.

Et c’est peut-être là le plus grand changement. En 2022, atteindre les demi-finales relevait de l’exploit. En 2026, beaucoup considèrent qu’un parcours similaire est une attente légitime. Cette attente est le plus bel hommage que l’on puisse rendre à cette équipe.

Alors oui, les prix des fan zones augmenteront, les cafés afficheront complet et les marques tenteront de capter leur part de cette ferveur. C’est la logique d’un événement devenu un véritable moteur économique.

Mais au moment où le premier coup de sifflet retentira, il restera une seule chose qui ne s’achète pas, à savoir le sentiment qu’un pays entier joue le même match.

Et c’est sans doute la plus belle victoire des Lions de l’Atlas, avoir réussi à faire battre le cœur de tout un peuple au même rythme.

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